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L'argent peut-il faire mon bonheur ?

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Si l’argent devient une fin et si l’avoir se confond avec l’être, l’homme ne sombre-t-il pas alors dans l’aliénation et par là-même dans le malheur ?  [Argument 1 : aliénation par le travail] Tout d’abord, l’inquiétude permanente liée à l’insatisfaction de l’homme est cause de souffrance. En effet, si vivre heureux, c’est consommer sans cesse, alors l’homme ne se retrouve-t-il pas dans la position infortunée des Danaïdes condamnées à remplir éternellement des tonneaux sans fond ? Socrate, dans le Gorgias, a fort bien dépeint la servitude des intempérants liés à leurs propres passions et dont la vie est comparable à un pluvier « qui mange et qui fiente en même temps ! «.  Ensuite, la course effrénée à la possession de biens en tous genres a pour conséquence ultime la marchandisation de l’homme lui-même. En effet, dans une société où il est nécessaire de travailler dur pour gagner une indépendance économique, l’homme est vite acculé par des exigences de production et d’efficacité qui rendent sa vie terriblement angoissante. D’une part, les heures passées à l’accomplissement de tâches aliénantes sont autant de temps non libéré pour la réalisation de soi. D’autre part, le stress de la non performance, de l’échec devient cause de souffrance et éloigne l’homme de la satisfaction recherchée. Si le bonheur suppose la quiétude et la mesure, ce modèle consumériste en est l’opposé.

« se confond avec ce qu'il possède, l'argent devient ce sans quoi nous ne pouvons espérer être heureux. Cependant,l'idée d'un renouvellement permanent des objets et des désirs que l'argent viendrait satisfaire n'est-elle pascontraire à la définition du bonheur comme tranquillité de l'esprit ? Et le labeur contre lequel j'obtiens de quoi payerma félicité ne m'éloigne-t-il pas de la liberté sans laquelle nul ne saurait être heureux ? [Deuxième partie : le bonheur ne se résume pas au bien-être, au confort. Consommation = aliénation ? ] Si l'argent devient une fin et si l'avoir se confond avec l'être, l'homme ne sombre-t-il pas alors dans l'aliénation etpar là-même dans le malheur ?[Argument 1 : aliénation par le travail] Tout d'abord, l'inquiétude permanente liée à l'insatisfaction de l'homme estcause de souffrance. En effet, si vivre heureux, c'est consommer sans cesse, alors l'homme ne se retrouve-t-il pasdans la position infortunée des Danaïdes condamnées à remplir éternellement des tonneaux sans fond ? Socrate,dans le Gorgias, a fort bien dépeint la servitude des intempérants liés à leurs propres passions et dont la vie estcomparable à un pluvier « qui mange et qui fiente en même temps ! ».Ensuite, la course effrénée à la possession de biens en tous genres a pour conséquence ultime la marchandisationde l'homme lui-même. En effet, dans une société où il est nécessaire de travailler dur pour gagner une indépendanceéconomique, l'homme est vite acculé par des exigences de production et d'efficacité qui rendent sa vie terriblementangoissante. D'une part, les heures passées à l'accomplissement de tâches aliénantes sont autant de temps nonlibéré pour la réalisation de soi. D'autre part, le stress de la non performance, de l'échec devient cause desouffrance et éloigne l'homme de la satisfaction recherchée. Si le bonheur suppose la quiétude et la mesure, cemodèle consumériste en est l'opposé.[Argument 2 : aliénation par l'objet] Suis-je encore moi-même dans cette quête de la possession ? A quel désirl'argent permet-il de répondre ? Il faudrait distinguer ce que l'objet est réellement et ce qu'il représente c.à.d. dequoi il est le signe. Jean Baudrillard, dans La société de consommation publiée en 1970, montre que l'objet répond àautre chose qu'à un besoin réel. Il s'inscrit dans une logique sociale. L'objet me permet tantôt de m'intégrer à ungroupe, tantôt de m'en différencier. Ce qui est recherché, ce n'est pas la fonctionnalité pratique de l'objet mais leprestige qu'il me confère. En achetant telle voiture de luxe, je n'acquiers pas uniquement un moyen dedéplacement ; je m'assure une position sociale. Et l'objet s'inscrit par là-même dans une logique du désir. Jen'achète pas l'objet parce que j'en ai besoin mais parce que je le désire. D'ailleurs, la publicité elle-même tend àérotiser les objets pour les rendre encore plus désirables. On voit alors s'esquisser un double déplacement : lebonheur qui devrait être une disposition intérieure se trouve entièrement tourné vers l'extériorité et le sujet, au lieude se trouver, se perd dans l'objet. Georg Simmel, dans sa typologie des rapports à l'argent, a fait de l'avarel'emblème de la fascination à l'égard de la toute-puissance de l'argent qui devient « le moyen absolu » et quisurpasse tous les objets possibles du désir car l'argent est tout en puissance[1]. Le problème, c'est qu'il n'est rienen acte et qu'il finit par lui abandonner sa liberté.[Une référence littéraire.] L'Avare de Molière expose une pathologie de la possession. Harpagon est obsédé par lacrainte de se faire dérober une cassette remplie d'or qu'il a dissimulée dans son jardin. Il pense cet argentsusceptible de lui offrir le bonheur pour ses vieux jours et se méfie de tous y compris de ses propres enfants.L'avare fait résider toute sa vie dans cette caissette qu'on lui vole à l'acte IV : « Hélas ! Mon pauvre argent, monpauvre argent, mon cher ami ! On m'a privé de toi ; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, maconsolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde ! Sans toi, il m'est impossible devivre. » (Harpagon, acte IV, scène 7) A la fin de la pièce, il n'épousera pas Marianne amoureuse de Cléante, son filset se retrouvera seul avec son trésor pour unique consolation.[Autre référence littéraire, au choix] Dans Les Fables, livre VIII, Jean de la Fontaine, avec l'histoire intitulée « lesavetier et le financier », offre une parabole sur les relations maudites entre argent et bonheur. Un savetier, hommehumble qui travaille du matin au soir, se voit offrir cent écus par un financier qui espère ainsi « acheter sonsommeil ». La joie très passagère du premier cède vite à l'insomnie engendrée par la peur de perdre cette nouvellefortune. Rongé par le malheur, le savetier va rendre les écus afin de retrouver « son chant » et « son somme ». Laleçon est simple : l'argent ne fait pas le bonheur.[Transition] La qualité[2] de notre vie ne saurait donc dépendre de la quantité des biens ou de l'argent possédés.Ne faut-il pas alors passer des critères matériels du bonheur à une représentation morale de celui-ci ? [Troisième partie : le bonheur ne serait pas dans la matérialité mais dans la moralité] Le bonheur ne réside-t-il pas en définitive dans l'être plutôt que dans l'avoir ?[Argument : être heureux = ne dépendre que de soi] Il faut faire dépendre le bonheur de nous et non de conditionsextérieures et matérielles aléatoires. Telle est la leçon des Stoïciens que nous rappelle Epictète dans son Manuel. Cequi rend l'homme heureux ou malheureux ne saurait être qu'en son for intérieur. Seules nos représentationsdépendent de nous et nous devons nous habituer à vouloir les choses comme elles arrivent, y compris la pauvreté,la maladie, la mort… Epictète a vécu dans la condition d'esclave une grande partie de sa vie et a fait ladémonstration par son existence qu'un homme pouvait accéder au bonheur en menant une vie simple relevantentièrement de l'intériorité du sujet pensant. Le bonheur du sage conscient de ses vrais besoins est aussi grand quepeut l'être le malheur du tyran, soumis à des désirs illusoires[3]. [Argument : être heureux = savoir partager les richesses] En outre, s'il s'agit d'exister pleinement, de réaliser toutesnos puissances, le fait d'être heureux n'est-il aussi pas dans l'être-avec-autrui, dans le partage et la générosité ?Peut-on se satisfaire d'une conception égoïste et individuelle du bonheur ? Dans la philosophie utilitariste de John »

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