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L'attention est-elle la caractéristique essentielle de la conscience ?

Publié le 25/02/2004

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conscience
  • Analyse du sujet : Un sujet assez technique. La conscience, connaissance plus ou moins claire qu'un sujet possède de ses états, de ses pensées, et de lui-même, se caractérise-t-elle au premier chef par une tension, une concentration spirituelle sur un objet de pensée déterminé ?
  • Conseils pratiques : Montrez le pouvoir unificateur de la conscience, mais aussi l'importance de la conscience pratique. Rappelez la célèbre notion d'intentionnalité chez Husserl. Demandez-vous quelles caractéristiques importantes autres que l'attention possède la conscience.
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« La conscience est plongée dans le temps.

Pour Bergson, elle est conscience de [La principale qualité de la conscience n'est pas l'attention, mais la réflexion, qui est conscience de soi.Conscience d'avoir conscience.] La réflexivité caractérise la conscienceLe fondement de la conscience est la réflexivité.

On accorde traditionnellement à la pensée la faculté d'êtreconsciente d'elle-même.

Si, par exemple, je remarque que ma montre s'est arrêtée, je remarque également que jeremarque que ma montre s'est arrêtée.

J'apprends quelque chose au sujet de ma montre, et quelque chose à monsujet.

La conscience est toujours un retour de la pensée sur elle-même.Prendre conscience du monde, c'est poser le monde comme objet — comme objet d'étonnement ou d'exploration —en face du sujet que je suis.b) Ma conscience me sépare non seulement du monde, mais aussi, comme l'a bien vu M.

Sartre, de moi-même.

Parexemple, prendre conscience que je suis timide, c'est ne plus être timide aussi simplement, aussi ingénument.Désormais il y a le « moi » qui est timide et le « je » qui sait que le « moi » est timide.

Le je qui sait que le moi esttimide n'est pas lui-même timide.

Tandis que les choses inconscientes (cet encrier, cette pierre) existentmassivement, sont « en soi », sont vraiment ce qu'elles sont, l'homme qui est conscient, qui est « pour soi », c'est-à-dire qui se donne une image de lui-même, se voit condamner par là à n'être jamais ce qu'il est, à ne plus coïncideravec soi.

Conscient d'être ce que je suis, je ne puis que jouer à être ce que je suis (comme le garçon de café dontparle Sartre, qui jouait à être garçon de café).

Toute conscience est comédie.c) Ma conscience me sépare d'autrui.

Tandis qu'elle me révèle à moi-même, le monde clos, insulaire, de laconscience des autres m'échappe totalement, je ne connais que leurs gestes et leurs paroles. Une machine n'est pas conscienteUne machine peut remarquer quelque chose.

Elle peut détecter une panne et agir en conséquence.

Cependant, lamachine ne sait pas qu'elle sait.

Il lui manque cette réflexivité qui caractérise la conscience.

L'«oeil» d'une caméraest bien plus vigilant que l'oeil humain.

Mais on ne peut pas dire qu'il soit capable de se connaître lui-même en tantqu'il voit.

L'attention n'est pas une notion suffisante pour définir la conscience.Pour Bergson, « conscience signifie choix ».

Dans le monde animal sans conscience (ou à conscience très obscure),l'action se trouve déclenchée automatiquement par les stimuli.

Chez l'homme,' la conscience introduit entre le «stimulus » et la « réponse » une représentation mentale.

Par là-même, l'homme « substitue aux ripostes réflexes lesparades réfléchies ».

Être conscient, c'est m'aviser que je puis agir de telle manière, ou de telle autre ou d'unetroisième.Prendre conscience de nos actes, c'est prendre un certain recul sur nos actes qui nous permet de concevoird'autres actes possibles.

Avoir conscience (au sens psychologique), c'est ne pas rester prisonnier du présent et duréel, c'est concevoir l'avenir qui pourra être, le passé qui a été ou celui qui aurait pu être.

Ainsi l'homme, en prenantconscience de son comportement, s'aperçoit qu'il peut agir de plusieurs manières possibles.

A l'automatisme aveugleet confortable du monde animal, la simple conscience psychologique substitue déjà l'avènement du souci. La pensée est lumière et transcendanceIl faut insister sur le fait qu'il n'y a pas deux actes d'attention impliqués dans la conscience: remarquer quelquechose et être conscient du fait que je remarque quelque chose sont une seule et même chose.

Pour reprendre lamétaphore de la lumière, on dira que la pensée est phosphorescente: elle s'éclaire elle-même.. »

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