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La reproduction des oeuvres d'art nuit-elle à l'art ?

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Il semble bien facile aujourd’hui d’accéder, par tous les moyens mis à notre disposition, au moindre tableau, à la moindre sculpture… ou encore, au moindre morceau de musique ou à un livre largement réédité. Tout ce que nous pourrions considérer comme œuvres d’art, production à finalité artistique, nous apparaît comme étant très facile d’accès. Bien entendu, nous n’accédons que rarement aux originaux. Mais cela -a-t-il véritablement de l’importance ? Apparemment, le plus essentiel pour une œuvre d’art est d’être connue. En fait, plus elle est connue, et plus elle est…reconnue comme œuvre.  Il semble donc difficile de concevoir l’art, de s’en faire une idée sans passer par la reproduction qui nous met les oeuvres d’art à portée de main. Pourtant, ne pourrions-nous pas rétorquer que la reproduction n’arrive jamais à égaler l’original, qu’elle n’en est toujours qu’une pale copie ? Pire encore, en invitant à confondre le pur produit de l’artiste avec ce qui n’en serait que l’imitation, la reproduction nous dupe : elle nous fait passer le faux pour le vrai, le copié pour l’authentique.  La reproduction des œuvres d’art pourrait donc détruire toute vérité de l’art. Seulement, que peut bien vouloir signifier la vérité dans le domaine de l’art ? Faut-il entendre que ce qui est vrai, c’est l’oeuvre telle que l’artiste la créée, telle qu’il la produit, et que tout redoublement, toute re-production serait alors du domaine du faux. Pourtant, l’artiste s’inspire toujours d’un modèle lui aussi, modèle auprès duquel son œuvre pourrait paraître fausse et inauthentique. Faut-il alors distinguer l’art et les œuvres d’art au point où la reproduction de ces dernières ne nuirait en aucun cas à l’originalité du premier ?

Toutes les formes de reproduction sont-elles équivalentes ? Quels peuvent être les apports positifs d'une reproduction ?

« apollinienne, perfection d'harmonie et de forme, sérénité conquise sur la douleur. En un sens, cette beauté idéaleest hors du temps et de l'histoire, symbole de l'éternité. Si cet idéal de beauté est désormais révolu, alors qu'ilculminait dans l'art grec, c'est que l'organisation sociale et la production économique sont devenues prévalentes,soudant les individus dans des rapports de besoin, d'échange et de travail complexes et étroits. L'Idéal ne peut pluss'incarner dans l'art, il s'est incarné dans l'État et la politique à la fin du xixe siècle et au cours du xxe siècle. Onpeut toutefois remarquer qu'à notre époque présente, ces deux formations ne semblent plus animées par lesaspirations spirituelles les plus hautes des individus et de la collectivité. Nous vivons dans l'ère du nihilisme queNietzsche avait diagnostiquée à la fin du xixe siècle. II/ L'art est toujours une reproduction. Mais, tout de même, l'art peut-il se prétendre hors de portée de tout principe de reproduction ? Que cesoit sous le mode de la peinture, de la sculpture ou de la littérature, les œuvres d'art s'inspirent toujours d'unoriginal auquel elles se réfèrent. Même si cet original n'est pas présent dans la nature, il peut s'agir également del'idée de l'artiste, de ce qu'il a imaginé… Aucune œuvre d'art ne peut donc prétendre au statut de pur original : elles'inspire toujours de quelque chose d'autre qu'elle-même, et, en ce sens, elle est déjà une imitation. Nous pouvonsici suivre Platon, et un extrait du dixième livre de La République . Les artisans qui usent au mieux de leur art, s'inspirent de l'idée la plus parfaite qu'ils ont d'un objet pour le construire. Ils sont donc déjà les auteurs d'une copie.L'artiste, qui représente une seconde fois le même objet, en arrive donc à faire une copie de copie. « L'art d'imiterest donc bien éloigné du vrai, et, s'il peut tout exécuter, c'est, semble-t-il, qu'il ne touche qu'une petite partie dechaque chose, et cette partie n'est qu'un fantôme. » Si l'essence de l'art est d'être une pure reproduction, il nesaurait être question de parler ici d'une quelconque authenticité. En fait, l'original (au sens de « originaire ») luiéchappe toujours. Il est toujours une image de quelque chose et possède un statut ontologique déchu. Il est donccondamné pour cela à reproduire… sans produire jamais. L'art n'a donc pas accès à la vérité : il n'y a pas d'œuvresd'art qui soient vraies. La reproduction des œuvres ne peut donc pas nuire à l'art puisque toute œuvre est déjà unecopie. III/ Les oeuvres d'art n'ont pas un intérêt primordial par rapport à l'art Si l'œuvre d'art n'est jamais qu'une reproduction, doit-on affirmer la même chose de l'art lui-même ? L'artest-il réductible à la totalité de ses œuvres ? Ce n'est pas ainsi que Nietzsche l'entend. Dans Humain, trop humain, il précise, en effet, que « l'art doit avant tout embellir la vie. » Comment seproduit cet embellissement ? L'art doit « dissimuler ou réinterpréter tout cequi est laid, les choses pénibles, épouvantables (…) il doit surtout agir ainsipour ce qui en est des passions, des douleurs de l'âme et des craintes… »L'art n'est donc plus conçu ici comme le domaine que recouvrent les beaux-arts. Il est l'embellissement de la vie, l'esthétisation de l'existence toutentière. L'art est avant tout dans la vie. Sa vérité n'est pas dans la multiplicité des œuvres qu'il a fait naître. Elle se trouve dans la façon dontapparaît la vie. S'il arrive à lui conférer de la beauté, alors l'art s'avèreauthentique et singulier. Aussi, les œuvres d'art sont toutes desreproductions de cette beauté que l'art confère à la vie. Elles ressemblentplus à un appendice de l'art qu'à l'art lui-même, qui s'exprime en chacun. Lareproduction des œuvres a donc bien peu d'importance puisque l'art dans sesmanifestations reste toujours original. Il consiste à donner une teneur toutesthétique à notre propre existence en l'inclinant vers la beauté. L'art est un mensonge. Il est pourtant une illusion nécessaire car on ne peutvivre avec la vérité. Puisque nous avons besoin d'illusion, il est nécessaire defalsifier le réel. L'art est un mensonge qui se donne comme tel. L'artiste neprétend pas dire la vérité, au contraire, car il place l'apparence plus haut quela réalité : l'apparence signifie, pour l'artiste, la réalité affirmée dans satotalité . Conclusion : - L'art est essentiellement quelque chose d'original : la reproduction de ses œuvres est un détournement de son essence. - Mais, toute œuvre d'art nécessite pourtant un modèle elle-aussi : la reproduction constitue tout le phénomène de l'art. - L'art véritable, pourtant, n'est pas dans ses œuvres. L'œuvre de l'art, c'est la façon artistique et profondément esthétique de vivre. La reproduction des œuvres d'art ne nuit pas à l'art dans la mesure où celui-ci ne se résume pas à de tellesœuvres. »

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