Devoir de Philosophie

Les apparences sont-elles toujours trompeuses ?

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  • DEFINITION DES TERMES

Toujours : c'est le mot le plus important du sujet car il vous indique le sens précis de la question posée. Non pas : l'apparence est-elle trompeuse ? mais : l'apparence est-elle trompeuse dans tous les cas ? «Toujours « veut dire dans tous les cas, nécessairement, sans exception possible. Les apparences : il s'agit de ce qui est visible, de ce qui se montre de manière manifeste à nos yeux. On parle ici de l'aspect extérieur des choses telles qu'on les voit, et pas forcément telles qu'elles sont. Les mirages, l'expression d'un visage, la proximité du soleil par rapport à nous, le bâton partiellement immergé qui nous apparaît cassé en deux sont autant de manifestations de l'apparence. Trompeuses : qui induit en erreur. Est trompeur celui qui nous ment, celui qui dissimule ou qui travestit la réalité dans le but de nous abuser. Mais rapporté à l'apparence, que peut bien signifier ici l'adjectif «trompeur«? L'apparence, sans doute, est « trompeuse « dès lors qu'elle nous montre des phénomènes qui n'existent pas (exemple des mirages) ou un aspect partiel et tronqué de la réalité (une belle façade dissimulant un bâtiment délabré, par exemple).

  • PROBLEMATIQUE:

On rapproche souvent l'apparence de la tromperie : l'apparence s'oppose à l'intérieur, au vrai. L'apparaître cache l'être. Le sujet invite à découvrir une autre fonction de l'apparence. La simple analyse du concept montre en effet que l'apparence n'est pas seulement ce qui cache l'être. Elle se rapproche aussi de l'apparition, de la révélation, de la manifestation : l'apparaître révèle l'être. Le but du devoir n'est pas de choisir entre ces deux aspects, mais de montrer en quoi Ils sont inséparables l'un de l'autre. Pour cela, nous devons partir du point de départ proposé par le sujet : l'idée que l'apparence est trompeuse. Nous devons nous interroger sur ce qui rend cette affirmation légitime. Tout le devoir est orienté par cette unique question : qu'est-ce qui fonde l'affirmation qu'il y a des apparences trompeuses? Ici il est facile de remarquer qu'on ne peut dire que l'apparence trompe, sans avoir une idée de l'être véritable des choses. Dès lors il faut s'interroger sur le type d'accès à la réalité qui nous autorise à dénoncer l'apparence.

« Introduction L'apparence est désignée comme l'aspect extérieur d'une chose, la façon dont elle se manifeste à nous. La distinction entre apparenceet réalité suppose que l'homme soit parvenu à la science et ait déterminé le statut de ce qui appartient aux impressions : il y a ce quel'ont perçoit et ce qui est ; or ce qui est d'abord dans le sens ou dans les idées : je ne conclus à la réalité de quelque chose que parceque j'en ai d'abord eu l'impression. Il y a ici un problème : si la réalité est en premier lieu donnée par la perception, comment peut-ondistinguer réalité et apparence et comment passer de l'un à l'autre ? Et si la réalité était en faite une apparence persistance etcohérente… Les apparences peuvent elles tromper comme elles peuvent manifester ce qui est, semble t-il ? Est-ce l'apparence qui noustrompe et les apparences sont-elles toujours trompeuses ? La référence à l'apparence est bien souvent péjorative, aussi bien dans l'usage ordinaire que dans l'emploi philosophique du terme. Lesapparences ne donneraient à voir des choses ou des êtres qu'une sorte de surface peu conforme à ce qu'ils sont au fond, ou en «réalité ». Le caractère facilement trompeur de l'apparence nous éloigne de la vérité (ex : illusions d'optique). On peut de plus faire appel à Platon : Il imagine des prisonniers enchainés au fond d'une caverne sombre ; cette caverne symbolise lemonde sensible, celui dans lequel nous vivons ; les prisonniers, c'est nous. Platon " montre " que les sons répercutés par les murs dela caverne seraient pris pour les voix des ombres. Ces prisonniers prennent donc pour le réel ce qui n'est que le reflet d'une image. Ilssont dans l'illusion totale. C'est pourquoi le monde sensible est appelé " le monde des apparences " : c'est le domaine de l'illusion.Nous croyons connaître, veut nous dire Platon, le monde tel qu'il est vraiment, mais en fait, nous n'avons accès qu'à son apparence.On peut donc conclure de cette allégorie que d'après certains le savoir véritable disqualifie la perception (et donc il discrédite le pouvoirde l'apparence dans la quête de vérité) ; il évoque aussi le fait que le monde « sensible » dans lequel nous vivons est ainsi peuplé decopies infidèles aux véritables réalités : les idées, le monde « intelligible ».A son tour Descartes affirmera que pour parvenir à la vérité et pour atteindre l'essence des choses, il convient de se fier à sa raison,seule capable de connaitre ce qui constitue la vraie nature des choses.Enfin, on peut se demander si la perception elle même peut être erronée, en effet admettons par exemple que l'on plonge la main dansun bain d'eau tiède, si auparavant on a plongé cette dernière dans un récipient gelé alors le liquide tiède nous paraitra chaud etinversement : il n'y a pas d'exactitude possible dans l'appréciation. La perception n'est ni vraie ni fausse elle est ce qu'elle ait et nevaut rien en matière de vérité.Il y a donc bel et bien une illusion des apparences : on confond les images avec les choses qu'elles représentent ; et on confond lessensations avec ce que l'on croit percevoir. Néanmoins cette première partie peut apparaître comme erronée dans la mesure où nous ne corrigeons les sens qu'au moyen dessens eux même : autrement dit ce ne sont pas vraiment les apparences livrées par les sens qui sont trompeuses mais plutôt le créditque nous accordons à ces apparences, c'est-à-dire l'interprétation de la réalité que nous faisons en donnant un sens mauvais à ce quenous sentons.(On peut ici encore citer le mythe de la caverne, des objets, les captifs ne voient que l'ombre projetée par le feu sur le fond de lacaverne. De même, ils n'entendent que les échos des paroles qu'échangent les porteurs. Habitués depuis leur naissance à contemplerces vaines images, à écouter ces sons confus dont ils ignorent l'origine, ils vivent dans un monde de fantômes qu'ils prennent pour desréalités.)Les prisonniers se ne méprennent donc non pas des apparences mais ils échouent dans l'interprétation qu'ils en font.La question n'est donc plus de savoir jusqu'à quel point il faut se méfier des apparences : trompeuses ou non, l'expérience que nous enavons constitue de fait notre première voie d'accès à ce que sont les choses. D'après certains philosophes, c'est parce que touteconscience vise le monde tel qui lui apparait que l'expérience est possible et pet conduire le sujet à la connaissance des structureconstitutives du monde objectif.On peut maintenant se demander si les apparences ne peuvent tout de même pas nous permette d'accéder à une certaine forme devérité. On peut en effet penser que l'apparence fait aussi partie d'une vérité, on ne peut continuellement sacrifier les apparences pourne garder que la nature de la chose.En effet l'apparence est aussi une des manifestations de la réalité, Le seul moyen dont je dispose pour me faire une idée de ce quim'entoure, c'est de regarder, d'écouter, de sentir (avec la main), de humer (avec le nez) et de goûter (avec la bouche). Bien sûr, cefaisant, je peux me tromper mais il m'arrive d'en tirer des conclusions que la raison et que la démonstration soutienne.Ma raison ne m'apprend rien sur les choses: elle ne me renseigne sur la validité de l'information que je crois détenir grâce auxmessages sensoriels.L'apparence est donc bel et bien un moyen de parvenir à la vérité ; une vérité certes bien différente de celle apporté par leraisonnement et les idées mais une vérité tout de même indéniable. Conclusion L'apparence ne reflète ni ne trahit aucun vrai, aucune essence; elle ne renvoie à rien d'autre qu'à elle-même. Ce qui, loin d'exclure duréel, en rapproche au contraire de manière décisive. En rendant sa valeur à l'apparence, le scepticisme ne nous livre pas audénuement face aux choses. Il nous donne au contraire accès à celles-ci à l'écart des jugements affirmatifs ou négatifs qui nousforcent si souvent à distinguer, là où l'apparence ne distingue pas, à nier ce que l'apparence exhibe, à prétendre ce que l'apparencetait. La vérité se trouve alors avant le prédicat, là où l'apparence se donne à nous. »

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