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Le peuple est-il responsable de l'histoire ?

Publié le 27/02/2005

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Car même si nous admettions qu'il en est en partie responsable, il en est aussi certainement le produit. D'où notre question : II - Le peuple n'est-il responsable que de son « futur » ou bien doit-il assumer le poids de son passé ?     Proposition de plan :     I - Une communauté peut-elle être responsable ?   Référence : Kant, Fondements de la métaphysique des moeurs   « La volonté est une sorte de causalité des êtres vivants, en tant qu'ils sont raisonnables, et la liberté serait la propriété qu'aurait cette causalité de pouvoir agir indépendamment de causes étrangères qui la déterminent; de même que la nécessité naturelle est la propriété qu'a la causalité de tous les êtres dépourvus de raison d'être déterminée à agir par l'influence de causes étrangères. La définition qui vient d'être donnée de la liberté est négative, et par conséquent, pour en saisir l'essence, inféconde ; mais il en découle un concept positif de la liberté, qui est d'autant plus riche et plus fécond. Comme le concept d'une causalité implique en lui celui de lois, d'après lesquelles quelque autre chose que nous nommons effet doit être posé par quelque chose qui est la cause, la liberté, bien qu'elle ne soit pas une propriété de la volonté se conformant à des lois de la nature, n'est pas cependant pour cela en dehors de toute loi ; au contraire, elle doit être une causalité agissant selon des lois immuables, mais des lois d'une espèce particulière, car autrement une volonté libre serait un pur rien. La nécessité naturelle est, elle, une hétéronomie des causes efficientes ; car tout effet n'est alors possible que suivant cette loi, que quelque chose d'autre détermine la cause efficiente à la causalité. En quoi donc peut bien consister la liberté de la volonté, sinon dans une autonomie, c'est-à-dire dans la propriété qu'elle a d'être à elle-même sa loi. »   Comment penser la responsabilité dans son rapport à la liberté ? Les Fondements de la métaphysique des moeurs montrent que la liberté qui fonde la responsabilité de l'individu, et non d'une communauté, doit être pensée en terme d'autonomie de la volonté : celle-ci signifie l'aptitude de l'individu à se donner sa propre loi (autonomie vient de « nomos », c'est-à-dire « la loi » en grec).
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« peuple est responsable, c'est-à-dire, qu'il a à répondre devant ces lois ? Celles-ci ne sont-elles pas au contrairearbitraires et illégitimes, attendu qu'aucune « raison du peuple » ne vient les lui édicter ?Ce problème de la légitimité des lois, légitimité qui seule peut fonder la responsabilité, est celui auquel les théoriesdu contrat répondent : en effet, ce n'est, comme dans le cas de l'individu face à la loi morale kantienne, quelibrement qu'il peut se soumettre aux lois positives (c'est-à-dire, les lois du Droit).

Cette soumission libre doit êtrepensée sur le modèle d'un contrat (point sur lequel le parallèle avec Kant trouve sa limite).

Celui-ci est passé auregard des bénéfices plus grands que l'individu gagne en acceptant des règles qui régissent la vie de lacommunauté.

L'individu est donc responsable dès lors qu'il a passé ce contrat.On a montré que chaque individu (pris isolément) était responsable devant la loi commune à tous les membres dupeuple.

Cependant, le peuple lui-même est-il responsable ? Le sera-t-il par exemple s'il doit répondre des actes d'unindividu de sa communauté qui transgresserait la loi ? Sur ce point se nouent le droit et l'application du droit : lepeuple, en effet, est tenu de faire respecter les lois auxquelles il se soumet librement.

Il est donc responsable desmembres de sa communauté qui transgresseraient la loi.

C'est ce qui, dans un état, justifie par exemple le rôle d'unepolice.Le peuple est donc bien responsable.

Sa responsabilité peut être fondée sur l'idée de liberté pensée sur le modèleélargi de l'autonomie kantienne de la volonté.

III – Le peuple n'est-il responsable que de son « futur » ou bien doit-il assumer le poids de son passé ? La responsabilité que nous avons fondée s'appuie sur l'autonomie de la volonté.

Autant dire qu'elle est largementtournée vers le futur.

Si bien qu'il apparaît délicat d'affirmer que le peuple est responsable de toute son histoire.

Ilsemble bien plutôt qu'il ne puisse répondre que de son histoire à venir.C'est à ce point que doit intervenir l'idée de nation attachée au peuple : en effet, comme notre analyse préliminaireà tenté de le montrer, envisager un peuple comme nation revient à prendre en vue son ancrage dans l'histoire.

Danscette perspective, il est permis de considérer que les lois qui à un moment donné régissent le vivre ensemble d'unpeuple sont des produits de l'histoire de ce peuple envisagé comme nation, c'est-à-dire, comme communauté issued'une même origine culturelle et se dirigeant conformément à des valeurs communes.Affirmer que les lois qui circonscrivent les actes dont un peuple doit pouvoir répondre sont historiques, ce n'est riend'autre que dire que ce peuple en est l'héritier.

Aussi celui est-il responsable de son passé dans un sens différent decelui que nous avons mis au jour : il en est responsable dans la mesure où il en est le garant, le défenseur, leprotecteur.

C'est ainsi qu'on parlera d'un devoir de mémoire envers le passé et non d'une culpabilité par exemple.

Conclusion : Partant d'un parallèle avec la responsabilité de l'individu fondée sur une liberté pensée en termes d'autonomie de lavolonté, nous avons montré que le peuple était contractuellement responsable de ses actes.

Ce modèle vaut pourson présent et son avenir.

La responsabilité qui lui incombe à l'égard du passé est d'un ordre différent, puisqu'il nejouit pas d'autonomie quant aux actes qui ont déjà eu lieu : les lois que le peuple se donne librement aujourd'huisont le produit du passé.

Etre responsable du passé signifie alors prendre la mesure de l'historicité de ces lois.

Ils'agit d'une responsabilité plus forte dans le sens où elle constitue la condition de possibilité de la responsabilitéenvers le présent.

Le peuple est donc bien responsable de son histoire.. »

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