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La passion est-elle toujours un esclavage ?

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esclavage

Descartes, Lettre à Elisabeth, 6 oct. 1645. « Tout homme qui se réfugie derrière l'excuse de ses passions, tout homme qui invente un déterminisme est un homme de mauvaise foi. « Sartre, L'existentialisme est un humanisme, 1946. Pour Sartre, nous sommes tous et à tout moment responsables de nos actes. Celui qui prétend agir sous l'emprise de ses passions et qui refuse d'assumer la paternité de ses choix se ment à lui-même : il est « de mauvaise foi «. « La passion [...] est un ébranlement de l'âme opposé à la droite raison et contre nature. « Zénon de Cittium. « Suivant la définition des stoïciens, la sagesse consiste à prendre la raison pour guide; la folie, au contraire, à obéir à ses passions; mais pour que la vie des homme ne soit pas tout à fait triste et maussade, Jupiter leur a donné bien plus de passions que de raison.

  • I) La passion est un esclavage.

a) La passion ne dépend pas de notre volonté. b) L'essence de la passion est l'insatisfaction. c) La passion ne permet plus de choisir librement.

  • II) La passion n'est pas un esclavage.

a) C'est la volonté qui se rend elle-même esclave de la passion. b) La passion anime le coeur de l'homme. c) La passion conduit à la liberté.

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« (cf.. Phèdre). Ce mouvement, en effet, est «humiliant» pour l'esprit (cf.. Alain, Propos, éd. de la Pléiade, p. 1145).Devenue esclave, l'âme s'insurge contre cet esclavage, mais l'accroît en essayant de s'en délivrer. Ainsi conflit entremon corps et monâme, la passion est surtout un conflit entre moi et moi-même, dont je suis la victime en même temps que lecomplice. Un tel conflit ne peut qu'être douloureux. C'est un drame, celui de «l'esprit humain à l'épreuve, et harcelépar la nature inférieure» (Alain, Propos sur la religion). Le déchirement de la volonté. On peut rapprocher ce conflit du déchirement entre la volonté hétéronome et la volonté autonome qu'a analysé Kant (cf. Fondement de la métaphysique des moeurs). Pour lui, la volonté estliée d'une part au monde sensible - ce qui entraîne sa détermination par lespassions, son hétéronomie - d'autre part au monde intelligible, transcendantau monde sensible, dont l'homme ignore tout « sinon que c'est seulement laraison, la raison pure, indépendante de la sensibilité, qui y donne sa loi ».C'est en se conformant à cette loi morale que la volonté acquiert sonautonomie et sa liberté. Or cette loi de la raison commande de rejeter lespassions, puisqu'elles ne sont pas universalisables et que le propre de laraison est d'être universelle. De là un écartèlement de la volonté entre sapassion et son devoir, une souffrance de l'âme qui aspire à la liberté et sevoit réduite en esclavage. Le principe de la moralité réside dans l'autonomie, soit la faculté de sedéterminer soi-même de par une législation rationnelle. L'homme est lié à sondevoir par une loi qui ne lui est pas extérieure. Aucun intérêt ne vient leforcer à faire son devoir, aucune force étrangère à sa propre volonté ne vientle contraindre.Si le devoir procédait d'une contrainte, l'homme ne serait pas libre maishétéronome, c'est-à-dire sous la dépendance d'une loi qui ne procède pas delui-même. Le devoir ne se définit que par l'autonomie de la volonté. Être libreet moral, c'est agir conformément à sa propre volonté législatrice universelle.Cette loi du devoir, bien qu'en nous, vise l'universalité. Le principe suprême dudevoir est inconditionné et absolu. La volonté n'y est pas intéressée, et elle n'est pas non plus motivée par lacrainte d'un châtiment ou d'une sanction s'il y a désobéissance. Dans l'accomplissement du devoir, la volonté estfondée sur un principe d'autonomie : "L'autonomie de la volonté est cette propriété qu'a la volonté d'être à elle-même sa loi (indépendamment de toute propriété des objets du vouloir). Le principe de l'autonomie est donc : dechoisir de telle sorte que les maximes de notre choix soient comprises en même temps comme lois universelles dansce même acte de vouloir." Un conflit entre l'homme et le monde. En outre, à ce conflit intérieur à l'homme s'ajoute un conflit entre l'homme et le monde. Car le jugement faux de lapassion ne peut conduire qu'à une construction délirante, un monde imaginaire qui se heurte au monde réel. Laréalité que rencontre le passionné n'étant pas celle qu'il voudrait qu'elle fût, il se révolte contre elle, il s'insurgecontre l'inévitable. Or, de ce combat, il ne peut que sortir vaincu. Ici encore, l'homme passionné apparaît l'esclavede sa passion, en ce sens que celle-ci l'enchaîne dans son monde fictif. Conclusion et transition. Cette analyse de la passion comme soumission de l'âme (abdiquant sa liberté fondée sur l'usage de la droite raison)à des tendances relevant de la vie du corps conduit nécessairement à poser que la passion est toujours unesclavage, puisque dès lors qu'une passion serait acceptée par la droite raison, elle perdrait aussitôt son statut depassion pour se confondre avec la libre volonté du sujet. Toutefois, on peut s'interroger sur la validité de la thèsesur laquelle elle repose et qui postule la supériorité de l'âme (identifiée au sujet) sur le corps (qui devient un corpsétranger), de la raison sur les passions. Ne peut-on pas mettre la vie du corps, avec ses pulsions, tendances,désirs, sur le même plan que celle de l'« esprit », de la raison, voire au-dessus d'elle ? Ne faut-il pas procéder à uneréhabilitation de la passion ? CITATIONS: « On peut généralement nommer passions toutes les pensées qui sont [...] excitées en l'âme sans le secours desa volonté. » Descartes, Lettre à Elisabeth, 6 oct. 1645. « Tout ce qui n'est point action est passion. » Descartes, Lettre à Elisabeth, 6 oct. 1645. « Tout homme qui se réfugie derrière l'excuse de ses passions, tout homme qui invente un déterminisme est unhomme de mauvaise foi. » Sartre, L'existentialisme est un humanisme, 1946. Pour Sartre, nous sommes tous et à tout moment responsables de nos actes. Celui qui prétend agir sous l'emprise »

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