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Les maux l'emportent-ils sur les biens ?

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2) La vie heureuse est définie négativement comme étant celle qui comporte le moins de souffrance. 1) Le premier terme qui nous dirige immédiatement vers le centre de l'analyse de la pensée de Schopenhauer est celui de « désir ». Comme l'avait déjà montré Platon dans « Le Banquet », tout désir naît d'un manque, d'un état qui ne nous satisfait pas ; donc il est souffrance, tant qu'il n'est pas satisfait. Avoir ce que l'on désire est-il, dès lors, la formule du bonheur ? Non, car si on ne peut désirer que ce qu'on n'a pas, il est évident qu'on ne peut jamais avoir ce qu'on désire. Si bien qu'on est jamais heureux. Tantôt nous désirons ce que nous n'avons pas et nous souffrons, tantôt nous avons ce que dès nous ne désirons plus, puisque le désir est manque. Il n'y a pas de mesure, de terme à la souffrance. C'est effort incessant, jamais satisfait, qui fait toute l'existence de l'homme. Jamais de but vrai, jamais de satisfaction finale, nulle part un lieu de repos.

« " Entre les désirs et leurs réalisationss'écoule toute la vie humaine. Le désir,par nature, est souffrance ; lasatisfaction engendre rapidement lasatiété : le but étant illusoire, lapossession lui ôte son attrait ; sousune forme nouvelle renaît le désir, etavec lui le besoin : sans quoi, c'est ledégoût, le vide, l'ennui, adversairesplus rudes encore que le besoin.Quand le désir et sa satisfaction sesuccèdent à des intervalles qui ne sontni trop longs, ni trop courts, lasouffrance, produit commun de l'un etde l'autre, baisse à son niveau le plusbas : et c'est là la plus heureuse vie."SCHOPENHAUER Schopenhauer qui, plus que tout autre, avoué sa vie à la philosophie, est l'hommed'une intuition unique, d'un seul livre fondamental : « Le monde comme volonté et comme représentation ».Schopenhauer affirme lui-même que son « système philosophique se forma danssa tête, en quelque sorte sans sa volonté, comme un cristal dont tous les rayonsconvergent vers le centre ».La célébrité tardive et posthume de Schopenhauer est due, non à l'armaturethéorique de son système philosophique, mais à son fameux pessimisme quis'exprime, en particulier, au livre IV du « Monde » à travers ses propos sur lamorale et qu'on ne saurait mieux caractériser que par cette phrase : « La vien'admet point de félicité vraie, elle est foncièrement une souffrance aux aspectsdivers, un état de malheur radical. » MODÈLE. Dans ce texte extrait du livre Iv du « Monde », Schopenhauer affirme que la vieoscille sans cesse de la souffrance à l'ennui et qu'il n'y a point de vrai bonheur. 1) Le désir est présenté comme un effort continu, sans but, sans satisfactiondernière.2) La vie heureuse est définie négativement comme étant celle qui comporte lemoins de souffrance. 1) Le premier terme qui nous dirige immédiatement vers le centre de l'analyse dela pensée de Schopenhauer est celui de « désir ». Comme l'avait déjà montréPlaton dans « Le Banquet », tout désir naît d'un manque, d'un état qui ne noussatisfait pas ; donc il est souffrance, tant qu'il n'est pas satisfait. Avoir ce quel'on désire est-il, dès lors, la formule du bonheur ? Non, car si on ne peut désirerque ce qu'on n'a pas, il est évident qu'on ne peut jamais avoir ce qu'on désire. Sibien qu'on est jamais heureux. Tantôt nous désirons ce que nous n'avons pas etnous souffrons, tantôt nous avons ce que dès nous ne désirons plus, puisque ledésir est manque. Il n'y a pas de mesure, de terme à la souffrance. C'est effortincessant, jamais satisfait, qui fait toute l'existence de l'homme. Jamais de butvrai, jamais de satisfaction finale, nulle part un lieu de repos.Cet effort est-il propre à l'homme ? Non. On peut le reconnaître partout, ycompris dans la nature dépourvue d'intelligence. Dans la pesanteur, par exemple,« effort interminable, et qui tend vers un point central sans étendue, qu'il nepourrait atteindre sans s'anéantir et la matière avec ». Chez la plante qui , parun effort poursuivi à travers des formes de plus en plus nobles, aboutit enfin à lagraine, « qui est un point de départ à son tour : et cela répété jusqu'à l'infini ».Chez les bêtes aussi.Mais plus la conscience s'élève et plus la misère va croissant, plus la souffranceest grande. De toutes les formes de vie, c'est la vie humaine qui est la plusdouloureuse et celle-ci « oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de lasouffrance à l'ennui ». souffrance quand le désir n'est pas satisfait, ennui quandla volonté vient à manquer d'objet ou quand une prompte satisfaction vient luienlever tout motif de désirer. L'homme est-il arrêté par quelque obstacle dresséentre lui et son but immédiat ? voilà la souffrance. Atteint-il son but ? C'est lasatisfaction. Soit, mais pour combien de temps ? La douleur ne s'interrompt pas »

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