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« La beauté n'appartient-elle qu'aux apparences ? »

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Cette pensée philosophique est un renvoi aux idées platoniciennes selon lesquelles, en découvrant la beauté des corps, l'âme « se souvient d'elle-même et de tout ce qui lui appartient «. Elle graviterait ainsi du sensible vers l'intelligence, et de l'intelligence vers l'Un. Elle voit d'abord dans les beautés leur participation à l'idée et elle comprend que la beauté siège dans un être « lorsqu'il est ramené à l'unité «.  Pour rencontrer la source de toute beauté, il faut donc transcender le champ du relatif et pénétrer dans le royaume de l'absolu. Il faut résister au charme des beautés apparentes et continuer le chemin vers l'intériorité pure. L'illusion se trouve donc dans le jugement esthétique lorsque celui-ci nous fait prendre pour beau les apparences de la chose. La beauté de cette dernière n'est pas apparence en soit.  L'accès à la source de beauté n'est donc possible que par le dépassement de l'idée selon laquelle la beauté appartient aux apparences. Il faut donc revenir en soi-même et regarder, non avec l'œil physique mais l'œil intérieur de l'âme pour ne pas être trompé sur le compte de la beauté : « il faut accoutumer l'âme elle-même à voir d'abord les belles occupations, puis les belles œuvres, non pas celles que les arts exécutent, mais celles des hommes de bien. Puis il faut voir l'âme de ceux qui accomplissent de belles œuvres. «

« dans l'unité du corps humain.Ce à quoi nous conduit donc la théorie de l'harmonie, c'est qu'il y a une beauté objective et donc une beauté fondamentale de la chose en soi. Plus exactement, ce n'estpas la beauté qui est objective, car elle est liée avant tout à une expérience esthétique particulière, ce qui est objectif dans la beauté, c'est l'harmonie.Ce qui peut étonner, c'est que la nature elle-même puisse être harmonieuse. Une fleur de tournesol comporte une régularité, une symétrie, une géométrie en spiraletout à fait étonnante. La plupart des organismes supérieurs présentent une symétrie. La beauté naturelle ne procède d'aucun concept humain. Kant distingue ainsi cequ'il appelle la beauté libre de la beauté adhérente. Par beauté adhérente, il entend la beauté artistique en tant qu'elle se rattache à une fin déterminée. La cuillère enargent n'est pas jugée belle seulement pour sa forme mais parce qu'elle est rattachée à une fin utilitaire donnée. Une belle marmite, dit-on, est une marmite qui estbien commode pour faire la cuisine. A l'égard de la beauté libre, en revanche, le jugement esthétique peut être pur : « dans l'appréciation d'une libre beauté, lejugement de goût est pur. On ne suppose pas le concept de quelque fin pour laquelle serviraient les éléments divers de l'objet donné et que celui-ci devraitreprésenter ». Dans l'art humain, cette forme de beauté libre existe aussi, à côté des représentations à caractère figuratif : Kant donne l'exemple des desseins à lagrecque, de la musique d'improvisation et même de toute musique sans texte. On serait donc tenté d'affirmer définitivement que la beauté n'appartient pas aux apparences en vertu d'une conception universelle de l'harmonie. Mais cetteconclusion est gênante parce qu'elle frustre l'homme de sa sensibilité en matière d'esthétique. Le raisonnement nous prend donc en étau entre une conceptionsubjectiviste de la beauté qui tend à lier cette dernière au monde des apparences de façon simpliste et une conception objectiviste qui n'est pas acceptable parce qu'ellenous empêche de faire valoir notre sensibilité. En fait, le défaut de ces deux points de vue est de chercher la beauté du côté de l'objet. Car la beauté, bien réelle, se trouve en réalité dans les profondeurs de l'esprithumain. Que cherchons-nous donc dans l'appel de la beauté ? Shri Aurobindo répond : « Au début, la recherche de la beauté est simplement une satisfaction de la beauté de laforme, la beauté qui fait appel au sens physique, aux impulsions, aux impressions et aux désirs du vital. Plus évoluée, elle n'est encore qu'une satisfaction dans labeauté des idées saisies, des émotions suscitées, dans la perception d'une combinaison harmonieuse. Derrière cela, l'âme de la beauté en nous désire le contact, larévélation, la félicité enivrante d'une beauté absolue qu'elle sent présente en toute chose, mais que ni les sens, ni les instinct ne peuvent nous donner par eux-mêmes,bien qu'ils puissent en être le canal – car elle est supra sensible – et que ni la raison et l'intelligence ne peuvent non plus nous fournir bien qu'elles en soient aussi lecanal – car elle est supra rationnelle et supra intellectuelle – et que l'âme, à travers tous ses voiles, cherche à atteindre. »Cette pensée philosophique est un renvoi aux idées platoniciennes selon lesquelles, en découvrant la beauté des corps, l'âme « se souvient d'elle-même et de tout cequi lui appartient ». Elle graviterait ainsi du sensible vers l'intelligence, et de l'intelligence vers l'Un. Elle voit d'abord dans les beautés leur participation à l'idée et ellecomprend que la beauté siège dans un être « lorsqu'il est ramené à l'unité ».Pour rencontrer la source de toute beauté, il faut donc transcender le champ du relatif et pénétrer dans le royaume de l'absolu. Il faut résister au charme des beautésapparentes et continuer le chemin vers l'intériorité pure. L'illusion se trouve donc dans le jugement esthétique lorsque celui-ci nous fait prendre pour beau lesapparences de la chose. La beauté de cette dernière n'est pas apparence en soit.L'accès à la source de beauté n'est donc possible que par le dépassement de l'idée selon laquelle la beauté appartient aux apparences. Il faut donc revenir en soi-mêmeet regarder, non avec l'œil physique mais l'œil intérieur de l'âme pour ne pas être trompé sur le compte de la beauté : « il faut accoutumer l'âme elle-même à voird'abord les belles occupations, puis les belles œuvres, non pas celles que les arts exécutent, mais celles des hommes de bien. Puis il faut voir l'âme de ceux quiaccomplissent de belles œuvres. » Il est bien facile de se moquer de l'idée selon laquelle la beauté serait objective et d'asséner en retour l'opinion brutale selon laquelle c'est à chacun de se donner sonidée de la beauté. Cela revient à nier la beauté. La théorie de l'harmonie a le mérite de nous émanciper de la subjectivité particulière, des partis pris réducteurs del'ego. Cependant, l'harmonie reposant sur une structure mathématique relève plus de la pensée que de la sensibilité. Or, quand nous parlons de beauté, nous parlonsbien évidemment de quelque chose de sensible.En réalité, l'approfondissement de la beauté nous reconduit aux profondeurs de l'intériorité. C'est seulement en considérant la beauté du point de vue de la conscienced'unité que nous pouvons comprendre la diversité d'acceptation du mot beauté, que ce mot puisse se rapporter au corps, aux choses de la nature, aux actions, auxévènements, à l'âme. C'est dans la dimension de l'intériorité que la beauté prend tout son sens, et c'est parce que la beauté prend un sens, se fait dépendante d'uneconceptualisation, qu'elle n'appartient définitivement pas aux apparences. »

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