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L'acte de se nourrir relève-t-il de la nature ou de la culture ?

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La survie de l'homme dépend d'un équilibre de la satisfaction de ses besoins naturels et nécessaires Pour vivre il doit manger pour reconstituer l'énergie que son corps a dépensé et retrouve les différents nutriments qui sont indispensable à son corps mortel. Se nourrir lui est vital, comme tout être vivant engendré par la nature. Ainsi il paraît évident que c'est la nature de l'homme qui lui dicte ce besoin, manger est un besoin naturel que l'homme doit faire pour assurer la vie de son corps animal. Tous les hommes doivent restaurer leur corps et ce besoin est suivie d'une satisfaction que l'instinct de conservation ordonne, l'homme en dépend. Cependant si l'homme et tout être vivant ont en commun la nécessité de s'alimenter pour survivre, peut on pour autant mettre cette perception sur le même pied d'égalité? En effet l'animal cherche à satisfaire un besoin naturel en se nourrissant cependant il n'a pas conscience qu'il se nourrit, cet un réflexe instinctif qui le pousse à chercher de quoi manger, l'animal ne sait pas qu'il se nourrit. Par contre l'homme possède la particulier d'identifier consciemment son besoin de nourritures, il cherche ce qui serait bon pour lui, il sait que se nourrir est vital. Le bébé tète sa mère par instinct, il ne se nourrit pas, il est nourri par sa mère. C'est par l 'éducation que l'homme apprend à manger, on lui enseigne ce qui est bon pour lui, il distingue avec ses diverses expériences les goûts des aliments, il trouve des préférences dans certains aiment plutôt que dans d'autres, les différents plats varient d'une société à l'autre. Se nourrir n'est plus uniquement instinctive il devient un acte culturel où les préférences de l'individu entrent en compte dans le choix contrairement aux autres êtres vivants.

 
 

« bénéfice économique Ml nul, mais ces dons réciproques sont les « éléments du complexe fondamental de la culture». Quitte à nous faire « sursauter », Lévi-Strauss n'hésite pas à écrire que la prohibition de l'inceste, phénomèneuniversel et qui marque le passage de la nature à la culture, fonctionne exactement de la même façon : la fille ou lasœur prohibée sexuellement est donnée à un groupe qui, réciproquement, offre ce qu'il se refuse. Dans les deux cas,les échanges mettent en jeu des significations non seulement économiques, mais sociales, sentimentales, etc.Il est remarquable que l'acte de se nourrir puisse ainsi illustrer un fait culturel majeur : se nourrir est plus que senourrir, puisque c'est aussi donner et recevoir, s'inscrire dans l'humanité. (Lire Lévi-Strauss, Les Structuresélémentaires de la parenté, chap. V, p. 65 et suivantes.)b) Chaque culture définit son propre art de se nourrir, la nature des aliments courants et la manière de s'en servir.• Cf. Roland Barthes, Mythologies : « le vin est senti par la nation française comme un bien qui lui est propre, aumême titre que ses trois cent soixante espèces de fromages et sa culture. C'est une boisson-totem, correspondantau lait de la vache hollandaise ou au thé absorbé cérémonieusement par la famille royale anglaise » (p. 74) ; «comme le vin, le bifteck est en France élément de base, nationalisé plus encore que socialisé ». La frite est le signealimentaire de la « francité » (p. 79).Par ailleurs, « l'opposition à l'étranger se marque par la condamnation de ses habitudes alimentaires ». On sait que,inversement, le partage d'un même pain symbolise l'appartenance de tous à une même communauté (cf. lacommunion eucharistique).• Cf. Norbert Elias, La Civilisation des mœurs, chap. IV. Dans l'histoire occidentale, du Moyen-âge à nos jours, « rienne va de soi » dans la manière de se tenir à table ; « cette remarque s'applique même aux comportements que nousjugeons "élémentaires" ou simplement "raisonnables", comme par exemple de prendre les liquides avec la cuilleruniquement... » Ces rites ne s'expliquent pas par des considérations hygiéniques, jamais signalées avant le milieu duxviiie siècle ; la « rationalisation » des nouvelles manières de se comporter est toujours postérieure à un «déplacement du seuil de ce qui est ressenti comme pénible ». Par exemple, jusqu'au xviie siècle environ, la vue d'unebête tuée et son dépeçage sur la table sont « agréables ou du moins nullement déplaisants » ; puis, on s'efforcerad' « oublier autant que possible qu'un plat de viande a quelque rapport avec un animal mort ». Aujourd'hui, on serend à peine compte de sa provenance. « La modification de la tenue à table n'est que l'aspect partiel d'unemodification très profonde de la sensibilité et des attitudes humaines. » L'art de se nourrir, art culturel, est commele résumé des valeurs d'une culture.c) Cet art peut même révéler les contradictions d'une culture, ou certains traits idéologiques dont elle n'a pas pleineconscience.Baudrillard, en ce sens, est attentif à une contradiction de la « société de consommation ». D'une part, celle-ciexclut par principe toute restriction, « libérant le corps dans toutes ses virtualités de satisfactions », « réprouvantla morale répressive des ères puritaines » (cf. la gourmandise, autrefois l'un des sept péchés capitaux, aujourd'huipéché mignon) ; mais d'autre part, notre culture développe la « mystique de la ligne, la fascination de la minceur » :« dans l'ascèse des régimes alimentaires, se lit la pulsion agressive envers le corps, pulsion « libérée » en mêmetemps que le corps lui-même » {La Société de consommation, p. 223).d) L'idéologie puritaine, paradoxalement, serait ainsi toujours de rigueur dans une société qu'on dit pourtant centréesur la consommation. Pourquoi ?« La faim est la faim, mais la faim qui se satisfait avec de la viande cuite, mangée avec fourchette et couteau, estune autre faim que celle qui avale de la chair crue en se servant des mains, des ongles et des dents. Ce n'est passeulement l'objet de la consommation, c'est aussi le mode de consommation qui est produit par la production... Laproduction crée donc le consommateur. » Cette analyse de Marx {Introduction à la critique de l'économie politique,I, 2, a) donne à penser que l'art de consommer en général et l'art de se nourrir en particulier ne peuvent êtreséparés des conditions économiques qui les rendent finalement possibles. Ce que Norbert Elias constatait sur le plandes usages alimentaires en Occident pourrait être lié au système général des besoins produit par tel système deproduction (cf. Baudrillard, op. cit., p. 103).Si l'ascétisme puritain qui dénonçait la jouissance et la consommation, mais valorisait le travail et l'accumulation, apartie liée avec le développement du mode capitaliste de production (thèse de Max Weber), on comprend que l'artoccidental de se nourrir conserve les traces de cette idéologie, lui qui a évolué dans le sens d'un « raffinement »,d'une « distanciation » vis-à-vis du corps ; Elias illustre cette modification de la sensibilité, vers le xviie siècle, àtravers l'histoire en apparence futile de l'usage de la fourchette ou du couteau... conclusion L'analyse de l'acte de se nourrir est aussi une analyse de la nature de l'homme, qui développe ses potentialités dansdes cultures déterminées. Il ne faudrait cependant pas oublier que ce développement peut être très limité lorsquel'art de se nourrir se réduit, dans certaines conditions sociales, à un art de ne pas mourir de faim. indications de lecture • Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité, 1753.• Norbert Elias, La Civilisation des mœurs, 1939 (Pluriel).• C. Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté, chap. V, 1949.• J. Baudrillard, La Société de consommation, 1970 (Idées). »

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