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Les idées mènent-elles le monde ?

Publié le 05/03/2004

Extrait du document

La connaissance du réel suppose que l'esprit enregistre des relations de faits ne devant rien à la logique. L'idée de causalité, par exemple, est l'effet d'une répétition constatée dans l'expérience : « le soleil ne se lèvera pas demain «, cela n'est pas logiquement plus contradictoire que l'inverse. Les idées mises en oeuvre dans les sciences des faits débouchent donc sur des connaissances hautement probables, nullement sur des certitudes absolues (cf Traité de la nature humaine, I).     

b. L'idée chez  Kant prend une signification spécifique. C'est ce que la raison produit lorsqu'elle s'efforce de pensée l'au-delà de l'expérience possible, par exemple en affirmant l'existence de l'âme par-delà la diversité des représentations subjectives, l'existence du monde par-delà la diversité des phénomènes, ou l'existence de Dieu comme cause première. L'objet de telles idées est problématique : on ne peut ni en avoir un savoir (car aucune expérience n'en est possible), ni en affirmer la vacuité. Mais la raison se trouve irrésistiblement conduite vers la production de telles idées. Cela s'explique au plan théorique (les idées sont nécessaires pour assurer l'unité du savoir) et au plan pratique (grâce à elles, l'homme peut espérer avoir une efficacité dans le monde ; la liberté et la moralité sont pensables). Hegel ira plus loin et montrera que l'idée est le résultat d'une confrontation dialectique entre la pensée et le réel.

 L’idée fait référence à l’action de l’esprit qui conçoit un objet quelconque, qui se l’approprie sous une nouvelle forme (ainsi en grec, puis en latin, idea veut dire « forme «) : avec les idées, l’esprit se représente la réalité, sur un mode qu’il convient de distinguer et de la pure imagination et de la perception. L’idée est donc un objet de pensée en tant qu’il est pensé. Elle n’est pas la chose sensible elle-même, pas non plus une pure image, ni une pure impression de type affectif. L’idée que j’ai d’un chien me le représente susceptible d’aboyer ; mais l’idée, elle, n’aboie pas. L’idée est ainsi par nature abstraite, puisqu’elle provient de l’observation du concret. Et l’intérêt d’une idée abstraite, c’est de pouvoir être réinjectée dans le concret : c’est donc au contraire le concret qui a besoin des idées pour être pourvu de sens. Peut-on alors penser que les idées puissent se suffire à elles-mêmes, ou nécessite-t-elle une interface (l’homme) pour établir une compréhension du monde ? Aussi, les idées en l’homme peuvent-elles le dépasser au point qu’il n’a pas conscience d’être subordonné à elles ?

  • I) Les idées peuvent changer le monde.

a) Le message chrétien a conquis l'Occident. b) Les révolutions se font d'abord dans les esprits. c) L'Idée se déploie dans le monde.

  • II) Les idées ne peuvent pas changer le monde.

a) Les modèles politiques restent lettre morte. b) On ne rend pas l'homme meilleur par décret. c) Les idéalistes marchent sur la tête.

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« de choses perçues et de leurs formes dégradées, ombres ou mirages, correspond la connaissance sensible, quirelève du domaine de l'opinion.

Celle-ci se répartit en deux domaines : la croyance ou la perception pour les chosessensibles, l'illusion ou la conjecture pour les formes inférieures.

Au monde intelligible, finalisé par l'Idée du Bien, quiéclaire toutes les autres Idées ou formes, correspond une connaissance intellectuelle par Idées.

Les objetsmathématiques appartiennent au monde intelligible et sont l'objet d'une connaissance discursive.

La totalité dudomaine intelligible est finalisée par l'Idée suprême de l'Un-Bien qui fonde la cohérence et l'harmonie du tout.

Plus ons'éloigne de cette Idée, plus la connaissance s'obscurcit.

De cette corrélation stricte entre l'ordre de l'être et l'ordredu connaître s'ensuit toute une série de rapports : les Idées sont aux objets mathématiques ce que les chosessensibles sont à leurs apparences fugitives et imparfaites.

La connaissance par Idées est à la connaissance parconcepts ce que la perception sensible est à l'illusion, ou ce que la croyance est à la supposition.

Enfin, plus nousapprochons le domaine des Idées, plus nous approchons l'être et la vérité, connaissance, être et vérité se fondanten une seule et même réalité dans la lumière de l'Idée suprême du Bien.

Dans l'allégorie de la caverne, les ombresprojetées sur la paroi sont les apparences dégradées des figurines : celles-ci sont les objets perçus, tandis quecelles-là sont les illusions.

L'intérieur de la caverne symbolise le monde sensible avec ses deux degrés deconnaissance : la perception et la conjecture.

Le monde intelligible, accessible à celui qui fait l'effort de sedétourner du sensible, est symbolisé par l'extérieur de la caverne : les Idées sont les choses réelles, et le soleil estl'Idée unique du Bien, qui donne consistance et réalité à toutes les autres. Les problèmes posés par la théorie des Idées Dans le Parménide, Platon a dressé lui-même toutes les objections possibles à sa théorie des Idées.

Transcendantesà la réalité sensible, il ne faut pas supposer que les Idées sont "plus réelles" que la réalité : la "Chevalité" n'est pasplus réelle que le cheval.

C'est bien le cheval que je perçois réellement, et non pas l'Idée de la "Chevalité".

Bien quetranscendantes, ces Idées ne sont pas non plus posées tout à fait en dehors de la réalité, car on ne sauraitcomment elles donnent l'être essentiel à toutes les choses réelles.

Il faudrait supposer à l'infini une série d'idéesintermédiaires qui rendraient compte d'une participation fort lointaine et obscure.

Néanmoins, si ces Idées font l'êtreet l'essence de la réalité, elles ne sont pas en elle.

Ce n'est pas en ouvrant le ventre du cheval que l'on pourra ytrouver l'Idée de la "Chevalité".

Par ailleurs, dans la perspective de cette théorie, il semble difficile d'admettre, pourchaque être existant, une Idée propre et essentielle : peut-on raisonnablement parler d'une Idée du Poil, ou d'uneIdée de l'Ongle ? L'ordre des Idées et l'ordre des choses sont donc deux ordres bien distincts : l'ordre de l'intelligible,de l'immuable, de la vérité et de la perfection ; et l'ordre du sensible, du variable, de l'apparence et del'imperfection.

L'Idée est ce qui permet d'unir et de rassembler la diversité sensible des apparences, pour identifierl'essence des choses.

Chaque chose est "reconnue" intellectuellement grâce à une Idée, dont nous aurions uneconnaissance antérieure à l'expérience.

Avant d'être incarnée dans un corps, l'âme vivait dans le domaine des Idéesdont elle garde encore quelque réminiscence.

Savoir, ce n'est pas apprendre, mais se ressouvenir de cet ordreparfait du domaine intelligible à partir duquel seul nous "reconnaissons" la vérité.

Les Idées ne sont donc pas desobjets réels et matériels, mais des lois, des exigences, des valeurs qui permettent de débrouiller la confusion del'expérience sensible.

On peut donc dire qu'elles sont cause de tout ce qui est par leur présence spirituelle, àlaquelle nous accédons par un effort de retour en nous-mêmes, et en ce sens, source de toute connaissance vraiede ce monde sensible qui nous apparaît changeant et fugace lorsque nous le percevons par nos sens.

Leur présencespirituelle est celle qui introduit de la stabilité et de la consistance dans un monde qui ne cesse d'apparaître autrequ'il n'est, si nous ne nous en tenons qu'à ses apparences.

L'Idée, chose spirituelle, est donc ce par quoi chaquechose matérielle tient son être propre, durable, c'est-à-dire sa véritable essence. b.

Dans un esprit différent, Descartes et les cartésiens admettent également l'indépendance ontologique des idées vraies, considérées commel'œuvre de l'être absolu, Dieu.

Ce sont ainsi les idées innées, claires etdistinctes, considérées comme des « semences de vérité » mises par Dieu enmon esprit, qui me permettent de connaître la nature avec certitude, sanspasser par l'entremise des sens.

Le pur raisonnement rigoureux, conduit àpartir d'idées claires et distinctes, est le seul moyen de construire unescience certaine du réel.

Contrairement à ce qu'admet le sens commun, laconnaissance même du monde des corps ne se constitue pas en enregistrantpassivement leurs qualités sensibles, diverses et changeantes, mais en lesréduisant à des idées essentielles par une simple « inspection de l'esprit »,c'est-à-dire en les concevant sans recours à la sensation, ni à l'imagination(cf.

analyse du morceau de cire dans la deuxième méditation des Méditations métaphysiques ). II.

Empirisme et criticisme a.

Contre l'affirmation d'une autonomie des idées s'élèvent les nominalistes et les empiristes.

Pour les premiers (Hobbes, Condillac, Stuart Mill), les idées n'existent pas.

Il n'y a que des noms par lesquels le langage humainressaisit des qualités communes appréhendées dans les choses.

Pour les empiristes (comme Hume), l'idée n'estd'abord qu'une copie affaiblie des impressions sensibles, image que le contact avec la réalité imprime dans l'esprit.. »

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