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l'artiste n'est-il qu'un artisan?

Publié le 11/02/2022

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« L’ARTISTE N’EST-IL QU’UN ARTISAN ? Introduction : Dans la Grèce antique, l’art de l’artiste (l’art au sens actuel du terme, c’est-à-dire les Beaux- Arts) et l’art de l’artisan (la technique) étaient considérés comme identiques.

Le vocabulaire grec est ici plus que révélateur, puisque ces deux notions étaient désignées par un terme similaire, celui de « techné ». Si l’on définit (comme le fait le langage courant) l’œuvre et le produit comme fruits respectifs de l’art et de la technique, ils ne semblent pas pouvoir différer l’un de l’autre puisqu’ils proviennent tous deux de la même entité, la techné.

Cela voudrait donc dire qu’ils sont la même chose, que l’œuvre serait un produit et que le produit serait une œuvre. Cependant, il ne faut pas oublier que dans la civilisation artisanale antique, parler d’art, c’est uniquement parler de l’activité productrice en général (ce que signifie le terme techné), et par conséquent, l’art, qu’il s’agisse de celui de l’artiste ou de l’artisan est un travail de production, et dans ce cas, son fruit sera bel et bien un produit.

Il apparaît donc que sous l’Antiquité, l’œuvre est un produit (et non l’inverse). I.

L’ŒUVRE, PARCE QU’ELLE A BESOIN D’UN MINIMUM DE TECHNIQUE, EST UN PRODUIT PARTICULIER Si l’on considère maintenant l’art et la technique dans leur sens courant (technique au sens large de savoir-faire), le produit est l’aboutissement d’une technique particulière, et l’œuvre le fruit de l’art.

Mais cette dernière ne semble pouvoir exister sans et en dehors de la technique.

En effet, l’artiste, si on ne le considère pas comme un génie (qu’on peut, en généralisant, définir comme une sorte d’être en contact avec le divin qui n’a pas besoin de technique puisqu’il crée de façon innée grâce au divin qui se manifeste en lui) est obligé d’utiliser la technique, c’est-à-dire son savoir-faire, pour pouvoir réaliser une œuvre. L’œuvre, ayant apparemment pour condition a priori la technique, semble effectivement ainsi faire figure de produit.

Comme l’explique Morizot dans Questions d’esthétique, dans certains arts, comme l’art de masse, la technique est l’essence même de l’œuvre, comme le cinéma « qui n’existe qu’en cela » avec la caméra et ses effets, ou encore « le rock, le rap ou la techno qui fabriquent leurs œuvres dans un studio d’enregistrement et ne font que la reproduire ensuite sur scène », s’ils le font (les Beatles finiront par renoncer à se produire sur scène). A.

L’ŒUVRE ET LE PRODUIT, DES FINS DIFFERENTES Pourtant, même si elle peut apparaître comme étant à la base un produit, on ne pas dire que l’œuvre se borne à en être un puisque leur fin respective témoigne d’une différence certaine.

Et en effet, il ne faut pas négliger que le produit est l’aboutissement d’une technique, c’est-à- dire qu’il en profite à des fins intéressées, autrement dit dans un objectif utilitaire : l’homme fabrique une chaise dans le but bien précis qu’on puisse s’y asseoir.

De même, le feu, en tant que formidable outil préhistorique, sert à se protéger en effrayant les bêtes sauvages, ou à cuire la chair des animaux chassés, ou encore tout simplement à pouvoir voir dans l’obscurité. Si l’on remarque que le produit d’aujourd’hui, comme le téléphone portable, ou le vêtement à la mode, est bien plus l’assouvissement d’une envie que celui d’un besoin comme à la Préhistoire, on note néanmoins qu’il est toujours serviteur de quelque chose, il n’est pas 1. »

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