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La société est-elle une construction artificielle ?

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            D'après le mot de Leriche, repris par Canguilhem dans Le normal et le pathologique, « la santé c'est la vie dans le silence des organes » ; autrement dit l'organisation physiologique, la santé, ne fait pas problème, seule la pathologie, par l'instauration de nouvelles normes vitales, réduites par rapport à l'état de santé, posent un problème au vivant. C'est en raison de cette polarité entre le social et le vital que Canguilhem caractérise l'organisation sociale comme ne pouvant pas être qualifiée de naturelle.             L'organisation vitale est naturelle : les lois physiologiques sont immanentes au corps vivant, il n'y a pas de discussion interne entre le foi le pancréas et les enzymes régulateurs des sucs gastriques au cours de la digestion. A l'inverse l'organisation sociale ne va jamais sans difficultés, ses règles de fonctionnement ne sont pas immanentes à ses éléments, ceux-ci doivent se contraindre et se conformer aux lois. Les lois ne vont d'ailleurs pas d'elles mêmes, elles sont discutées, controversées, bref quoique produites par le corps social elles le transcendent en tant que les membres de la sociétés doivent s'efforcer de s'y conformer. L'existence même de lois et de règles contraignantes témoigne du caractère artificiel de l'organisation sociale : si elle était naturelle il n'y aurait pas besoin de règles ni de lois. Aussi nous sommes conséquemment conduits à modérer ce que nous disions plus haut : ce n'est que par anthropomorphisme et par facilité que l'on  qualifie les organisations animales de sociales, il faudrait trouver des mots plus précis qui marquent une discontinuité entre les sociétés animales et humaines.   III- Il faut repenser le rapport entre le naturel et l'artificiel.               Cependant il nous faut peut-être encore davantage raffiner le cadre conceptuel dans lequel se tient la présente discussion. L'artificiel s'oppose en effet au naturel mais également à l'authentique c'est à dire à ce qui est originel ; or si la société n'est pas une organisation naturelle c'est à dire sans problèmes elle n'est pas pour autant inauthentique.

L’existence de sociétés est corrélative de l’avènement de la culture, la vie sociale correspond à l’instauration de normes culturelles, que celles-ci soient politiques, esthétiques, religieuses ou scientifiques, par là même la société est le produit d’une humanité, bref elle n’est pas, rigoureusement parlant, un fait de nature. La polarité nature/culture est une opposition axiomatique et en tant qu’elle est condition de possibilité de la culture la société est pensée comme opposée à la nature ; or le problème du rapport du social au naturel n’est pas pour autant résolu. En effet il faut interroger ce rapport d’opposition entre la société et la nature : doit il nous conduire à thématiser la société comme artificielle ? Nous verrons qu’il faut, pour répondre à la question, déjouer les oppositions conceptuelles acquises et les repenser à la lumière des problèmes posés.

« besoin de règles ni de lois. Aussi nous sommes conséquemment conduits à modérer ce que nous disions plus haut :ce n'est que par anthropomorphisme et par facilité que l'on qualifie les organisations animales de sociales, il faudraittrouver des mots plus précis qui marquent une discontinuité entre les sociétés animales et humaines. III- Il faut repenser le rapport entre le naturel et l'artificiel. Cependant il nous faut peut-être encore davantage raffiner le cadre conceptuel dans lequel se tient laprésente discussion. L'artificiel s'oppose en effet au naturel mais également à l'authentique c'est à dire à ce qui estoriginel ; or si la société n'est pas une organisation naturelle c'est à dire sans problèmes elle n'est pas pour autantinauthentique. C'est le fonctionnement de la société qui n'est pas naturel, son instauration, la propension del'homme à vivre en société nous paraît, elle, naturelle. Aussi nous nous trouvons devant une véritable tension : entant que mode de vie l'existence sociale paraît pour l'homme tout à fait naturelle, c'est bien plutôt la vie isolée etnon communautaire qui semble artificielle, or en tant qu'organisation effective, la société peut être dite artificielle.Comment concilier ces deux points de vue : la société est à la fois naturelle comme tendance à la viecommunautaire, à l'association finaliste et artificielle en tant que son fonctionnement pose problème et réclame desartifices proprement humains ( les lois, les codes,...). C'est peut-être dans la philosophie hégélienne que nous allons trouver notre solution. En effet Hegel estréputé pour repenser la pensée de l'opposition et de la contradiction ; selon lui le contraire ne doit pas être opposéau même, bien plutôt il faut intégrer au même son contraire en tant que ce dernier en sera un moment constitutif.Autrement dit, plutôt que d'opposer le naturel et l'artificiel il faut voir que le second est appelé par le premier. Une tendance naturelle (celle qui pousse les hommes à vivre en groupe) se prolonge en organisationartificielle, c'est à dire réglementée et problématique, il n'y a pas là de réelle opposition ni d'antagonisme entre lesdeux moments. Le naturel débouche de lui-même sur l'artificiel, c'est un mouvement de croissance, de déploiement,par lequel la société, de tendance naturelle devient construction artificielle, et non par quelque incompréhensiblemagie. Conclusion : La société, du point de vue de sa genèse, de son commencement, apparaît être une tendance naturelle del'homme, que l'on peut mettre en rapport avec les organisations animales. Or, en tant qu'elle fonctionne la sociétéhumaine voit son caractère naturel se dégrader : elle est artificielle en cela que son organisation fait problème àl'inverse d'organisations naturelles du type organisme sain. Or les deux points de vue peuvent être conciliés : lepremier se noie dans le second à mesure que la société se développe. La tendance naturelle qui l'animait au départcontinue certainement de soutenir la société mais celle-ci, comme avoir lieu quotidien et historique et non pluscomme création spontanée, peut désormais être comprise comme construction artificielle à condition que l'oncomprenne qu'à la racine de celle-ci se trouve la tendance naturelle qu'ont les hommes à vivre en groupe. »

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