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L'action politique peut-elle être autre chose que la recherche du moindre mal ?

Publié le 03/02/2005

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L'activité politique est un ensemble d'agissements par lequel l'homme entend organiser la société. C'est en influant sur le monde que l'individu pose sa marque et extériorise son être en  projetant sa vision de l'humanité et de son organisation de la collectivité. On considère que l'homme agit constamment dans le but de s'améliorer et d'améliorer son monde. L'homme ne peut normalement pas agir à l'encontre de son bien être. Ainsi peut on considérer que tout acte politique a pour fin de conforter la situation du citoyen. L'homme est il un être pour qui tout agissement politique doit être humaniste et philanthrope ? L'action politique peut-elle être autre chose que la recherche du moindre mal ?

  • I L'action politique comme visée d'un monde meilleur

 

         Le politique est une idéologie qui se met pour but une amélioration de la condition humaine. Elle entend organiser le monde, la société afin de permettre à l'homme de vivre sous un régime de justice organisé par des lois cohérentes.

 

  • II L'action politique influencée par l'individualisme

 

         L'homme agit afin d'améliorer une condition. Par nature il ne peut aggraver une situation, aucun homme ne peut agir à l'encontre de son bien être. Cependant, plusieurs régimes politiques ont prouvés que l'homme peut agir en dévastant un environnement ou en négligeant volontairement un ensemble d'individus  (totalitarisme, pollution, plan social...). L'action politique est donc soumise au désir de puissance des dirigeants.

 

  • III L'action politique comme fin de puissance

 

         L'homme agit donc pour créer un environnement conforme à son idéal politique. Cependant cette action peut être a des fins égoïstes ou humanitaires selon les cas. L'action politique se voit donc comme une empreinte de l'homme sur son univers. C'est en agissant que l'homme s'extériorise, c'est en agissant que l'homme s'écarte d'une nature immédiate et inconsciente. C'est à travers l'action politique que l'homme ressent son humanité, dans une réorganisation de la nature, de sa nature.

 

« Même en temps de guerre la politique la plus violente peut se révéler n'être que la recherche du moindremal ; une illustration dramatique nous en a été donnée lors de la seconde guerre mondiale lorsque les Américains ontutilisé la force nucléaire contre deux villes japonaises, Hiroshima et Nagasaki.

Par cette action meurtrière ils tenaientà avertir la Russie de leur puissance de frappe et à la décourager de s'engager dans une guerre contre eux.

Cegenre d'exemple montre combien l'élection du moindre mal, loin de n'être qu'un pâle consensus, peut s'avérer êtreune décision d'une extrême gravité et lourde de conséquences. II- La politique doit être la recherche du moindre mal. Les difficultés se multiplient dès que la politique s'improvise comme volonté d'accomplir à tout prix un projetsans prise en compte d'aucune réserve.

Dès que la politique se résume à l'accomplissement forcené d'un plan idéal,elle devient une politique totalitaire.

Les politiques menées par les régimes communistes totalitaires au XXe siècle,au Cambodge, en Russie et parfois en Chine, ont consisté à imposer des mesures théoriques, idéales, en dépit desréalités humaines, géographiques et économiques particulières. Une politique qui recherche absolument la réalisation du Bien pour chacun des citoyens est nécessairementtotalitaire, le bonheur n'est pas une affaire étatique mais le problème de chacun.

Lorsque l'action politique n'est plusseulement la recherche d'un moindre mal mais l'imposition de mesures idéales, la voix de l'opposition ne plus existercar elle n'a plus rien à faire valoir.

Si l'action politique est de part en part idéaliste et à l'opposé de toute volonté dedialogue et de compromis, les opposants sont vite stigmatisés et réprimés. L'action politique doit donc être la recherche du moindre mal, déjà dans Le Prince , Machiavel écrit que l'on ne peut durer au sommet de l'Etat en agissant comme un tyran et en condamnant toute parole divergente.

Mieuxvaut ruser et faire l'hypocrite en laissant une liberté de parole à l'opposition, sans pour autant l'investir d'aucunpouvoir.

Dans le Traité théologico-politique , Spinoza montre que l'Etat n'a rien à gagner en empêchant les hommes de s'exprimer, priver les hommes de leur liberté d'expression c'est s'assurer de la venue prochaine de guerre internesau cœur de l'Etat.

La parole réprimée ressortira nécessairement sous une autre forme, encore davantagecontestataire. III- Le courage politique, au-delà d'une logique du moindre mal. Mais l'action politique ne saurait être toute entière enveloppée dans la logique d'une recherche du moindre mal.

Certains actes politiques ne peuvent qu'être entiers, c'est à dire ne se soutiennent précisément que du rejet detout compromis.

Céder au consensus, préférer le moindre mal, cela revient parfois à une mort politique, ainsi, lescompromissions du régime de Vichy pendant la seconde guerre mondiale ont affaiblis l'Etat français.

Le couragepolitique consiste parfois à maintenir une position, quand bien même elle ne serait approuvée que par une minorité. Les mesures politiques célèbres sont souvent celles qui ont été menées contre l'opinion ou du moins contreune frange majoritaire de l'opinion publique.

Ainsi les réformes en France concernant la légalisation de l'avortementou l'abolition de la peine de mort se sont fait malgré les nombreuses protestations d'une opinion conservatrice.

Cequ'il faut souligner c'est que loin que ces mesures aient été prises parce que la majorité y était favorable, c'est l'inverse qui est vrai : ces mesures ont fini par faire consensus seulement après avoir été imposées par le pouvoirpolitique. L'action politique ne peut donc se résumer à n'être qu'une manœuvre ou un calcul stratégique ; elle peutse caractériser parfois par un tour plus idéaliste, et être non une œuvre de compromis mais d'un véritable courage.Lorsque le politique assume une opinion minoritaire mais qu'il tient pour valide, il exprime sa confiance en sonpouvoir ; la force politique tient aussi à cela : être capable de provoquer un changement dans l'opinion. Conclusion : Le politique doit prendre en compte une multiplicité de facteurs, son action n'est pas la simple réalisation d'un plan mais relève de l'art du consensus.

Confondre l'acte de gouverner avec la mise en œuvre à la lettre d'unepolitique idéale c'est risquer de s'enfoncer dans des dérives totalitaires.

La logique du compromis apparaît finalementcomme la meilleure garantie de ce que nous sommes en présence de régimes démocratiques.

Cependant nous avonsvu que la politique a également le pouvoir de changer les mentalités par les mesures qu'elle impose et qui tiennentnon pas à une recherche du moindre mal, mais à la défense de convictions principielles.. »

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