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La passion éloigne-t-elle de la réalité ?

Publié le 05/10/2005

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La question de savoir qu'elles sont les inclinations bonnes, rationnelles, et quelle est leur subordination, se transforme en l'exposé des rapports que produit l'esprit en se développant lui-même comme esprit objectif. Développement où le contenu de l'ipso-détermination [Cette expression spécifie que l'esprit se réalise et se détermine lui-même selon des lois rationnelles] perd sa contingence ou son arbitraire. Le traité des tendances, des inclinations et des passions selon leur véritable teneur est donc essentiellement la doctrine des devoirs dans l'ordre du droit, de la morale et des bonnes moeurs. »   HEGEL.        Hegel met ici en évidence la contradiction apparemment inhérente aux passions : elles semblent à la fois provenir de l'individu lui-même qui vise ses intérêts particuliers, et obéir à un ordre rationnel et général, extérieur à l'individu et même contraire à ses intérêts. Un tel paradoxe soulève la question de la liberté ou de la détermination de nos comportements. Ce problème, ici posé, est également examiné sous l'angle du sens de l'Histoire.      Auparavant, Hegel écarte toute approche purement moralisante des passions (en termes de bien ou de mal), mais en dégage la fonction éminemment positive. Il reprend à cet effet la formule d'Helvétius : « Rien de grand... ».

« Pour Hegel en effet, la passion est le nécessaire ressort subjectif —apparemment égoïste — qui entraîne l'homme à accomplir sans le savoir lesbuts de l'Esprit du Monde.

Ce dernier étant pure Raison, il est clair que safroideur ou sécheresse ne pourrait entraîner l'humain vers des réalisationsremarquables.

Aussi la passion en devient-elle l'agent involontaire, animant leshommes pour qu'ils agissent de manière excessive : subjectivement satisfaits(puisqu'ils comblent par exemple leur goût de la conquête ou leur désir degloire), ils font avancer l'histoire dans le sens final de la Rationalité.

Lapassion n'est ainsi dans l'homme que l'écho d'une « ruse de la Raison ».

Etcomme cette dernière se réalise progressivement, il devient difficile d'affirmerencore que la passion éloigne du réel : elle participe au contraire à sestransformations. « Les inclinations et les passions ont pour contenu les mêmes déterminations que lessentiments pratiques et, d'un côté, elles ont également pour base la nature rationnelle del'esprit, mais, d'un autre côté, en tant qu'elles relèvent de la volonté encore subjective,singulière, elles sont affectées de contingence et il apparaît que, en tant qu'elles sontparticulières, elles se comportent, par rapport à l'individu comme entre elles, de façonextérieure et, par conséquent, selon une nécessité non-libre. La passion contient dans sa détermination d'être limitée à une particularité de ladétermination-volitive, particularité dans laquelle se noie l'entière subjectivité de l'individu,quelle que puisse être d'ailleurs la teneur de la détermination qu'on vient d'évoquer.

Mais,en raison de ce caractère formel, la passion n'est ni bonne ni méchante ; cette formeexprime simplement le fait qu'un sujet a situé tout l'intérêt vivant de son esprit, de sontalent, de son caractère, de sa jouissance, dans un certain contenu.

Rien de grand nes'est accompli sans passion ni ne peut s'accomplir sans elle.

C'est seulement une moralitéinerte, voire trop souvent hypocrite, qui se déchaîne contre la forme de la passion commetelle. [...] La question de savoir qu'elles sont les inclinations bonnes, rationnelles, et quelle estleur subordination, se transforme en l'exposé des rapports que produit l'esprit en sedéveloppant lui-même comme esprit objectif.

Développement où le contenu de l'ipso-détermination [Cette expression spécifie que l'esprit se réalise et se détermine lui-même selon des lois rationnelles] perd sa contingence ou son arbitraire.

Le traité des tendances, des inclinations et des passions selon leur véritable teneur est donc essentiellement ladoctrine des devoirs dans l'ordre du droit, de la morale et des bonnes moeurs.

» HEGEL. Hegel met ici en évidence la contradiction apparemment inhérente aux passions : elles semblent à la fois provenir de l'individu lui-même qui vise ses intérêts particuliers, et obéirà un ordre rationnel et général, extérieur à l'individu et même contraire à ses intérêts.

Untel paradoxe soulève la question de la liberté ou de la détermination de noscomportements.

Ce problème, ici posé, est également examiné sous l'angle du sens del'Histoire. Auparavant, Hegel écarte toute approche purement moralisante des passions (en termes de bien ou de mal), mais en dégage la fonction éminemment positive.

Ilreprend à cet effet la formule d' Helvétius : « Rien de grand...

».

Indépendamment de toute considération éthique, l'auteur établit la nécessité des passions en tant quemoteur de l'action.

« Dans l'histoire universelle nous avons affaire à l'Idée telle qu'elle se manifeste dansl'élément de la volonté et de la liberté humaines.

Ici la volonté est la base abstraite de laliberté, mais le produit qui en résulte forme l'existence éthique du peuple.

Le premierprincipe est constitué par les passions humaines.

Les deux ensemble forment la trame et lefil de l'histoire universelle.

L'Idée en tant que telle est la réalité ; les passions sont le brasavec lequel elle gouverne [...] Ici ou là, les hommes défendent leurs buts particuliers contre le droit général ; ils agissentlibrement.

Mais ce qui constitue le fondement général, l'élément substantiel, le droit n'enest pas troublé.

Il en va de même pour l'ordre du monde.

Ses éléments sont d'une part lespassions, de l'autre la Raison.

Les passions constituent l'élément actif.

Elles ne sont pastoujours opposées à l'ordre éthique ; bien au contraire, elles réalisent l'Universel.

En ce quiconcerne la morale des passions il est évident qu'elles n'aspirent qu'à leur propre intérêt.De ce côté-ci, elles apparaissent comme égoïstes et mauvaises.

Or ce qui est actif esttoujours individuel : dans l'action je suis moi-même, c'est mon propre but que je cherche àaccomplir.

Mais ce but peut être bon, et même universel.

L'intérêt peut être tout à fait. »

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