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L'enfant et l'artiste

Publié le 25/03/2015

Extrait du document

Dégagez l'intérêt philosophique de ce texte en procédant à son étude ordonnée.

Quand l'enfant s'amuse à reconstituer une image en assemblant les pièces d'un jeu de patience, il y réussit de plus en plus vite à mesure qu'il s'exerce davantage. La reconstitution était d'ailleurs instantanée, l'enfant la trouvait toute faite, quand il ouvrait la boîte au sortir du magasin. L'opération n'exige donc pas un temps déterminé, et même, théoriquement, elle n'exige aucun temps. C'est que le résultat en est donné. C'est que l'image est créée déjà et que, pour l'obtenir, il suffit d'un travail de recomposition et de réarrangement — travail qu'on peut supposer allant de plus en plus vite, et même infiniment vite au point d'être instantané. Mais, pour l'artiste qui crée une image en la tirant du fond de son âme, le temps n'est plus un accessoire. Ce n'est pas un intervalle qu'on puisse allonger ou raccourcir sans en modifier le contenu. La durée de son travail fait partie intégrante de son travail. La contracter ou la dilater serait modifier à la fois l'évolution psycho­logique qui la remplit et l'invention qui en est le terme. Le temps d'in­vention ne fait qu'un ici avec l'invention même. C'est le progrès d'une pensée qui change au fur et à mesure qu'elle prend corps. Enfin c'est un processus vital, quelque chose comme la maturation d'une idée. Le peintre est devant sa toile, les couleurs sont sur la palette, le modèle pose ; nous voyons tout cela, et nous connaissons aussi la manière du peintre : prévoyons-nous ce qui apparaîtra sur la toile ? Nous pos­sédons les éléments du problème ; nous savons, d'une connaissance abstraite, comment il sera résolu, car le portrait ressemblera sûrement au modèle et sûrement aussi à l'artiste ; mais la solution concrète apporte avec elle cet imprévisible rien qui est le tout de l'oeuvre d'art. Et c'est ce rien qui prend du temps.

 

BERGSON

Cette opposition est renforcée par l'évocation de la durée propre à la créa­tion artistique. Bergson reprend l'idée du rythme technique en parlant d'un « intervalle « : le temps de la production technique n'est qu'un intervalle qui peut diminuer, une pure cadence ; la durée créatrice est un élan indivisible qui traverse la matière. Ce qui se passe à travers cet élan, c'est une « évolu­tion psychologique « ou encore «la maturation d'une idée «. Ces expressions nous rappellent que le geste créateur de l'artiste n'est pas la simple réalisa­tion de ce qu'il aurait conçu à l'avance : l'art se réduirait alors à la technique. Le peintre pense en peignant, par le geste.

Ce texte est difficile par sa longueur et par son style, qui pré­sente les idées avec un tel naturel qu'il devient difficile d'échap­per à la paraphrase, c'est-à-dire à la pure et simple répétition de ce qui est dit. Il est donc particulièrement important de bien discerner son fil conducteur et les aspects qui se prêteront à un véritable commentaire.

« +++~+++++++++t+++++++++++ DEGAGER LA PROBLEMATIQUE Ce texte est difficile par sa longueur et par son style, qui pré­ sente /es idées avec un te/ naturel qu'il devient difficile d'échap­ per à la paraphrase, c'est-à-dire à la pure et simple répétition de ce qui est dit.

Il est donc particulièrement important de bien discerner son ri conducteur et /es aspects qui se prêteront à un véritable commentaire.

La question ici concerne /e temps, ou plus précisément la durée, comme dimension fondamentale de la création artistique.

On pourrait dire que Bergson se demande dans quelle mesure la durée fait la spécircité de l'art par rapport aux autres produc­ tions du talent humain.

++++~++++++++++++++++++++ REPERER LE MOUVEMENT DU TEXTE Trois moments apparaissent dans ce texte.

1 • Bergson commence par analyser le rapport au temps de l'ac­ tivité technique, qui ne relève que de /'habileté ; il aborde ce domaine à travers /'exemple de l'enfant et du jeu de patience.

2.

À ce symbole de la production technique qui n'est pas une création, il oppose l'œuvre de l'artiste et explique ce qui la dis­ tingue : la durée créatrice.

3.

Enrn il propose de vérirer expérimentalement cette théorie en nous représentant un artiste au travail : son œuvre est fon­ damentalement imprévisible.

EXPLICITER LES TERMES -«L'opération n'exige donc pas un temps déterminé, et même, théoriquement, elle n'exige aucun temps»: cette formule est la clef du premier moment car elle exprime l'indépendance de l'activité ludique ou technique par rapport au temps, sous deux aspects :la différence de degré (un temps de plus en plus court) et la différence de nature (aucun temps).

La première différence reprend l'idée de progrès dans l'habileté : si l'on étend cette idée à la technique en général, on trouve /e remplacement de l'outil. »

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