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La croyance religieuse implique-t-elle une démission de la raison ?

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Raison : faculté de distinguer le vrai du faux et le bien du mal. Croyance : acte de foi # démarche universelle de la raison.

Freud : la croyance religieuse relève d’une position infantile, en un sens prérationnelle. Mais de nombreux philosophes ont cherché à fonder la croyance en prouvant l’existence de Dieu.

  • Problématique : es-il possible de fonder rationnellement l’existence d’un Etre suprême ? La croyance religieuse est-elle renoncement à l’évaluation rationnelle ? La croyance est-elle hétérogène à la rationalité ? Mais existe-t-il une compatibilité entre ces deux domaines apparemment hétérogènes ?

« métaphysiques », l'auteur avait avancé un argument a posteriori de l'existence de Dieu : j'ai en moi l'idée (claire etdistincte) de parfait ; moi qui suis un être imparfait, je ne peux l'avoir posée en moi-même ; seul un être parfait peutdonc être la cause de la présence en moi de cette idée de parfait (« Méditation troisième »).Dans le présent texte (« Méditation cinquième ») , Descartes double cet argument a posteriori d'un argument ontologique, purement conceptuel. Parmi les idées innées,se trouvent les nombres et figures mathématiques, mais aussi l'idée de Dieu, que l'auteur définit comme « un êtresouverainement parfait et infini ».A partir de cette définition, Descartes développe sa version de l'argument ontologique : il déduit l'existence de Dieude son essence même. En effet, Dieu est par définition doté de toutes les perfections ; or l'existence est uneperfection : l'existence en tant que perfection fait partie de sa définition. Dieu ne peut donc pas ne pas exister. Ladistinction entre essence et existence ne convient pas au sujet de Dieu.Descartes associe ces deux arguments, l'un qui remonte de l'effet à la cause, l'autre qui déduit l'existence del'essence, pour démontrer l'existence de Dieu, « être parfait ». Pour Descartes, la première vérité est l'existence de ma conscience. C'est donc à l'intérieur même de la pensée qu'ilfaut rechercher l'effet qui postule Dieu comme cause. La première preuve avancée par Descartes est la suivante :Dieu possède toutes les perfections, or l'existence est une perfection, car un être sans existence estnécessairement imparfait. Donc nous devons aussi compter parmi les perfections de Dieu donc il faut que Dieu existe(« Discours de la méthode », IV et « Méditations métaphysiques », III). [Leur critique] Cette preuve est, au fond, la formulation originale de l'argument ontologique de Saint Anselme (XI ième siècle). Elleavait été critiquée par Gaunilon. Kant la critique aussi dans la « Critique de la raison pure ». Pour Kant, les preuves de l'existence de Dieu sont des niaiseries. Il n'est pas possible de prouverl'existence d'un être transcendant. Il est impossible de connaître un être quinous dépasse. Dans l'argument ontologique, le premier concept, ce n'est pasDieu mais l'idée de Dieu. Si nous disons Dieu, nous supposons qu'il existeavant même de le démontrer. L'idée de Dieu est l'idée d'un être qui possèdetoutes les perfections. Or, un être parfait est un être qui existe, donc l'idéede Dieu existe. Il s'agit pour Kant d'un jugement analytique du type : un tri-angle a trois angles. Un tel jugement n'ajoute rien à l'idée de triangle. Leprédicat est contenu dans le sujet. Les propriétés du triangle sont contenuesdans le concept même de triangle. L'argumentation de Descartes reste doncau niveau des idées. La preuve ontologique n'est qu'une misérable tautologie.Pour Kant le concept n'est qu'une possibilité logique mais on ne peut pasconclure de la possibilité logique des concepts à la possibilité réelles deschoses. Autrement dit, de l'idée d'un Etre parfait, j'ai bien le droit de conclureà l'idée que l'existence doit lui appartenir, mais nullement à son existence elle-même. Dans la preuve cartésienne, le passage à l'existence, du Logique àl'Ontologique est indu. Le concept est toujours possible quand il n'est pascontradictoire. Ainsi, par exemple, le concept de carré est possible si je ne luiattribue pas deux prédicats contradictoires. A contrario, « poser un triangleen en supprimant les trois angles est contradictoire », mais si je faisdisparaître à la fois le triangle et les trois angles, « il n'y a plus là decontradiction ». Il en est exactement de même du concept d'un êtreabsolument nécessaire. Si vous lui ôtez l'existence, vous supprimez la chose avec tous ses prédicats : « Si jesupprime le prédicat d'un jugement en même temps que le sujet, il ne peut jamais en résulter une contradictioninterne ». Ainsi , pour Kant, l'existence ne peut se constater que par la voie empirique et non par la Raison. Il fautdistinguer le niveau des idées de celui de la vie. Existe-t-il un Dieu réel ? Nous ne pouvons pas répondre en nousappuyant sur les principes de la Raison. Faut-il en déduire que la raison s'égare dès que la croyance s'affirme ? [Hétérogénéité des deux domaines] Dieu est indémontrable, mais il convient d'en affirmer l'existence par un postulat, qu'exige la raison pratique elle-même pour garantir la cohérence de la moralité. La raison n'a pas en effet pour seule tâche de connaître (au sensscientifique), il lui appartient aussi de penser (notamment en métaphysique). Tâche qui n'est pas moins importanteque le savoir, mais qui suppose d'autres principes.Avant Kant, Hume avait déjà soumis ces trois idées, le moi, le monde, Dieu, à une critique définitive en en montrantla connaissance illusoire. Mais Hume, en sceptique, concluait à l'inutilité, voire au caractère néfaste de ces idéespour la science, Kant, au contraire, malgré leur charge d'illusion, leur accorde un rôle positif suprême comme pôled'unification systématique de la connaissance humaine.Les idées de la raison n'ont pas de valeur transcendante (objective), mais uniquement une valeur régulatrice etorganisatrice dans l'interprétation de l'expérience. Sans elles, pas de système, mais une simple juxtaposition desavoirs locaux (ce qui reproché à l'empirisme).Il reste que l'illusion interne à la raison et l'usage illégitime des facultés qu'elle provoque naissent d'un désirirrépressible, celui de faire connaître les choses en soi au-delà des limites de l'expérience (usage transcendantal), ou »

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