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L'échange est-il possible sans la monnaie ?

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Toutefois, il est indispensable, auparavant de les rendre égaux. Aussi faut-il que toutes choses soient en quelque façon comparables, quand on veut les échanger. C'est pourquoi on a recours à la monnaie, qui est, pour ainsi dire, un intermédiaire. Elle mesure tout, la valeur supérieure d'un objet et la valeur inférieure d'un autre, par exemple combien il faut de chaussures pour équivaloir à une maison ou à l'alimentation d'une personne, faute de quoi, il n'y aura ni échange ni communauté de rapports. Ce rapport ne serait pas réalisé s'il n'existait un moyen d'établir l'égalité entre des choses dissemblables. Il est donc nécessaire de se référer pour tout à une mesure commune, comme nous l'avons dit plus haut. Et ce besoin, c'est exactement le besoin que nous avons les uns des autres, lequel sauvegarde la vie sociale; car sans besoins, et sans besoins semblables, il n'y aurait pas d'échanges, ou les échanges seraient différents. La monnaie est devenue, en raison d'une convention, pour ainsi dire, un moyen d'échange pour ce qui nous fait défaut. C'est pourquoi on lui a donné le nom de « nomisma « parce qu'elle est d'institution, non pas naturelle, mais légale, et il n'est pas en notre pouvoir soit de la changer, soit de décréter qu'elle ne servira plus. En conséquence, ces échanges réciproques auront lieu, quand on aura rendu les objets égaux.

L'échange monétaire, qui est l'échange proprement dit. est lui aussi un phénomène social et ne dérive pas du troc. La monnaie, en effet, n'est pas une marchandise : elle est constituée, à l'origine, d'objets qui ont valeur de symboles, qui sont des ornements sans utilité pratique (coquillages, perles, bracelets, etc. ). L'or lui-même «ne sert à rien que de pouvoir obtenir de quoi servir à tout«, selon l'expression de Simiand, c'est-à-dire que sa valeur repose sur «une croyance et une foi sociale«. En ce sens, toute monnaie est fiduciaire, c'est-à-dire qu'elle repose sur la confiance, qui est un phénomène social.

« division du travail. L'ouvrier a besoin du paysan pour survivre, le paysan de l'ouvrier pour cultiver saterre. Mais on peut se demander s'il y a des métiers plus essentiels que d'autres, par exemple sansagriculteurs la société ne peut pas vivre, sans marketing on peut en douter. Néanmoins, on peut douterd'une telle solidarité, car la visée du travailleur peut être de gagner beaucoup d'argent, d'accumuler dela monnaie, du capital convertible en monnaie comme des biens immobiliers ou des actions financièresde sorte que la conséquence de la division du travail est une société individualiste où la rivalité se posecomme le plus important. On peut tout à fait défendre l'idée que cette rivalité augmente la production,même si pour cela il faut des règles, mais outre que l'on peut soutenir l'idée inverse, et que se pose leproblème de la répartition, il est clair qu'une société de rivalité ne parvient à assurer une solidaritéqu'inconsciemment. On ne remercie pas l'agriculteur qui a cultivé le blé de notre pain, on considère quele pain nous est de droit, alors que si l'agriculteur ne faisait pas son travail on pourrait toujours fairevaloir ce droit, on ne mangerait pas à sa faim pour autant. 2.Il n'y a pas de société réelle sans lois, la monnaie n'est pas suffisante . a) Sans règles morales, la rivalité égoïste qui est le ressort du capitalisme et du libéralisme économique risque d'aboutir à une non société puisque, ce faisant, on nevoit pas ce qui distingue la rivalité individuelle d'un état sans société, car pourquoi ne pas utiliser desmoyens comme le vol, par exemple, si la fin de la vie n'est que de s'enrichir ? Pour que l'homme ensociété proscrive le vol comme moyen de réussite il faut d'une manière ou d'une autre qu'il ait desvaleurs qu'il partage avec la majorité. Si, en effet, un seul homme ne vole pas quand tout le mondevole, c'est qu'il respecte une valeur qui le fera immanquablement mourir. Et on ne voit pas commentseul il a pu avoir cette idée de ne pas voler si voler est une norme. Pour que la monnaie s'imposecomme règle d'échange, elle doit s'appuyer sur des lois. b) De plus, si la société peut exister par le concours des lois et de la monnaie, lois étant entendues ici comme règles de l'échange, tous les rapports sociaux ne sont pasréductibles à un échange marchand, toute communication ne vise pas l'intérêt économique, même si,dans une société où l'économie devient prépondérante tout ce qui pouvait être spontané dans la sociétédevient payant. Un exemple éclairant est celui de l'eau. L'eau n'appartient plus à tout le monde dès lorsqu'elle est payante, même si elle devrait l'être (même s'il s'agit d'une entreprise publique). Mêmel'amitié et surtout le manque d'amis peut devenir un fond de commerce comme le démontre desentreprises de rencontres. Le risque, c'est de dénaturer tous les rapports sociaux et d'en faire desrapports d'argent. Conclusion : Une véritable société a donc besoin de règles que celles-ci soient sous la forme decoutumes, d'habitudes ou de lois civiles écrites et clairement énoncées. La monnaie n'est pas le vrai liende la société, elle risque au contraire de la dissoudre. "Il ne peut exister de communauté de rapport entre deux médecins; en revanche, la chose estpossible entre un médecin et un laboureur, et, d'une façon générale, entre gens différents et desituation dissemblable. Toutefois, il est indispensable, auparavant de les rendre égaux.Aussi faut-il que toutes choses soient en quelque façon comparables, quand on veut les échanger.C'est pourquoi on a recours à la monnaie, qui est, pour ainsi dire, un intermédiaire. Elle mesure tout, lavaleur supérieure d'un objet et la valeur inférieure d'un autre, par exemple combien il faut dechaussures pour équivaloir à une maison ou à l'alimentation d'une personne, faute de quoi, il n'y aurani échange ni communauté de rapports. Ce rapport ne serait pas réalisé s'il n'existait un moyend'établir l'égalité entre des choses dissemblables. 11 est donc nécessaire de se référer pour tout à unemesure commune, comme nous l'avons dit plus haut.Et ce besoin, c'est exactement le besoin que nous avons les uns des autres, lequel sauvegarde la viesociale; car sans besoins, et sans besoins semblables, il n'y aurait pas d'échanges, ou les échangesseraient différents. La monnaie est devenue, en raison d'une convention, pour ainsi dire, un moyend'échange pour ce qui nous fait défaut. C'est pourquoi on lui a donné le nom de « nomisma » parcequ'elle est d'institution, non pas naturelle, mais légale, et il n'est pas en notre pouvoir soit de lachanger, soit de décréter qu'elle ne servira plus. En conséquence, ces échanges réciproques aurontlieu, quand on aura rendu les objets égaux." ARISTOTE. Ce texte possède une grande portée dans la mesure où il met en évidence le rôle central de lamonnaie non seulement dans les échanges économiques, mais en outre pour l'existence même de lasociété.La structure du texte est, à cet égard, significative. Aristote part d'un constat : on n'a besoin que de ce que l'on ne possède pas. Lesbesoins des hommes sont donc très différents les uns des autres. C'est pour cette raison qu'il est impossible de les satisfaire sansl'invention d'une mesure commune. Et la monnaie vient remplir cet office, comme le montre Aristote dans un deuxième temps. Notez, desurcroît, qu'il récuse l'idée d'une abolition de la monnaie : la monnaie est une mesure conventionnelle, mais absolument nécessaire. Elleest un médium entre tous les hommes et garantit ainsi la cohésion du groupe où elle est instituée.II s'oppose ainsi à Platon comme à Marx pour lesquels la monnaie est précisément ce qui fait obstacle à l'unité entre les hommes. Pourle premier, dans la République, la monnaie est l'objet d'un désir sans fin qui fait passer les intérêts privés au premier plan. Ellebouleverse ainsi l'ordre et la justice de la cité. Pour le second, dans ses Manuscrits de 1844, elle est, sous la forme du capital, la conditiond'un développement économique qui prive le travailleur d'une partie du fruit de ses efforts. Elle est donc à la source du conflit entreclasses qui scinde la société des hommes, loin de l'unifier. »

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