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Les faits sont-ils la source de la connaissance objective ? La connaissance scientifique doit-elle ne s'en tenir qu'aux faits ?

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scientifique

N.B.

On peut si l'on en est correctement informé, introduire en deuxième partie des considérations sur la difficulté qu'il y a de surcroît à « s'en tenir aux faits » (tant pour leur sélection que pour leur interprétation) en fonction des conditions idéologiques dans lesquelles s'effectue nécessairement la recherche scientifique (cf. sujet 4, troisième partie).

— Lectures

Heinsenberg, L'idée de Nature dans la physique contemporaine

Bachelard. Le Rationalisme appliqué

— Autres sujets

Montrer, est-ce démontrer ? (B. 1191)

Faut-il ne tenir pour vrai que ce qui est démontré ? (CDE. 1988)

L'expérience familière est-elle le commencement de la science ? (A. 1993)

L'expérience instruit-elle ? (CDE, 1991)

Les sens sont-ils la source unique de notre connaissance ? (CDE. 1983)

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« ments. qui le modifie (de ce point de vue, le fait apparaît comme l'héritier scienti­ fique du" mouvement» aristotélicien). • On doit opérer une distinction (de,·enue très cla-,sique) entre le fait immédiat ou empirique - tel que now, le livre la perception quotidienne - et le fait scienti­ fique. tel qu'il est fructueusement observé. Bachelard a notamment montré com­ ment le second. pour être repéré et productif d'une question nouvelle, doit être construit. Cette construction implique l'intervention de multiples facteurs ou don­ nées: instruments d'observation initiale (donc, des théories que ces instruments matérialisent). connaissances antérieures en fonction desquelles un événement semble problématique, outillage conceptuel permettant une première analyse, montage expérimental qui recompose ''en laboratoire >> le fait à étudier. .. S'en tenir aux faits signifie au minimum cet ensemble d'opérations lorsqu'on s'inté­ resse aux sciences dont les domaines sont propices à l'expérimentation. On voit donc que la simple apparition des faits ou des phénomènes est loin de suffire: l'esprit lui ajoute beaucoup (ne serait-cc que l'hypothèse) et le savoir ne peut se constituer que par cette intrication de faits et d'idées. • Dès que l'on se tourne vers les sciences humaines, la situation acquiert une autre complexité. Pour s'en tenir à un seul domaine. on notera qu'en histoire, les faits à étuclier sont par définition absents: on n'en possède que des traces, des indices. des récits. De plus. on sait qu'il est impossible de s'en tenir à tous les faits. dont l'énumération n'aurait guère de sens, et qu'une sélection des faits jugés intéressants est absolument nécessaire pour élaborer une explication. Or ici tout jugement de fait sous-entend un jugement de valeur: il est ainsi impossible. pour de multiples raisons. de s'en tenir aux faits bruts- et c'est bien pourquoi l'exi­ gence d'une objectivité inspirée de celle qu'on espère des sciences de la nature n'a guère de sens en histoire. ou. plus généralement. dans l'ensemble des sciences humaines. • Mais dans les sciences de la nature elles-mêmes. l'objectivité a évolué relative­ ment~~ sa première rigueur. Au sens classique, être objectif implique l'absence de déformation des faits et des phénomènes. Mais que devient cc principe si les faits et les phénomènes attendus n'apparaissent pas clairement, si toute tentative pour les repérer perturbe leur déroulement "normal>>'? Or c'est précisément ce qu'énoncent les relations d'incertitude de Heisenberg pour l'approche des parti­ cules. Les faits. dans de telles conditions. sont d'autant plus «construits>> qu'ils sont supposés (-,tatistiquement): comment donc "s'en tenir>> à ce qu'ils nous révéleraient pour garantir l'objectivité alors qu'eux-mêmes se révèlent si mal'? • La science moderne fait ainsi à sa manière la vérification, tant dans les sciences de la matière que dans les sciences humaines. du bien fondé du relativisme kan­ tien. Si la Critique de la Raison pure conserve une valeur épistémologique, c'est notamment parce que Kant y énonce - que la nature ne répond qu'aux questions qu'on lui pose avec précision: les faits bruh sont muets tant qu'on ne les aborde pas du point de vue d'un problème à r~soudre ; - que du« réel" nous ne percevons qu'une version qui correspond il nos struc­ tures de perception ct de pensée (l'aspect nouménal nous échappe définitivement); -que l'on doit en cons~quence distinguer entre vérité ct réalité. la première n'étant qu'une " image>>, élaborée nécessairement de notre point de vue. de la seconde. • L'é\lJiution des sciences n'a fait que rendre les choses encore plus complexes. jusqu'il nous contraindre il reconnaître 4ue les faits auxquels nous prétendons nous »

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