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La culture se substitue-t-elle à la nature ou ne fait-elle que la compléter?

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3. Culture et nature sont indissociables

L'ethnologie contemporaine, à travers l'oeuvre de Claude Lévi-Strauss, recèle une critique de cette idée totalisante de la culture. Elle considère que la culture n'est pas tant un processus qu'un état, l'être humain ne pouvant exister que dans la culture. "Ce n'est pas une légère entreprise de démêler ce qu'il y a d'originaire et d'artificiel dans la nature actuelle de l'homme et de bien connaître un état qui n'existe plus, qui n'a peut-être point existé, qui probablement n'existera jamais et dont il est pourtant nécessaire d'avoir des notions justes pour bien juger de notre état présent" Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes. Il est en effet très compliqué de démêler ce qui est naturel de ce qui est culturel. Cela tient peut-être au fait que tous phénomènes, tous actes tient un peu des deux. C'est pour cela que Edgar Morin élabore une pensée complexe concernant l'homme.

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Le concept de nature est loin d'être simple et univoque. La nature, c'est en effet, en un sens premier, le cadre physique, minéral et végétal de notre existence. Ici, la nature désigne le milieu qui nous est donné.

A côté de la nature, en général, ensemble de tout ce qui existe, il y a la nature d'un être, à savoir son essence, l'ensemble des propriétés qui le caractérisent. Dès lors, la nature, en cette seconde acceptation, désignera fréquemment tout ce qui, dans un être, est inné, par opposition à ce qui est acquis. La nature dans sons sens étymologique( natus : né, du verbe nascor), c'est l'état dans lequel naissent les hommes.

La culture peut désigné la somme de connaissances d'un individu mais en ce qui nous concerne les désigne plutôt l'ensemble des éléments de la vie humaine transmis par la société. Il s'agit alors de s'interroger sur l'action de la culture et sa puissance. Si la nature est ce qui échoit à l'homme dès sa naissance,  son essence, comment la culture pourrait s'y substituer? La culture à travers l'éducation peut-elle réfréner les instincts et les pulsions naturels de l'homme?

 

 

« "Il n'est pas plus naturel ou pas moins conventionnel de crier dans lacolère ou d'embrasser dans l'amour que d'appeler table une table. Lessentiments et les conduites passionnelles sont inventés comme lesmots. Même ceux qui, comme la paternité, paraissent inscrits dans lecorps humain, sont en réalité des institutions.Il est impossible de superposer chez l'homme une première couche decomportements que l'on appellerait "naturels" et un monde culturel ouspirituel fabriqué. Tout est fabriqué et tout est naturel chez l'homme,comme on voudra dire, en ce sens qu'il n'est pas un mot, pas uneconduite qui ne doive quelque chose à l'être simplement biologique, etqui en même temps ne se dérobe à la simplicité de la vie animale, nedétourne de leur sens les conduites vitales, par une sorted'échappement et par un génie de l'équivoque qui pourrait servir àdéfinir l'homme." MERLEAU-PONTY Merleau-Ponty commence par énoncer sa thèse de façon négative, par deuxfois, en refusant deux idées. La première idée refusée, c'est l'idée que lecomportement humain soit plus naturel que la dénomination dans le langage.Cette analogie entre langage et comportement s'appuie sur l'idée que ladénomination est conventionnelle (ce qu'expliquait Hermogène dans le Cratylede Platon). Donc, les comportements qui nous paraissent les plusspontanément normaux sont en réalité des conventions culturelles : et, juste avant ce texte, Merleau-Ponty faisait valoir que les Japonais sourient dans la colère. L'argument de l'héréditéfonctionne alors comme un argument a fortiori (« même ceux qui... ») : rien n'est absolument réductible au corps,c'est-à-dire à la nature, et la paternité, en tant que valeur culturelle construite, dépasse l'instinct de reproduction.La deuxième idée refusée (à partir de « il est impossible... ») est celle de la superposition de « couches » naturelleset culturelles. Merleau-Ponty veut ici lutter contre l'idée classique et commode selon laquelle coexisteraient enl'homme deux épaisseurs, deux strates géologiques, qu'on pourrait séparer l'une de l'autre et reconstituer à partl'une de l'autre : la nature et la culture. L'allusion en appelle implicitement à Rousseau et à sa statue de Glaucus : leprojet de Rousseau est dénoncé comme utopique.La thèse de Merleau-Ponty, qui apparaît négativement dans les deux premiers temps du texte, puis positivement (àpartir de « tout est fabriqué... ») est donc que nature et culture sont toujours déjà là en l'homme, et qu'elles sontindiscernables : l'homme est à la fois totalement naturel et totalement culturel. L'homme n'est plus alors celui quis'arrache à la nature pour devenir culturel : il est introuvable, inassignable. Définir l'homme par l'« équivoque », parl'« échappement », c'est dire que la conduite humaine n'est jamais strictement réductible à l'un des deux ordres, etqu'une telle tentative de réduction est toujours déçue. L'appel par Merleau-Ponty à ce registre de l'ambiguïté signifieque l'homme est inclassable, et que c'est là sa différence spécifique. 3. Culture et nature sont indissociables L'ethnologie contemporaine, à travers l'oeuvre de Claude Lévi-Strauss, recèle une critique de cette idée totalisantede la culture. Elle considère que la culture n'est pas tant un processus qu'un état, l'être humain ne pouvant existerque dans la culture."Ce n'est pas une légère entreprise de démêler ce qu'il y a d'originaire et d'artificiel dans la nature actuelle del'homme et de bien connaître un état qui n'existe plus, qui n'a peut-être point existé, qui probablement n'existerajamais et dont il est pourtant nécessaire d'avoir des notions justes pour bien juger de notre état présent"Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes.Il est en effet très compliqué de démêler ce qui est naturel de ce qui est culturel. Cela tient peut-être au fait quetous phénomènes, tous actes tient un peu des deux.C'est pour cela que Edgar Morin élabore une pensée complexe concernant l'homme. Il le conçoit de manière trinitaire : biologique (comme produit d'une évolution de l'espèce), individuelle( l'homme en tant qu'il est pensée personnelle)et sociologique( en tant que déterminé par la société). Mais loin d'être déterminée et délimitée, ses trois aspectsinter-agissent entre eux et se mélangent.De plus, si avec la philosophie moderne, on conçoit que l'homme n'a pas d'essence, que comme le dit Sartre"l'existence précède l'essence", sa nature est alors de se déterminer par sa culture. Ainsi, si l'homme est l'animal le plus dépourvu de la nature et doit pour se faire suppléer son absence dedétermination par la culture, celle-ci tend à devenir totale dans le sens où elle transforme même ce qui est inné etspontané chez l'homme. Toute sa conduite semble alors être inventée par les règles et l'environnement culturels. Mais il est important de comprendre que réussir à distinguer nature et culture n'est pas si aisé, surtout si on admetque l'homme n'est homme que en société. Il s'agit alors d'élever notre vision des choses pour nous placer sur un planoù l'inné et l'acquis chez l'homme se déterminent l'un l'autre, sans pouvoir se distinguer réellement. »

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