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L'État doit-il faire respecter la morale ?

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morale Si cette spécificité se perd, le devoir ne se transmute-t-il pas en une sorte de compétence technique? D'autre part, comment voir dans l'État une idée morale? Plan : On pourra en deux parties procéder à une opposition entre Machiavel et Kant et/ou Rousseau. Remarques : Il y a un paradoxe au sein de la question, car elle conduit à voir dans l'État une instance éthique. Or, comme le montre Machiavel, l'État incarne souvent ruse et violence, stratagèmes. Donc le sujet présente un paradoxe. Or, dans l'idée de paradoxe, il y a l'idée d'une proposition à la fois vraie et fausse. Une fois de plus, la dimension aporétique ressurgit.Notez bien que le paradoxe peut être constitutif des intitulés philosophiques. Vous avez là un moyen, à travers la prise en compte du paradoxe, de problématiser de manière féconde.

« L'Etat est un instrument destiné à mettre fin à la violence naturelle et à la barbarie. Il est un moyen d'instituer uneorganisation de vie collective garantissant la sécurité des individus. L'Etat est donc l'instance qui dispense etdispose du droit positif notamment à travers la figure du législateur. Or la morale est n'est pas le droit et vient del'intérieur du sujet et non de l'extérieur comme c'est le cas pour les lois positives. Le droit et la morale appartiennentdonc à deux sphères différentes. En ce sens, on pourrait même dire que l'Etat n'a rien à voir avec la morale car ceserait risquer de mettre la morale au service de l'Etat par conséquent de la dénature au point de confondre le droitet le devoir. Pourtant la morale a cette vertu d'apaiser les relations humaines et d'amener l'homme vers le progrès.La morale aussi par le respect du devoir fait exister ce dernier dans l'Etat peut se servir afin de transformer le droit,donc une contrainte en un devoir civique, c'est-à-dire une obéissance librement consentie. Et c'est en ce sens alorsque se pose la question : « l'Etat doit-il faire respecter la morale ? ». S'il apparaît donc que l'Etat a tout intérêt àfaire respecter la morale la question se pose de savoir s'il est du ressort de l'Etat ou pas d'entretenir des liens avecla morale, et si oui lesquels ? S'il est possible voire essentiel de faire respecter la morale (1 ère partie), il faudra se demander si l'intrusion du pouvoir étatique dans la sphère éthique n'est pas une mécompréhension de la morale dans son concept même(2nd partie), face ce dilemme, il faudra alors trouver un dépassement de ce balancement en étudiant sans doute la valeur éthique du droit (3 ème partie). I – Politique, droit et morale : contrainte et devoir (inclusion conceptuelle) a) « Le politique est celui qui s'occupe de l'Etat » comme le rappelle Platon dans Le Politique . Or la politique comme il le développe dans la République « c'est ma morale de l'Etat ». En ce sens, il faut remarquer alors que dans la cité, le gouvernement de l'Etat par la justice c'est le bien. Puisque la mission de l'homme politique est la découverte dudroit, la justice est alors au centre de la vie politique et c'est pourquoi dans la cité idéale le chef de la cité sera leplus vertueux comme il le développe dans l' Alcibiade . C'est pourquoi dans la République , le chef sera le philosophe c'est-à-dire celui qui a la sagesse et possède la vertu donc le sens de la justice. b) Or si l'on peut dire que l'Etat doit faire respecter la morale c'est parce qu'on ne saurait obéir aux lois seulementpar la contrainte mais bien par devoir. Le devoir appartient à la sphère de la morale. Weil dans l 'Enracinement montre que : « La notion d'obligation prime celle du droit, qui lui est subordonnée et relative. Un droit n'est pasefficace par lui-même, mais seulement par l'obligation à laquelle il correspond ; l'accomplissement effectif du droitprovient non pas de celui qui le possède, mais des autres hommes qui se reconnaissent obligés à quelque choseenvers lui. L'obligation est efficace dès qu'elle est reconnue. Une obligation ne serait-elle reconnue par personne,elle ne perd rien de la plénitude de son être. Un droit qui n'est reconnu par personne n'est pas grand-chose. Cela n'apas de sens de dire que les hommes ont, d'une part des droits, d'autre part des devoirs. Ces mots n'expriment quedes différences de point de vue. Leur relation est celle de l'objet et du sujet. Un homme, considéré en lui-même, aseulement des devoirs, parmi lesquels se trouvent certains devoirs envers lui-même. Les autres, considérés de sonpoint de vue, ont seulement des droits. Il y des droits à son tour quand il est considéré du point de vue des autres,qui se reconnaissent des obligations envers lui. Un homme qui serait seul dans l'univers n'aurait aucun droit, mais ilaurait des obligations. » En ce sens, l'Etat établissant des lois doit veiller aussi au respect de la morale afinjustement que la notion de devoir perdure et ainsi que les lois soient respectées. c) Et c'est peut-être pour ça que Rousseau souhaite dans le Contrat social développer une religion d'Etat, c'est-à- dire que le droit devienne une véritable morale afin justement que le droit se développe. Ainsi, l'Etat devrait fairerespecter la morale dans la mesure où la morale est le droit pour Rousseau. En effet, il cherche à développer ce qu'ilappelle une religion d'Etat car : « Que si l'on demande comment dans le paganisme, où chaque État avait son culte et ses dieux, il n'y avait point de guerres de religion; je réponds que C'était par cela même que chaque État, ayantson culte propre aussi bien que son gouvernement, ne distinguait point ses dieux de ses lois. […] » Or, « Pour que lasociété fût paisible et que l'harmonie se maintînt, il faudrait que tous les citoyens sans exception fussent égalementbons chrétiens [car] Chacun remplirait son devoir; le peuple serait soumis aux lois, les chefs seraient justes etmodérés, les magistrats intègres, incorruptibles; les soldats mépriseraient la mort; il n'y aurait ni vanité ni luxe; toutcela est fort bien ». Ce type de religion qui équivaut à une morale a pour Rousseau l'avantage qu'elle réunit le cultedivin et l'amour des lois, et que, faisant de la patrie l'objet de l'adoration des citoyens, elle leur apprend que servirl'État, c'est en servir le dieu tutélaire. Ainsi : « il importe bien à l'État que chaque citoyen ait une religion qui luifasse aimer ses devoirs; mais les dogmes de cette religion n'intéressent ni l'État ni ses membres qu'autant que cesdogmes se rapportent à la morale et aux devoirs que celui qui la professe est tenu de remplir envers autrui. » Transition : L'Etat doit donc faire respecter la morale non seulement par que la politique ne peut se faire sans référence à lamorale mais surtout qu'il importe à l'Etat de faire exister une notion de devoir car la contrainte ne suffit pas à forcerà l'obéissance au devoir. La morale est d'autant plus importe pour l'Etat qu'elle tient naturellement les hommes dansun état de paix entre eux notamment en disciplinant leurs passions. Pourtant n'y a-t-il pas un lien de confusionentre le droit et la morale ? N'est-ce pas confondre deux sphères conceptuelles différentes ? II – Hétérogénéité de l'Etat et de la morale (exclusion conceptuelle) a) Effectivement il faut bien prendre la compte la diversité de ces deux sphères à savoir le droit et la morale, entant que le droit est l'émanation de la volonté du législateur donc de l'Etat. Or à confondre les deux on risque dedénaturer ou de corrompre l'essence et le but de l'Etat mais aussi celui de la morale qui peut s'exprimer à travers le »

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