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La maladie de l'Homme peut-elle être comparée à la panne d'une machine?

Publié le 29/01/2005

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La connaissance scientifique ne fait des progrès qu'à l'aide des obstacles auxquels elle se heurte. Ces obstacles ne sont pas simplement issus de la complexité des phénomènes, ni imputables à la faiblesse de nos sens et de notre esprit, ils sont inhérents à l'acte même de connaître. "La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres." Aucune connaissance ne se donne de manière immédiate et pleine mais se révèle après coup. Il faut au préalable mettre en oeuvre un appareil de raisons pour que l'expérience puisse dévoiler quelque chose de clair et de certain. Toute connaissance vraie s'établit ainsi par correction et réfutation de connaissances préalables erronées. La vérité ne s'atteint que par la réfutation d'erreurs, et l'histoire de la science en son progrès est une longue et patiente correction d'erreurs. La vérité de la science consiste dans un véritable repentir intellectuel. Connaître, c'est connaître contre une connaissance antérieure. Nulle pensée scientifique ne démarre d'un point zéro ou d'une table rase des connaissances antérieures.

« est une longue et patiente correction d'erreurs.

La vérité de la science consiste dans un véritable repentirintellectuel.

Connaître, c'est connaître contre une connaissance antérieure.

Nulle pensée scientifique ne démarred'un point zéro ou d'une table rase des connaissances antérieures. II.

La maladie — En travaillant l'opposition pathologique-sain, on constate que l'organisme adopte des normes différentes selon sonétat : la santé implique la défense contre les agressions pathogènes (donc des changements de normes).— La maladie connaît différents degrés: elle est plus ou moins déclarée, plus ou moins grave, etc.— La panne mécanique est un non-fonctionnement complet.

Elle ne présente pas de degrés (on dit bien qu'unepanne est plus ou moins grave, mais c'est par rapport aux différentes pannes possibles).

La machine fonctionne oune fonctionne pas, mais lorsqu'elle fonctionne, c'est de façon constamment semblable, et non en s'adaptant aumilieu et en modifiant ses normes et ses règles. III.

Le vivant est autorégulé Kant objectait déjà au modèle cartésien certaines propriétés du vivant:— il se reproduit;— il est capable dans une certaine mesure, de combler ses propres déficiences (inter-relation des organes);— il a sa «cause efficiente» en lui-même, c'est-à-dire dans sa «finalité interne», alors que la machine anécessairement sa cause en dehors d'elle-même (dans le projet de son constructeur) et obéit à une finalitéextrinsèque.

D'où sa conclusion: «un être organisé...

possède une énergie formatrice qu'il communique même auxmatières qui ne la possèdent pas» (ainsi, le mouton est «fait» d'herbe, alors que le moteur automobile n'est pas«fait» d'huile et d'essence). « Dans une montre une partie est l'instrument du mouvement des autres, maisun rouage n'est pas la cause efficiente de la production d'un autre rouage ;certes une partie existe pour une autre, mais ce n'est pas par cette autrepartie qu'elle existe.

C'est pourquoi la cause productrice de celles-ci et deleur forme n'est pas contenue dans la nature (de cette matière), mais endehors d'elle dans un être, qui d'après des Idées peut réaliser un tout possiblepar sa causalité.

C'est pourquoi aussi dans une montre un rouage ne peut enproduire un autre et encore moins une montre d'autres montres, en sorte qu'àcet effet elle utiliserait (elle organiserait) d'autres matières ; c'est pourquoielle ne remplace pas d'elle-même les parties, qui lui ont été ôtées, ni necorrige leurs défauts dans la première formation par l'intervention des autresparties, ou se répare elle-même, lorsqu'elle est déréglée : or tout cela nouspouvons en revanche l'attendre de la nature organisée.

— Ainsi un êtreorganisé n'est pas simplement machine, car la machine possède uniquementune force motrice ; mais l'être organisé possède en soi une force formatricequ'il communique aux matériaux, qui ne la possèdent pas (il les organise) : ils'agit ainsi d'une force formatrice qui se propage et qui ne peut pas êtreexpliquée par la seule faculté de mouvoir (le mécanisme).

(...) Dans la nature les êtres organisés sont ainsi les seuls,qui, lorsqu'on les considère en eux-mêmes et sans rapport à d'autres choses,doivent être pensés comme possibles seulement en tant que fins de la nature et ce sont ces êtres qui procurent tout d'abord une réalité objective au concept d'une fin qui n'est pas une finpratique, mais une fin de la nature, et qui, ce faisant, donnent à la science de la nature le fondement d'unetéléologie, c'est à-dire une manière de juger ses objets d'après un principe particulier, que l'on ne serait autrementpas du tout autorisé à introduire dans cette science (parce que l'on ne peut nullement apercevoir a priori la possibilité d'une telle forme de causalité).

» Kant, Critique de la faculté de juger , §65. Commentaire Introduction l Objet du texte : L'opposition entre le mécanique, qui a sa cause en dehors de lui et le vivant qui peut s'auto-organiser. l Problème du texte : Peut-on expliquer le vivant de manière mécanique ? l Thèse du texte : Le vivant diffère d'une machine par l'auto-organisation, et c'est en cela qu'il peut être une fin de la nature. l Plan du texte. »

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