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L'Etat doit-il garantir la justice dans les échanges ?

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Il apparaît donc comme « plus puissant « ou plusvaillant « que l'autre, et conquiert du prestige. On est cependant, dans de telles situations, dans un contexte où l'« échange « ne tient pas compte des valeurs réelles des objets, et se trouve orienté dès son début par le désir d'instaurer, en fin de parcours, une inégalité.[C. La monnaie]Avec l'usage de la monnaie, notamment telle que la théorise Aristote dans son Éthique à Nicomaque, on conçoit l' échange à la fois plus authentiquement et comme toujours possible à différer. Il est plus authentique dans la mesure où la monnaie introduit une valeur de référence, qui peut être appliquée à tous les objets et confirme l'existence d'une « communauté d'intérêts «. Ce qui justifie l'échange est initialement le besoin : A a besoin d'une maison tandis que B a besoin de chaussures. Mais la valeur de la maison est évidemment supérieure à celle des chaussures : la monnaie sert d'étalon universel, permettant de mesurer tous les biens (la maison comme les chaussures). De plus, la monnaie est aussi « une sorte de gage « permettant de pratiquer l'échange quand le besoin s'en fera sentir. Comme elle bénéficie d'une « plus grande stabilité « que les autres marchandises, elle mène toutes choses à être commensurables.

a) Le rôle de l'Etat est d'empêcher la violence.
b) Aristote condamne le libéralisme.
c) Sans réglementation, le capitalisme devient fou.

a) Le bien commun résulte du libre jeu des intérêts égoïstes.
b) L'intervention de l'Etat nuit à la productivité.
c) L'Etat a pour fonction de défendre le créateur de richesse.

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« [III. Importance des valeurs symboliques] [A. L'organisation sociale du travail]Marx admet qu'une société communiste instaurerait une justice généralisée : les échanges y seraient inclus, mais sansaucune intervention de l'État puisque, par définition, le communisme de Marx ne s'établit qu'après la disparition de l'État... Selon Marx, le travail, libéré de l'aliénation issue de la propriété privée des moyens de production, donnera naissanceà une société sans classe. En effet, le prolétariat constitué en classe dominante détruit par la violence l'ancien régimede production et anéantit par là même les conditions de l'antagonisme des classes. En mettant fin à celui-ci, il détruitaussi sa propre domination comme classe [Manifeste..., p. 69-701. Les détracteurs de Marx, et en premier lieuProudhon, ont vu, dans cette proposition d'une société communiste sans classe, la fin de l'histoire. Prenant appui surla maxime du Manifeste selon laquelle « l'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire des luttesde classes », ces détracteurs avançaient qu'une société sans classe était une société sans histoire. Marx, aucontraire, considère que l'histoire continue dans le communisme, au-delà de l'antagonisme de classes qui est détruit.Tous les textes de Marx et d'Engels s'accordent sur ce point, des textes philosophiques de jeunesse au Capital, auManifeste ou aux textes plus sociologiques d'Engels : «Dans son principe, le communisme se situe au-dessus del'antagonisme entre bourgeoisie et prolétariat ; il le reconnaît dans sa signification historique pour le temps présent,mais ne le considère pas comme justifié pour l'avenir ; il veut précisément abolircet antagonisme » [La Situation de la classe laborieuse en Angleterre, p. 359].La fin de l'antagonisme de classes, avec l'abolition de la propriété privée et de toutes les aliénations qui lui sont liées,signifie « le retour de l'homme hors de la religion, de la famille, de l'État, etc., à son existence humaine, c'est-à-diresociale » [Manuscrits de 1844, p. 88]. C'est l'occasion pour Marx de définir la place de l'homme dans la société et dansla nature et de développer sa conception de l'individu en tant qu'être social [ibid., p. 88-89]. En même temps, lecommunisme n'est défini que par antithèse : « Il n'est pas en tant que tel le but du développement humain, la formede la société humaine » [ibid., p. 99]. Plus encore, écrivent Marx et Engels, il « n'est pour nous ni un état qui doit êtrecréé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler.» [L'idéologie allemande]. Dans la société communiste pourrontémerger de nouvelles tensions ou de nouvelles contradictions, évidemment fort éloignées de celles que nousconnaissons dans le régime de propriété privée des moyens de production. Indépendamment de ce programme, on constate que les États peuvent se montrer soucieux d'affirmer pour les travailleursun certain nombre de droits fondamentaux, et de les protéger des excès de ce que pourrait être un capitalisme un peutrop sauvage : il existe ainsi, dans les États contemporains, des lois sur le temps de travail, les vacances obligatoires, lesconditions des licenciements, etc. Il existe aussi un taux de salaire minimum, pour que chaque individu puisse survivre(tant bien que mal). On constate que l'État moderne, « encouragé » par la pression éventuelle des syndicats, sepréoccupe de maintenir un relatif équilibre entre les entreprises et ceux qu'elles emploient. [B. La concurrence]Il est clair que les échanges deviendraient totalement arbitraires, et sans doute « injustes », dans le cas d'un parfaitmonopole. Si une entreprise se trouve être la seule à produire une marchandise fortement désirée, elle peut être tentéed'en définir un prix (valeur d'échange) qui n'a plus rien à voir avec sa valeur d'usage. Même les Etats-Unis, où le libéralismeéconomique est pourtant la règle, ont formulé, au niveau fédéral, des lois « antitrust » qui, en interdisant le monopole,doivent aboutir à une concurrence entre producteurs et, éventuellement, à des prix « raisonnables ».L'« espace européen » se préoccupe lui aussi de ne pas laisser s'établir de trop fortes concentrations dans la production.L'objectif est aussi bien d'aboutir à des produits diversifiés (en particulier dans la presse ou dans le domaine culturel) quede maintenir une concurrence entre les producteurs, qui doit être bénéfique aux consommateurs. [C. Échanges et valeurs symboliques]On doit toutefois tenir compte d'un caractère de plus en plus présent dans la société contemporaine : on acquiert de plusen plus de produits dont la valeur symbolique (de prestige) est nettement plus importante que la valeur d'usage. Il estclair que, s'il s'agissait seulement de se déplacer en automobile, personne n'achèterait une luxueuse berline de préférenceà un véhicule plus modeste. C'est donc que la berline apporte des satisfactions qui n'ont rien à voir avec le seuldéplacement. Ce phénomène touche des secteurs de plus en plus nombreux de la consommation : on acquiert le prestigeattaché à une « marque », et non l'objet. Dès lors, le prix est sans rapport avec l'usage, la valeur est irrationnelle. Rien nel'indique mieux que le marché de l'art...Ces valeurs de prestige concernent, non le besoin, mais le désir. On peut comprendre qu'un Etat se soucie des besoinsréels de ses citoyens ; on voit mal, en revanche, comment il pourrait prétendre régenter leurs désirs (sauf en cas detotalitarisme). [Conclusion] Affirmer que l'État doit garantir la justice dans les échanges, ce serait considérer qu'il s'agit là de l'une de ses tâchesfondamentales. Ce que l'État peut garantir, c'est que chacun ait les moyens de pratiquer certains échanges : ceux quicorrespondent aux besoins. Mais les échanges, tels qu'ils se déploient dans les sociétés contemporaines, n'ont plus grand-chose à voir avec les besoins ; ils visent désormais à satisfaire des désirs (de prestige, de distinction). Outre que leursrègles peuvent dès lors ne plus obéir au calcul à peu près rationnel, il serait pour le moins dangereux qu'un État contrôlela satisfaction des désirs. »

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