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Le Sens de la morale

Publié le 22/02/2012

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morale
1 : a) La relation à autrui est essentielle : être, pour un homme, c'est être reconnu. Car ce qui rend notre vie humaine, c'est d'en voir reconnue la valeur, ce qui suppose le jugement d'autrui. Il est donc tout autant essentiel que les relations humaines soient à ce point satisfaisantes qu'elles rendent possible de voir notre valeur reconnue, de reconnaître la valeur des autres. Comment pourrais-je apprécier la valeur d'un homme, comment serais-je capable de le respecter, si nos relations sont d'exploitation, ou purement fonctionnelles ?
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« 2 : a) Car, en toute rigueur, la morale n'existe que par moi.

Cela signifie que c'est moi-même qui me juge, et nonune autorité extérieure, que cela soit celle de dieu (dans la religion) ou de la société (dans le droit).

Car il s'agitdésormais d'examiner les motivations profondes de mes actes, et non plus d'en rester à à leur manifestation externe.La morale scrute le for intérieur de la conscience, s'adresse au plus intime de nos motivations.

À la limitel'interrogation morale porte moins sur ce qu'on fait que sur ses réelles motivations : pourquoi ais-je agi ainsi ? dansquel but j'entreprends tel projet ? La morale ne s'oriente donc pas sur l'observation des faits, des actes commis parles hommes, mais sur la volonté qui les anime, sur les valeurs qui les inspire. b) Cela dit, si la morale consiste bien en l'examen de conscience que chacun doit faire à propos de ses motivations,elle ne se confond pas avec l'introspection psychologique.

Car celle-ci cherche à comprendre, non à juger.

Parexemple, un psychologue (psychanalyste s'il recherche les désirs inconscients) sonde les causes internes de notrecomportement pour en élucider le sens et non pour les condamner (s'il les juge mauvais) ou nous en féliciter (s'il lesjuge bons).

L'examen de conscience psychologique s'en tient à ce qui est, se demandant : qu'est-ce qui motive leshommes, quels sont les désirs qui les poussent à faire ce qu'ils font ? Il ne s'agit donc pas d'un examen normatif.

Carune norme n'indique pas ce qui est mais prescrit ce qui doit être.La conscience normative est celle qui passe du plan de l'être (de la réalité) à celui du devoir être (de l'idéal).

Il nes'agit plus alors de comprendre ce qu'on a fait, sans se demander si c'est bien ou mal, mais de se demander s'il étaitconvenable d'avoir agi ainsi, d'avoir eu de telles motivations pour agir.

Or c'est précisément cela qui intéresse lamorale.

Elle sonde la conscience humaine, et n'en reste donc pas à l'étude des comportements extérieurs, mais sonanalyse refuse d'en rester à l'examen psychologique puisqu'il s'agit pour elle de nous juger.

Ou plutôt, il s'agit pourchacun de se juger à la lumière de ces normes du bien et du mal.

Car, à nouveau, c'est à chacun de s'interroger sursa propre intériorité, mais d'un point de vue normatif, et non pas psychologique.Les deux points de vue s'opposent à ce point que chacun estimera que l'autre est un obstacle à son propreexercice.Un psychologue estimera qu'il ne sert à rien de se culpabiliser pour comprendre ce qui nous anime : d'abord parceque (et dans bien des cas c'est loin d'être faux) les désirs que nous nous reprochons, au point d'en faire unemaladie, n'ont rien de honteux mais s‘inscrivent dans les limites normales de la réalité humaine ; ensuiteparce que la culpabilisation nous empêche de nous comprendre : ayant une telle mauvaise conscience de nos désirs,nous les refoulons au point que, devenant inconscients, ils nous échappent.

La morale est donc mauvaise conseillèrepsychologique…Mais cela vaut en sens inverse : le jugement moral se défie d'une trop grande intrusion de la compréhensionpsychologique.

Elle lui semble hostile au sens de la responsabilité, à l'exigence de liberté, sur lesquels repose laconscience morale.

Celle-ci, aspirant à ce qui doit être, s'efforçant de préférer l'idéal au réel, impose aux hommesdes leçons de volonté : ils leur faut s'imposer des devoirs pour ne pas en rester à ce qu'il sont mais pour progressermoralement.

Qu'on se reporte à la tendance qui consiste à évoquer les traumatismes infantiles subis par undélinquant pour minimiser sa responsabilité, et donc ne pas subir de condamnation.

Bien sûr, le fait d'apprendre àquel point le violeur d'un enfant a lui-même été la victime, autrefois, de tels sévices, permet de comprendre ce qui apu le pousser à un tel comportement.

Du coup, il n'apparaît plus, à juste titre, comme un monstre à ce pointinhumain que ses actes n'auraient aucun sens.

On peut donc situer le parcours de sa vie dans une chronologie où lepassé donne le sens du présent, parce que sa délinquance présente renvoie à des causes anciennes.

Lacompréhension psychologique donne donc un sens à ce qui , en raison de son inhumanité, semblait n'en avoir aucun.Mais le point de vue moral, précisément, objecte que la révélation de ce sens non seulement ne justifie en rien cequi a été fait, mais ne doit pas en diminuer la responsabilité.

Pour le moraliste, le sujet humain n'est jamais prisonnierde son histoire, qui ne fait que le rattacher à ce qu'il est, ou plutôt à ce qu'il a été, sans l'empêcher de vaincre sespulsions.

Ce qui donne un sens à ce qu'on est devenu ne doit donc pas, pour la morale, devenir l'alibi qui nousdédouanerait d'assumer notre responsabilité, car celle-ci se joue sur le plan du devoir, du devoir être.

La croyancefondamentale de la morale, son présupposé anthropologique, consiste donc à prétendre que l'homme peut et doit selibérer de ce qu'il est devenu, des pulsions dont on peut toujours trouver le sens dans son passé.

Pour la morale,être libre, c'est se libérer de ce qu'on est pour vouloir se transformer en devenant ce qu'on doit être.Ce qui précède ne cherche pas, en confrontant les points de vue de la psychologie et de la morale, à prétendre quel'une devrait forcément l'emporter sur l'autre, mais à mettre en lumière la divergence de leurs approches de l'homme,et donc leur incompatibilité.

Soit on choisit de comprendre, mais alors il devient difficile de juger, soit on sépare à cepoint les niveaux de l'être et du devoir être que la responsabilité humaine ne commence que lorsque l'on s'affranchitde nos mobiles. c) Car il faut nette ment distinguer trois sources de motivation : les mobiles, les motifs, et les raisons d'agir.L'action est rarement indéterminée, à supposer qu'elle le soit jamais.

S'il y avait de l'indétermination dans nos actes,cela voudrait dire qu'ils se présentent comme des actes gratuits, survenant sans qu'aucune motivation ne les aitdéclenchés.

En fait, tout ce que l'on fait obéit, consciemment ou inconsciemment à des causes qui nous ont incitésà agir, et à agir d'une certaine manière, faisant donc vraisemblablement de l'acte gratuit une pure fiction.Mais si nous agissons d'une manière déterminée, cela peut venir de sources bien distinctes, reflétant soit nosimpulsions, soit nos décisions volontaires.Dans le premier cas, on parlera de mobiles.

Avoir un mobile, c'est ne pas agir sans raison, par hasard.

Mais il nes'agit, dans le mobile, que d'une tendance affective, d'une pulsion.

Que nous la contrôlions ou non, sa source nevient pas de notre volonté.

Par exemple, si j'ai envie de manger un gâteau, cela vient du mobile de ma faim, voire dema gourmandise.

Je ne crée pas volontairement en moi ces envies, même si je peux me forcer à les contrôler.Si par contre je choisis en conscience de m'investir dans une cause humanitaire pour venir en aide aux populations. »

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