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L'apparence est-elle mensonge ?

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L'erreur dépend donc bien de la volonté. De sorte que lorsque je me trompe, j'en suis le seul responsable. Rien ni personne ne peut être tenu pour la cause de mes erreurs, pour coupable. Mais pourtant, "personne n'a la volonté de se tromper". Il ne se rencontre personne qui souhaite être dans l'erreur délibérément, qui souhaite s'abuser lui-même. On pourrait dire au contraire donc, en donnant à cette proposition une tournure affirmative, que tout le monde veut la vérité, c'est-à-dire aspire à connaître la vérité, désire la vérité. Mais par-là, on peut comprendre qu'ici le mot volonté n'a pas tout à fait le même sens qu'auparavant : il désigne non plus un acte libre, accompli sans contrainte, mais un désir, celui de connaître la vérité comme il sera dit plus loin dans le texte. Or, le désir se distingue de la volonté en ce qu'il nous fait tendre malgré nous, indépendamment de toute décision volontaire vers un but déterminé, sa satisfaction. Mais alors pourquoi parler néanmoins de volonté de connaître la vérité puisqu'il s'agit d'un désir qui nous porte vers des choses que nous ne connaissons pas encore et non d'un acte de la volonté qui lui concerne ce que nous avons déjà à l'esprit ? Parce que ce désir ne s'oppose en rien à ce que nous pouvons librement vouloir puisque la vérité n'est pas dénuée de valeur pour nous.

« donc pas une erreur, mais une imitation lointaine du vrai. Il existe un arrière-monde véridique et consistant donttoutes nos illusions tirent leur semblant d'être. Ce monde est celui des Idées, immuables et universelles dont toutesles choses existantes sont des imitations grossières et approximatives. Pour saisir la vérité, il faut se détourner dusensible et penser. Ce monde vrai tire son être propre d'une seule et unique réalité qui est le Bien (le soleil, raisonpour laquelle on présente la vérité comme une lumière qui dissipe les ténèbres.) La réalité que nous connaissons n'est pas la réalité en soi. Cette séparation entre l'être et l'apparence, la vraie réalité et la réalité inauthentique, se retrouve chez Kant quisépare la réalité nouménale (celle des choses en soi) de la réalité phénoménale (celle que nous connaissonsthéoriquement). L'homme ne peut jamais connaître qu'une réalité informée par les formes a priori de sa sensibilité(espace et temps) et les concepts a priori de son entendement (catégorie de la causalité, par exemple). Certes,chez Kant, l'apparence n'est plus l'ombre de l'Idée et du vrai, mais il y a l'affirmation que le monde que nousconnaissons est une vérité élaborée par l'esprit, donc en quelque sorte seconde par rapport à la vérité de la réaliténouménale. La perception ne nous donne accès qu'à la connaissance des phénomène s. Le phénomène est ce qui apparaît, ce qui se manifeste, ce que nous percevons, par opposition à ce que Kant appelle le « noumène », ou « chose en soi », que nous ne pouvons atteindre. La chose en soi est l'objet tel qu'il est en lui-même,objectivement, qui n'a rien à voir avec l'objet que nous percevons, et dont nous ne pouvons savoir ce qu'il est car iléchappe à notre perception. Nous sommes donc réduits à un savoir phénoménal du monde, car un savoir vrai sur lemonde supposerait de pouvoir atteindre la réalité objective des phénomène s, c'est-à-dire la chose en soi, et la structure de notre esprit ne nous le permet pas. Ainsi, si notre perception nous offre une connaissance de la réalité,il faut préciser que cette connaissance est toujours tributaire de notre esprit et de ses limites, elle est partielle,puisqu'elle se réduit aux phénomène s. C'est là la seule forme de connaissance à laquelle nous puissions prétendre, qui n'est pas une connaissance objective, absolue de la réalité. L'apparence est l'apparaître même de la vérité. L'opposition entre l'au-delà et l'en-deça, l'affirmation que le réel singulier est une déperdition, la croyance à « l'être-de-derrière-l'apparition », les grandes Idées, l'idéalisme, tout cela est fortement récusé par Nietzsche qui affirme que l'apparence, loin d'être mensonge, est l'apparaître même de la vérité. Iln'existe qu'un seul monde et ce monde a valeur et sens. L'apparence et l'êtreou le vrai sont indissociablement liés. La vérité en sa profondeur se manifestebien par son apparaître. L'apparence appartient elle-même à la réalité, elle estune forme de son être. Les opposition métaphysiques entre l'apparence et leréel, le mensonge et la vérité, ne sont que le symptôme de notre impuissanceoriginaire à supporter un monde qui serait pur chaos, devenir contradictoire,informe et ineffable. Selon Nietzsche, platonisme et christianisme ont méprisé le sensible etinventé la fable d'un autre monde : un « arrière-monde». Le paradis ou l'au-delà de la religion, mais également le monde vrai, que la philosophie oppose aumonde apparent, ont fait de l'homme un être dépravé, qui préfère ce qui luifait du mal. Alors que la vie est instinct de croissance, accumulation deforces, l'homme nihiliste s'est mis à adorer la vérité pour mieux haïr la vie.Pour libérer cette volonté malade, la philosophie doit opérer un renversementdes valeurs. Une volonté saine est, pour Nietzsche, une volonté de créer,d'engendrer de nouvelles valeurs. La volonté de puissance n'est autre que lapuissance d'une volonté libérée du ressentiment et de la crainte. Elle n'estpas un désir d'acquérir la puissance, ce qui serait une volonté d'être satisfait,mais un désir d'acquérir davantage de puissance. « Le bonheur est lesentiment que la puissance croît. » Pour cette raison, l'art constitue le modèle de toute philosophie, car il affirme tous les aspects de l'existence et ne cherche pas à séparer le vrai etl'illusoire, le bien et le mal. Quelques références à utiliser: "Mais, parce que nous savons que l'erreur dépend de notre volonté, et que personne n'a la volonté de se tromper,on s'étonnera peut-être qu'il y ait de l'erreur en nos jugements. Mais il faut remarquer qu'il y a bien de la différenceentre vouloir être trompé et vouloir donner son consentement à des opinions qui sont cause que nous noustrompons quelquefois. Car encore qu'il n'y ait personne qui ne veuille expressément se méprendre, il ne s'en trouvepresque pas un qui ne veuille donner son consentement à des choses qu'il ne connaît pas distinctement : et même ilarrive souvent que c'est le désir de connaître la vérité qui fait que ceux qui ne savent pas l'ordre qu'il faut tenir pour »

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