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Le temps est-il essentiellement destructeur ?

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ESSENCE : Ce qui fait qu'une chose est ce qu'elle est, sa nature. L'essence est pensée comme éternelle ou au contraire comme en devenir. Du latin esse, « être ». L'essence d'une chose, c'est sa nature, ce qui définit son être. Une qualité essentielle s'oppose alors à une qualité accidentelle, c'est-à-dire non constitutive de l'être de la chose. TEMPS: Milieu indéfini et homogène, analogue à l'espace, dans lequel se déroulent les événements. Temps objectif: Mouvement continu et irréversible (« flèche du temps ») par lequel le présent rejoint le passé. Temps subjectif: Sentiment intérieur de la temporalité, telle qu'elle est vécue par le sujet (synonyme : durée).

« Ainsi, l'homme est conscience, et sa conscience donne une épaisseur de durée, du temps présent. Bergson identifiemême la conscience au temps lui-même : le temps est durée, la conscience est « mémoire et anticipation » : ellerelie le passé à l'avenir, maintenant une tension entre les instants qui se succèdent, véritable « pont jeté entre lepassé et l'avenir ». Cela rend possible le fameux fil du temps! ou la fameuse ligne du temps, flèche lancée entre lepassé et l'avenir et traçant un parcours continu. Le temps maintiendrait donc en vie et simultanément les différentsinstants, rendant possible le «je» qui signale que, même si le temps passe, je suis toujours bien moi-même : je nedisparais pas à chaque instant qui passe. « Conscience signifie d'abord mémoire. Une conscience qui neconserverait rien de son passé, qui s'oublierait sans cesse elle-même,périrait et renaîtrait à chaque instant: comment définir autrementl'inconscience ? Toute conscience est donc mémoire - conservation etaccumulation du passé dans le présent.Mais toute conscience est anticipation de l'avenir. Considérez la directionde votre esprit à n'importe quel moment: vous trouverez qu'il s'occupe dece qui est, mais en vue surtout de ce qui va être. L'avenir est là, il nousappelle, ou plutôt il nous tire à lui; cette traction ininterrompue, qui nousfait avancer sur la route du temps, est cause aussi que nous agissonscontinuellement. Toute action est empiètement sur l'avenir.Disons donc, si vous voulez, que la conscience est un trait d'union entrece qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l'avenir. Mais àquoi sert ce pont, et qu'est-ce que la conscience est appelée à faire ?Si la conscience retient le passé et anticipe l'avenir, c'est précisément,sans doute, parce qu'elle est appelée à effectuer un choix. Qu'arrive-t-ilquand une de nos actions cesse d'être spontanée, pour devenirautomatique ? La conscience s'en retire. Quels sont, d'autre part, lesmoments où notre conscience atteint le plus de vivacité ? Ne sont-ce pasles moments de crise intérieure, où nous hésitons entre deux ou plusieurspartis à prendre, où nous sentons que notre avenir sera ce que nous l'aurons fait ? Si conscience signifie mémoire et anticipation, c'est que conscience est synonyme de choix.» Bergson. L'expression «j'ai changé» est paradoxale : là où j'affirme le mouvement, le changement, le devenir, le «je» demeure,un, identique et permanent. Qu'est donc la conscience, pour ainsi maintenir son unité et sa permanence dans le fluxtemporel? Comment penser le rapport de la conscience et du temps?Il faut, selon Bergson, recourir à l'intuition, à la coïncidence avec sa propre vie intérieure pour comprendre que laconscience est durée, que l'unité de la conscience est immanente à la mélodie continue de son élan spirituel. Maisdire que la conscience est durée vécue, synthèse dynamique du passé et de l'avenir, dire qu'en nous le savoir est liéà la mémoire et à l'anticipation, n'est-ce pas faire d'elle une puissance de choix, une liberté, une création continue?En un premier mouvement, Bergson montre que la conscience est mémoire. C'est même parce qu'elle est mémoirequ'elle est un perpétuel progrès, établit-il en un second mouvement. Ainsi spécifiée comme mémoire et commeanticipation, la conscience ne vit que des présents en mouvement où passé, présent et avenir s'interpénètrent enune mélodie continue, conclut-il en mouvement trois. [1) La conscience est mémoire. Il n'y a conscience que là où il y a mémoire.] Il est d'abord question de méthode. À la question «qu'est-ce que la conscience ?» une philosophie du conceptrépondrait par une définition en termes abstraits, déterminant de manière intellectuelle l'essence de la conscience.Mais Bergson, philosophe de l'intuition, s'y refuse. « Définir une chose aussi concrète» que la conscience par desabstractions serait rendre obscur ce qui pourtant se donne à saisir clairement, dans l'expérience la plus quotidienneet la plus intime. En effet, le concept et le mot, liés à l'intelligence analytique, rateraient la concrétude vivante denotre conscience, dont la réalité est à sentir et à vivre, et non à concevoir. Pour savoir ce qu'est une conscience, ilfaut pénétrer en elle, coïncider avec elle, être elle. Pour chacun de nous, sa propre conscience est même la seuleréalité dont il puisse avoir une connaissance directe, immédiate, une connaissance qui soit une absolue coïncidenceavec son objet, et non un point de vue extérieur et relatif : «il y a une réalité au moins que nous saisissons tous dudedans, par intuition et non par simple analyse : c'est notre propre conscience dans son écoulement et sa durée ».Que nous apprend, d'abord, cet effort pour coïncider avec notre propre conscience? Ce qui nous apparaît d'abord,c'est l'indissociabilité du présent et du passé au sein de notre courant de conscience.Si «conscience signifie d'abord mémoire», c'est qu'on ne peut trouver une ligne de démarcation entre le passé et leprésent, donc entre la mémoire et la conscience. Tout présent conscient suppose une rétention du passé, que cesoit sur le mode du souvenir spirituel ou sur le mode d'un mécanisme sensori-moteur issu de l'habitude. Par exemple,lorsque j'articule un mot, je ne suis conscient du sens de ce mot que si je me souviens des premières syllabes,lorsque j'articule la dernière. Il en va de même pour une phrase écoutée ou prononcée : je ne suis conscient de sonsens que par le souvenir spirituel des premiers mots. Il en irait de même du paragraphe, de [oeuvre entière. Mais lamémoire «peut n'embrasser qu'une faible partie du passé », comme c'est le cas dans tout présent sensori-moteur,au coeur de l'action mécanique : si mon degré de conscience est faible, en cet automatisme efficace, il n'en restepas moins que cette conscience suppose mémoire. En effet, percevoir c'est se souvenir, car la moindre sensation »

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