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L'étonnement, origine de la philosophie ?

Publié le 03/02/2004

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- Développement rationnel des étapes idéales par lesquelles une réalité quelconque se constitue et qui permet d'en expliquer les propriétés actuelles ; en ce sens, l'origine suppose bien un commencement, mais il n'est pas placé dans un temps historique, dans une chronologie réelle ; c'est en ce sens que l'on parlait, au XVIIIe siècle, de l'origine du langage, de l'inégalité, etc. ; SYN. genèse ; l'idée moderne selon laquelle, dans le langage par ex., la totalité est donnée avant les éléments qui se définissent par leurs relations matérielles, semble exclure cette approche. 5. - Original : a) Ce dont autre chose est la copie ou la représentation ; SYN. modèle. b) Qui ne ressemble à rien d'autre ; (péjoratif) fantasque. 6. - Originaire : a) Qui tire son origine de.

Le sujet pose une question des plus déconcertantes. En effet, alors que l’origine de la philosophie remonte à Héraclite ou à Parménide pour le monde occidental – c’est-à-dire il y a plus de VI siècle ! –, alors que nous n’avons cessé de penser et de philosopher depuis lors, il nous demande si l’étonnement est à la base de l’acte de philosopher. Comme si nous pouvions nous étonner encore après plus de vingt-sept siècles de philosophie. Comme s’il y avait encore des sujets inexplorés qui provoqueraient encore en nous un étonnement nouveau. Les philosophes ne parlent-ils pas toujours de la même chose ? Ne pensent-ils pas toujours les mêmes sujets ? De quoi pourraient-ils bien s’étonner ? Qu’est-ce que l’étonnement si après tous siècles il agit encore en nous ? Et comment peut-il être la « base « de la philosophie ? Enfin, la philosophie est-elle un « acte « comme le présuppose le sujet ?

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« INTRODUCTION. L'étonnement est l'attitude de celui qui prend conscience d'un problème là où d'autres sont habitués à voir unesolution, en tant que tel il est le premier moment d'une interrogation qui, s'y elle s'organise en profondeur, deviendraréflexion; c'est pourquoi Platon a pu faire de l'étonnement le point de départ de la réflexion philosophique. 1) CONSCIENCE ÉTONNÉE ET CONSCIENCE HABITUÉE. A la conscience habituée tout parait évident, allant de soi, définitif; les rythmes de pensée et d'action qui sont lessiens sont comme un volant qui régularise ses moindres gestes; forte des structures qui la constituent elle ne sepose pas de questions parce que la tradition dont elle a pris la suite lui a appris un certain nombre de leçons qu'ellea faites siennes et qui lui font considérer les problèmes comme déjà résolus.Mais cette conscience ressemble assez à du bois mort, comme lui elle a reçu une forme ne varietur, elle s'estadaptée, elle adhère à ce qu'elle sait, elle ne s'interroge plus.

Une telle conscience est comme morte et rien de plussignificatif à ce sujet que ce mot de Péguy « une âme morte c'est une âme extrêmement habituée ».

Une telleattitude est bien souvent celle de l'adulte, elle est très rare chez l'enfant; celui-ci en effet voit des problèmes là oùles grandes personnes sont habituées à voir des solutions, d'où les questions profondes et étonnantes qu'il ne cessede poser d'une façon toute spontanée. Cette attitude de l'enfant qui s'étonne est une prise de conscience, et, en tant que telle, elle ressemble à celle duphilosophe; c'est pourquoi Bergson a pu définir la philosophie comme la résolution une fois prise « de regardernaïvement en soi-et autour de sol », il est bien clair que « naïvement » ne signifie pas ici « puérilement » mais «profondément », c'est-à-dire avec cette sorte de fraîcheur de celui qui ne regarde pas tout à travers les verrescolorés de l'habitude dans un champ limité par les œillères de la tradition. 2) ETONNEMENT ET PRISE DE CONSCIENCE. Cette sorte d'étonnement qui est à la base de la réflexion philosophique, nous la retrouvons chez Socrate, le maîtrede Platon.

Socrate s'étonne de la moindre des choses, c'est parce qu'il voit des problèmes là où les autres ne voient que des solutions.

Et Socrate interroge ses interlocuteurs, il leur pose desquestions naïves pour éprouver leur prétendue science; ceux-ci s'amusentd'une telle naïveté tant ils sont sûrs de leur savoir; puis peu à peu Socrateles amène à se contredire, leur montrant par là que ce qu'ils prenaient pourdu savoir n'était qu'une opinion bien superficielle que la routine leur avait faitprendre pour une profondeur.

Et Socrate laisse ses interlocuteurs sur un pointd'interrogation, il les laisse aux prises avec cet étonnement qu'il vient deprovoquer chez eux, c'est pourquoi ses amis le comparaient à une « torpille »,tout comme ce poisson provoque une violente commotion chez celui qui letouche, de même Socrate provoque une commotion chez son interlocuteur enle faisant s'étonner, en le réveillant de la léthargie où sa paresse intellectuellel'avait plongé.Cette prise de conscience qui commence par un point d'interrogation et parun doute à l'égard des valeurs auxquelles jusqu'à présent on s'était attaché,nous la retrouvons chez tous les grands philosophes.

Les Essais de Montaignesont le récit de cet étonnement où l'étude de l'homme plonge leur auteur; laphilosophie cartésienne commence par un étonnement qui conduit Descartesà faire le bilan de l'éducation qu'il a reçue et à chercher une méthode. »

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