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Le propre de la nature humaine est-il d'assumer sa liberté et de prendre des risques ?

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 Liberté politique ou civile : définie comme le fait d?un homme vivant en société et plus particulièrement du citoyen jouissant de certains devoirs qui sont exigés de lui, la liberté politique prend son sens positif par opposition à toutes les formes de servitude ou d?oppression que des hommes font subir à d?autres hommes. -         Spinoza, Ethique, IV, pro. 73. -         Rousseau, Lettres écrites de la Montagne. -         Kant, Idée d?une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, 5e pro. -         Hegel, Principes de la philosophie du droit.    Risque = Danger possible. Eventualité d'un préjudice, d'un événement malheureux. Prendre des risques implique que le sujet porte la responsabilité  de tout ce qui peut arriver en tant qu?il s?expose véritablement.   ·        Angles d?analyse    Il est nécessaire de remarquer d?emblée que le sujet porte, non seulement sur la notion de liberté (et a fortiori sur sa définition) mais aussi et avant tout sur l?essence même de la nature humaine.

« liberté » et « prendre des risques » (coordonnés par « et »). Il faudra donc s'interroger sur lalégitimité de cette équivalence. On comprend en ce sens que ce qui est visé ici au fond c'est précisément la spécificitéhumaine au regard de la liberté. Il s'agira donc de voir si l'on peut faire de la liberté et de laprise de risques (encore pris indifféremment à ce niveau de la réflexion) non seulement unecaractéristique de la nature humaine, mais encore une caractéristique intrinsèque quin'appartient qu'à elle seule : l'on devra donc étudier le comportement animal par exemple. C'est donc bien ce qui fait la spécificité de l'homme qui est ici en question, et c'est a fortiori lalégitimité d'un sentiment humain de spécificité par rapport aux autres êtres vivants, qu'il s'agitde légitimer. Problématique Est-il légitime de définir l'essence même de la nature humaine dans ce qu'elle implique de spécificité par le seul fait d'assumer sa liberté et de prendre des risques ? Des telles caractéristiques sont-elles des conditions nonseulement nécessaires mais aussi suffisante pour saisir le caractère spécifique de la nature humaine ? Est-il justed'identifier assumer sa liberté et prendre des risques ? Une telle assimilation n'est-elle pas impropre pour saisirl'essence de notre objet, à savoir justement la nature humaine ?On comprend donc la double perspective du sujet : définir la liberté pour définir a fortiori la nature humaine. L'enjeuest donc double. Plan I- Assumer sa liberté et prendre des risques : une spécificité humaine · Il apparaît clair que le sentiment d'appartenance sinon à une autre espèce du moins à une autre nature que celle des autres êtres vivants est prégnant chez tous les hommes entant qu'ils se considèrent comme humains. Or, à bien y regarder, on s'aperçoit rapidementque ce sentiment de spécificité – au fondement même de toute notion de nature humaine –naît du fait que l'homme doit savoir assumer sa liberté et prendre des risques, quandl'animal n'est d'autre possibilité (puisqu'on ne peut pas parler de choix dans son cas) que desuivre son instinct. · Quand en effet l'animal est capable d'accomplir parfaitement l'unique tâche pour laquelle il est programmé, l'homme lui est capable d'accomplir une infinité de chose sans jamaisatteindre la perfection (en tant qu'elle reste un idéal). Pour le dire autrement, quandl'animal est dirigé par l'instinct, l'homme, quant à lui, est fondamentalement libre. Assumersa liberté c'est donc – parce que cela constitue un cran au-dessus de la simple possibilitéde liberté – l'actualisation proprement dite de la nature humaine, c'est-à-dire de laspécificité de l'homme au regard de tous les autres êtres vivants sur la terre. · On comprend en ce sens que le propre de la liberté humaine ne réside pas simplement d'en le fait de posséder la liberté en puissance (c'est-à-dire la capacité d'être libre), maisencore d'en actualiser la potentialité, ce qui se fait au travers notamment dans la prise derisque comme moteur de progrès. Jamais l'animal ne s'aventurera dans un domaine qui n'estpas le sien, jamais il ne sera capable de survivre dans un milieu qui lui est hostile. Al'inverse, l'homme dépasse, par cette liberté assumée voire revendiquée dans la prise derisques, la nécessité naturelle et s'en affranchit. · On comprend alors que c'est le fait d'assumer sa liberté – plus encore que la liberté elle- même – qui constitue le propre de la nature humaine car c'est par là que l'homme actualise,accomplie de manière effective la spécificité de l'homme en tant qu'homme. · Ainsi, si le mot liberté peut sembler une formule creuse, un simple slogan, un cri de ralliement (les hommes ont pu commettre les pires crimes au nom de la « liberté »), cetteabstraction nous semble pourtant tangible aussitôt qu'elle est menacée : renoncer à notreliberté, ce serait renoncer à notre condition d'homme a affirmé, en ce sens, Rousseau. · Mais s'il peut y avoir une ivresse à se sentir libre et à l'assumer dans le risque pour faire l'épreuve vivante de son humanité, la liberté est aussi source d'angoisse et peut ainsidevenir un fardeau. II- L'existentialisme, quand l'essence précède l'essence : assumer sa liberté absolue c'est signifier l'absence de nature humaine préexistante · Faisons donc un pas supplémentaire en analysant l'analyse existentialiste, et notamment sartrienne, de la liberté humaine. Il y a ainsi des actes qu'on ne peut commettre qu'entenant un discours de l'absence de liberté, qu'en alléguant le fait qu'on état pas libre. C'estprécisément ce que Sartre appelle la mauvaise foi (le fait de ne pas assumer ses propreschoix justement). On allègue alors la force de la passion (« c'était plus fort que moi »), ledéterminisme psychologique ou sociologique (je ne pouvais devenir que ce que je suis) oula contrainte extérieure (« je n'ai fait qu'obéir aux ordres »). L'homme se considère et secomporte comme un être non libre. · C'est peut-être que, quoi que nous disions, la liberté nous pèse. Mais précisément, la »

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