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la conscience peut etre un obstacle pour l'action

Publié le 07/09/2016

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conscience
Il peut se faire que l’on réfléchisse avant d’agir et que l’action soit ratée. On peut alors penser que la conscience a été un obstacle pour l’action. Il est vrai que l’action exige que le sujet ne tergiverse pas éternellement. Dès lors, l’homme d’action semble bien différent de l’homme de cabinet, perdu dans ses pensées et qui ne met jamais la main à la pâte. Pourtant, une action inconsciente n’en est pas une : elle est bien plutôt une simple réaction digne tout au plus d’une bactérie ou d’un insecte. Dès lors, on peut se demander si la conscience peut être un obstacle pour l’action.   La conscience apparaît en nous cette capacité à nous rendre compte de ce que nous faisons. Elle est une composante de l’action. Car un être inconscient n’est pas dit agir. Le vivant sans conscience comme l’huître ou la bactérie est déterminé à faire ce qu’il fait. Il réagit automatiquement. La conscience est donc une composante nécessaire de l’action. Or, celle-ci exige à la fois précision et surtout opportunité. Le chirurgien qui opère ne peut attendre d’avoir résolu tous les problèmes. Le marin doit tourner la voile au moment opportun – ce que les Grecs nommaient Kaïros. C’est pourquoi la conscience peut être un obstacle à l’action lorsqu’elle la fait différer. Elle en est alors paradoxalement la source et l’obstacle, soit ce qui empêche d’atteindre un but donné. Il en va de même lorsqu’on doute. En effet, cet état de conscience en ce qui concerne l’action se caractérise par l’hésitation quant à une décision. Est-elle bonne ou mauvaise ? On comprend ainsi que Hamlet dise que la conscience rend lâche dans son monologu...
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« de ce que je vais faire, comment ne serais-je pas paralysé pour agir ou ne pas agir.

Ainsi René Char (1907-1988) raconte-t-il dans ses Feuillets d'Hypnos (1946), qu'il dût rapidement se décider pour attaquer ou non un convoi allemand où un de ses hommes était prisonnier sur la base du signe de refus que celui-ci lui fit.

Il comprit qu'il voulait lui dire que l'attaque risquait d'amener des représailles.

La décision dut être prise rapidement. Toutefois, l'hésitation n'est pas incompatible avec l'action puisque nous ne sommes jamais absolument sûr de ce qui va se passer.

Nous pouvons même comme Descartes l'indique dans son Discours de la méthode considérer prendre pour vraie une opinion douteuse afin d'être toujours résolu en nos actions.

Dès lors, lorsque le sujet est paralysé ou lorsqu'il diffère une action, sa conscience ne serait pas responsable.

Dès lors, ne doit-on pas penser que la conscience doit être étrangère au sujet pour être un obstacle pour l'action ? Comment est-ce possible ?   En matière d'action, la conscience morale compte seule.

C'est qu'en effet il est absolument nécessaire d'évaluer si l'action est bonne, mauvaise ou indifférente, c'est-à-dire ni bonne ni mauvaise.

Or, cette conscience morale se présente en nous comme une voix qui nous dit ce qui est bien ou mal et elle prononce son jugement sur un ton de supériorité telle que le sujet ne peut s'empêcher de la considérer comme en quelque sorte extérieure à lui.

La raison n'en est-elle pas qu'elle est acquise, autrement dit qu'elle résulte de la façon dont la société nous modèle ? N'est-ce pas pour cela qu'elle nous apparaît comme un obstacle à l'action ? En effet, un sentiment qui nous paraît moral comme celui de s'occuper des enfants dès la naissance paraît absent de certaines sociétés.

C'est ainsi qu'à Sparte, un conseil des anciens décident si le garçon né peut être gardé ou non.

Dans ce dernier cas il est jeté dans un gouffre au témoignage de Plutarque dans sa Vie de Lycurgue (XVI).

Autre exemple.

Dans Tristes tropiques (1955, Plon, p.206), Claude Lévi-Strauss (né en 1908) donne l'exemple des Caduveo, un peuple d'Amérique du Sud dont les ancêtres, les Mbaya-Guaicuru, dépréciaient l'enfantement.

Avortement et infanticides massifs amenaient à assurer le renouvellement de 90% d'une génération par la capture lors de guerres menées contre. »

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