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Habitude: liberté ou aliénation ?

Publié le 09/09/2014

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A vrai dire, c'est une chose de considérer l'habitude dans son acquisition, c'en est une autre que d'examiner le déroulement même d'un acte acquis grâce à l'habitude. Or cet acte est le plus souvent fort complexe. Jouer du piano, c'est posséder une vélocité des doigts qui est telle dans la mesure où elle n'emprunte rien à l'attention consciente. C'est un mouvement automatique, autonome et qui, à première vue, semble indépendant de notre volonté. Là est le problème : savoir si ce mécanisme (si mécanisme il y a) fait de nous des automates ou si grâce à lui nous pouvons accéder à une puissance d'action plus étendue, plus diligente sur le monde et sur nous-mêmes.

Mais, dans cette hypothèse, n'y a-t-il pas contradic­tion à considérer l'habitude comme un processus d'acqui­sition dynamique, évoluant sans cesse vers un optimum ou vers une désagrégation, et en même temps comme un acte purement mécanique ? Car comment un tel méca­nisme pourrait-il agir sur lui-même et aller ainsi en se modifiant sans cesse ?

Il faut d'abord remarquer que toute habitude est généralement subordonnée à une fin. Lorsque je rentre chez moi, par un chemin que je connais bien, je n'ai nul besoin de réfléchir pour ne pas me tromper ; je n'ai

« CAMBODGE 73 DÉVELOPPEMENT On entend souvent par habitude la répétition spon­ tanée et machinale d'un geste ou d'une conduite ; machi­ nale, autrement dit plus ou moins inconsciente, se réali­ sant en nous mais malgré nous. Le sens commun donne volontiers à l'habitude le caractère d'une« seconde nature n, et tantôt il lui reproche sa force contraignante, qui fait de l'homme un véritable esclave, tantôt il la loue des services qu'elle lui rend en lui donnant la possibilité de perfectionner ses actes, d'at­ teindre même à la virtuosité du pianiste, ou à l'habileté du chirurgien. Montaigne, après bien d'autres, redoutait l'habitude : »

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