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La technique, asservissement ou libération ?

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technique
En effet, on s'accoutume à l'existence du progrès technique. Les productions de la technique deviennent de « vrais besoins, si bien qu'on [est] malheureux de les perdre sans être heureux de les posséder. » Discours sur les fondements de l'inégalité parmi les hommes. Le progrès et l'amélioration de la vie est un cercle vicieux. On ne peut régresser et on a besoin de ce qu'on a acquis. Même si au départ cela semble superflu, on ne peut plus s'en passer. D'autre part, pour Hannah Arendt, dans la Condition de l'homme moderne, l'homme est « conditionné par les machines ». En effet, s'il adapte dans un premier temps l'outil à sa main, il doit cependant par la suite adapter le rythme de son corps au mouvement des machines. De ce fait, son corps est aliéné, contraint de se soumettre à la machine. Enfin, la technique n'est pas neutre.

« et l'amélioration de la vie est un cercle vicieux. On ne peut régresser et on a besoin de ce qu'on a acquis.Même si au départ cela semble superflu, on ne peut plus s'en passer.D'autre part, pour Hannah Arendt, dans la Condition de l'homme moderne , l'homme est « conditionné par les machines ». En effet, s'il adapte dans un premier temps l'outil à sa main, il doit cependant par la suite adapterle rythme de son corps au mouvement des machines. De ce fait, son corps est aliéné, contraint de sesoumettre à la machine.Enfin, la technique n'est pas neutre. Herbert Marcuse dénonce les présupposés politiques de notre société. Ledéveloppement technique repose sur une opinion politique. Il sert à étendre la toute puissance de l'homme surla nature et à exploiter et instrumentaliser l'homme en légitimant le pouvoir sur les autres hommes : « L'énoncé de Marx controversé selon lequel le "moulin à bras vous donnera la société avec le suzerain ;le moulin à vapeur vous donnera la société avec le capitalisme industriel", conteste cette neutralité de latechnologie. Cet énoncé est modifié ensuite dans la théorie marxiste elle-même : c'est le mode social deproduction et non la technique qui est le facteur historique fondamental. Cependant, quand la techniquedevient la forme universelle de la production matérielle, elle circonscrit une culture tout entière ; elleprojette une totalité historique — un "monde". » Herbert Marcuse, L'Homme unidimensionnel Ainsi, la technique peut devenir un outil d'exploitation de l'homme par l'homme : exemple le travail à la chaînequi instrumentalise l'homme. Par certains impératifs techniques on justifie des conditions de travail harassante. 3- Du bon usage de la technique : Malgré une dépendance et un asservissement possible, on ne peut renoncer à la technique qui caractérisel'humanité, une humanité selon Rousseau, toujours perfectible.Pour Heidegger, il ne faut pas avoir peur des objets techniques mais plutôt de l'essence même de la techniquemoderne. En effet, cette dernière a pour objet « d'arraisonner » la nature, c'est-à-dire de l'exploiter, del'instrumentaliser. Elle fonctionne sur le mode de la disponibilité. Or cette technique modèle la vie de l'homme. La technique peut se retourner contre la nature après en être issue et constituer un danger pour elle, et ce en un sens qui n'estpas exclusivement matériel, mais qui est aussi spirituel. Dans sonanalyse de la technique, Heidegger , très au-delà de la bonne conscience écologique, met en lumière une certaine relation d'« arraisonne ment » : à force de vouloir se rendre « maître et possesseur de la nature », comme le disait Descartes , l'homme met, selon la riche métaphore heidegger ienne, la nature « à la raison » : Heidegger parle aussi d' « arraisonne ment » , comme si la technique abordait la nature en pirate ; Qu'est-ce à dire ? Danssa conférence titrée « La question de la technique », Heidegger part de la question suivante : « quelle est donc l'essence de la technique moderne pour que celle-(ci puisse s'aviser d'utiliser lessciences exactes de la nature ? » Pour répondre à cette question, il faut inverser le rapport traditionnel entre science ettechnique. En apparence, la technique suit les sciences exactes dela nature ; en réalité, la relation est presque inverse : c'estl'application technique qui renforce un certain aspect de cessciences naturelles : « La physique moderne n'est pas une physique expérimentale parce qu'elle applique à la nature desappareils pour l'interroger, mais inversement : c'est parce que laphysique –et déjà comme pure théorie- met la nature en demeurede se montrer comme un complexe calculable et prévisible de forces que l'expérimentation est commise àl'interroger », ajoute Heidegger . Et peut-être en effet peut-on aller jusqu'à dire que lorsque la science travaille, elle a déjà en vue les applications techniques, qui peut-être alors l'orientent dans ses travaux :c'est bien ce que veut dire Heidegger quand il dit que c'est pour appliquer son « questionnement », sa mise à la question, que la physique est expérimentale. La technique humaine, explique-t-il plus largement, accomplit un destin remontant à la philosophie grecque et au nom duquel elle organise la nature en objet : ce faisant, l'homme viole et épuise un certain« fonds », non pas celui des réserves quantitatives de minéraux, mais celui d'une réserve de dévoilement et d'étonnement. est-il d'ailleurs si faux que notre rapport à la nature soit devenu à ce point médiatisépar la technique que nous ayons du mal à voir ce qu'est la nature ? Bref, c'est cet enjeu de la techniquequi, aux yeux de Heidegger , illustre le mieux l'oubli de l'Etre dont il veut se faire le penseur. Mais, dire que la technique contribue à l'oubli de l'Etre, ce n'est certes pas le rejeter en tant que telle : ce serait ungrand contresens que de voir pour autant chez Heidegger une diabolisation ou un refus de la technique. De nos jours en effet, la technique est devenue une fin en soi. Elle permet d'accroître la puissance et laproductivité. Il faut se protéger de cette dérive technocratique qui donne un pouvoir si grand aux experts »

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