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La raison du plus fort est-elle toujours la meilleure ?

Publié le 15/07/2005

Extrait du document

Car moi, j'ai conscience de n'être sage ni peu ni prou. Que veut-il donc dire, quand il affirme que je suis le plus sage ? Car il ne ment certainement pas ; cela ne lui est pas permis. « Pendant longtemps je me demandai quelle était son idée ; enfin je me décidai, quoique à grand peine, à m'en éclaircir de la façon suivante : je me rendis chez un de ceux qui passent pour être des sages, pensant que je ne pouvais mieux que là, contrôler l'oracle et lui déclarer :  « cet homme-ci est plus sage que moi, et toi, tu m'as proclamé le plus sage. « J'examinai donc cet homme à fond. [...] Il me parut en effet, en causant avec lui, que cet homme semblait sage à beaucoup d'autres et surtout à lui-même, mais qu'il ne l'était point. J'essayai alors de lui montrer qu'il n'avait pas la sagesse qu'il croyait avoir. Par là, je me fis des ennemis de lui et de plusieurs des assistants. Tout en m'en allant, je me disais en moi-même : « je suis plus sage que cet homme là.

Si la raison du plus fort était toujours la meilleure, il faudrait que les humains soient bien sots pour qu’ils perdent leur temps à d’autres activités qu’à la pratique assidue d’un sport de combat. Si tel n’est pas le cas, c’est parce qu’on voit bien que celui qui veut s’imposer par la force finit toujours en prison, ramené à d’autres raisons que celle du plus fort par le pouvoir des hommes de lois. Cependant, on peut alors se demander si la force n’a pas simplement changé de lieu : elle se trouverait désormais dans l’esprit des juristes et non plus dans les muscles de la brute. Le problème consiste donc à savoir si la force ne fait que changer de forme ou bien si quelque chose la dépasse.

« lui par le fait même que ce que je ne sais pas, je ne pense pas non plus le savoir ».

» 2) La raison la meilleure est celle qui commence par soi-même Platon, Charmide, 164d – 167a : « Critias : J'aurais même presque envie de dire que se connaître soi-même, c'est cela la sagesse, et je suisd'accord avec l'auteur de l'inscription de Delphes [...] Voilà en quels termes, différents de ceux des hommes, le dieus'adresse à ceux qui entrent dans son temple, si je comprends bien l'intention de l'auteur de l'inscription.

A chaquevisiteur, il ne dit rien d'autre, en vérité, que : « Sois sage ! » Certes, il s'exprime en termes un peu énigmatiques, ensa qualité de devin.

Donc, selon l'inscription et selon moi, « connais-toi toi-même » et « sois sage », c'est la mêmechose ! [...] Socrate : Dis-moi donc ce que tu penses de la sagesse. Critias : Je pense que, seule entre toutes les sciences, la sagesse est la science d'elle-même et des autressciences. Socrate : Donc elle serait aussi la science de l'ignorance, si elle l'est de la science ? Critias : Assurément. Socrate : En ce cas, le sage seul se connaîtra lui-même et sera capable de discerner ce qu'il sait et ce qu'ilne sait pas ; et de même pour les autres, il aura le pouvoir d'examiner ce que chacun sait et a conscience à justetitre de savoir, mais aussi ce qu'il croit à tort savoir.

De cela, aucun autre homme n'est capable.

Finalement,l'attitude (sôphronein = être sage) et la vertu (sôphrosunè) de sagesse, de même que la connaissance de soi-mêmeconsistent à savoir ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas.

Est-ce bien là ta pensée ? » Le plus fort, celui qui parle le plus fort, n'est pas le plus proche de la sagesse. III – Le plus sage doit diriger, pas le plus fort 1) Les opinions les plus fortes sont dangereuses François Jacob, Le Jeu des possibles : « Rien n'est aussi dangereux que la certitude d'avoir raison.

Rien ne cause autant de destructions quel'obsession d'une vérité considérée comme absolue.

Tous les crimes de l'histoire sont des conséquences de quelquefanatisme.

Tous les massacres ont été accomplis par vertu, au nom de la religion vraie, du nationalisme légitime, dela politique idoine, de l'idéologie juste ; bref au nom du combat contre la vérité de l'autre, du combat contreSatan.

» 2) Les philosophes à la tête de la Cité idéale Platon, La République, VI : « Socrate : Emportés par la vérité, nous avons dit qu'on ne connaîtra jamais de cité, ni de régime, ni mêmed'homme parfaits avant qu'un heureuse nécessité n'ait contraint le petit nombre des philosophes, jugés non pasméchants mais inutiles, à s'occuper, bon gré mal gré, de la cité et qu'on n'ait pas contraint la cité à leur obéir, oubien avant qu'une inspiration divine n'ait insufflé chez des souverains ou des rois actuels, ou bien chez leurs fils, unamour vrai pour la philosophie.

» La raison la meilleure n'est pas alors celle du politicien le plus loquace mais au contraire celle du sage quiagit dans la discrétion mais qui seul saurait diriger justement la cité. Conclusion : La raison du plus fort n'est jamais qu'une imposition, voire une imposture.

Elle ne conduit pas à la justice ouà la vérité mais simplement au pouvoir de celui qui la soutient. La raison la meilleure est au contraire celle qui vise la justice et la vérité sans se soucier du pouvoir.

C'estpourquoi elle se fait beaucoup moins entendre, ne cherchant pas la publicité.

C'est ainsi à chacun de savoir réfléchiravec méthode et rigueur pour ne pas suivre naïvement le plus fort .. »

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