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Hannah Arendt, La Condition de l'homme moderne: C'est l'avènement de l'automatisation qui, en quelques décennies, probablement videra les usines et libérera l'humanité de son fardeau le plus ancien et le plus naturel, le fardeau du travail, l'asservissement à la nécessité.

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«C'est l'avènement de l'automatisation qui, en quelques décennies, probablement videra les usines et libérera l'humanité de son fardeau le plus ancien et le plus naturel, le fardeau du travail, l'asservissement à la nécessité. (. .. ) C'est une société de travailleurs que l'on va délivrer des chaînes du travail, et cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté. Dans cette société qui est égalitaire, car c'est ainsi que le travail fait vivre ensemble les hommes, il ne reste plus de classe, plus d'aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration des autres facultés de l'homme. Même les présidents, les rois, les premiers ministres voient dans leurs fonctions des emplois nécessaires à la vie de la société, et parmi les intellectuels il ne reste que quelques solitaires pour considérer ce qu'ils font comme des oeuvres et non comme des moyens de gagner leur vie. Ce que nous avons devant nous, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail, c'est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire.«

~ Dans la première partie (du début à « ... l'asservissement à la nécessité«), Arendt tente de se représenter les effets des inéluctables progrès de la technique sur la société. Tout porte à croire que le principal bienfait de ces progrès sera la libération progressive de l'humanité.

~ Dans la seconde partie (de «C'est une société de travailleurs« à la fin), Arendt souligne toutefois que cette marche vers cette libération aura laissé de profondes traces dans l'état d'esprit des sociétés industrielles. Le temps libre gagné grâce à la machine pourrait s'annoncer comme terrible.

« 1 C 0 R R G É •Éléments d'analyse NOTIONS EN JEU La technique; le travail; le bonheur; la liberté. THÈSE ADVERSE L'accès à une société de pur loisir et de pure oisiveté grâce à l'auto­ matisation permettant la fin du travail humain constitue le plus haut degré du progrès de l'humanité. PROCÉDÉS D'ARGUMENTATION Arendt expose tout d'abord ce qui pourrait être pris pour un progrès incontestable de l'humanité: les progrès techniques autorisent une forme de libération des travailleurs. Ce qui apparaît cependant d'abord comme un gain est rapidement confronté aux changements d'état d'esprit induits par la société industrielle. Dans ce contexte, ce qui pouvait sembler sou­ haitable s'avère être le danger le plus redoutable. DÉCOUPAGE DU TEXTE ET IDÉES PRINCIPALES ~ Dans la première partie (du début à « ... l'asservissement à la nécessité»), Arendt tente de se représenter les effets des inéluctables progrès de la technique sur la société. Tout porte à croire que le prin­ cipal bienfait de ces progrès sera la libération progressive de l'humanité. ~ Dans la seconde partie (de «C'est une société de travailleurs» à la fin), Arendt souligne toutefois que cette marche vers cette libération aura laissé de profondes traces dans l'état d'esprit des sociétés indus­ trielles. Le temps libre gagné grâce à la machine pourrait s'annoncer comme terrible. REMARQUES ET DIFFICULTÉS ~ Une première lecture rapide du texte peut faire naître de nombreux contresens. Il s'agit là typiquement d'un texte extrêmement traître. Rien en apparence ne semble très compliqué, les phrases se comprennent •UI (:J a: a: 0 u »

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