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L'être libre : tyran ou sage ?

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Il s'agit là de deux positions extrêmes que l'on rencontre dès l'Antiquité. Tyrannie ou liberté de la pensée et de l'intériorité ? Maîtrise des autres ou maîtrise de soi-même ? CONSEILS PRATIQUESIl faut examiner avec beaucoup de soin chacun des termes de l'alternative qui est posée, et bien en analyser les inconvénients : le tyran devient le prisonnier de ses désirs, le sage jouit peut-être d'une fausse liberté, car il se refuse à l'action. Vous pouvez, dès lors, introduire la notion d'autonomie comme fondement réel de la liberté, autonomie qui seule permet d'être réellement libre. BIBLIOGRAPHIEPLATON, La République, Livre V, Garnier-Flammarion.Gorgias, Garnier-Flammarion. (Lire le dialogue de Socrate et Calliclès.)Léo STRAUSS, De la tyrannie, Tel-Gallimard. I- QUELLE ANALYSE POUR CE SUJET ?

« Or la figure du tyran se réalise dès lors que l'univers des désirs d'un homme est déconnecté du champ collectif deleur satisfaction. Le tyran agit selon la détermination capricieuse de sa volonté et non pas par respect d'une exigence rationnellefondée sur la considération de la valeur objective de la loi. Cette dernière ne limite pas l'ordre de ses désirs et ne peut accomplir ainsi sa finalité politique : créer les conditionsd'un accord harmonieux entre les hommes. Mais c'est justement dans la mesure où celle-ci repose sur une exigence de la raison qu'elle ne s'impose pas autyran qui fonde, lui, son action sur le caractère singulier et arbitraire de ses inclinations. Ainsi, l'action tyrannique si elle donne l'illusion de satisfaire le principe de liberté dans la mesure où elle affranchit mavolonté des limites de la loi, contrevient en fait doublement à sa vocation première : - en effet, d'un côté, elle distingue le tyran qui agit selon son bon vouloir des autres hommes qui eux se soumettentaux limites de la loi ; et comme telle elle se répartit inégalement selon les individus. - et d'un autre côté, elle conduit à un esclavage insidieux dans la mesure où le tyran, s'il s'illusionne sur le caractèreillimité de sa liberté et de son pouvoir sur autrui, demeure cependant esclave de ses propres désirs. L'homme libre ne peut donc pas considérer la tyrannie comme la vérification et l'authentification de son expériencede liberté. La première ruine la seconde plus qu'elle n'en est la condition de réalisation. B - LA LIBERTE COMME PURE INTERIORITE. Il faut alors se poser la question de savoir si la liberté ne renvoie pas premièrement et simplement à un sentiment,c'est-à-dire à une donnée intérieure indifférente à sa concrétisation politique. Épictète a ainsi montré à quel point l'esclave, même totalement soumis au pouvoir de son maître, pouvait cependantdemeurer libre en conscience, c'est-à-dire à la fois libre de penser et libre de désirer des objets indépendants de lavolonté de son maître. C'est ici la sagesse de l'ataraxie, c'est-à-dire la condition même de l'atteinte d'un pouvoirsur soi. Mais n'est-ce pas aussi le préalable indispensable à l'accomplissement d'une liberté intérieure qui se concrétiseraitalors sous la forme de la sagesse ? C'est alors la fidélité à l'ordre de la raison, la conformité morale à la sphère de ses intentions qui viendrait donner unsens à l'expérience de la liberté. Voilà pourquoi le sage, c'est-à-dire celui qui a réalisé l'accord avec la partie rationnelle de lui-même, peut être ditlibre au sens où le monde a cessé de commander à son âme. Cependant, qu'est cette liberté dont Hegel dit qu'elle est celle de "la belle âme", cette liberté de pure intérioritéindifférente à l'existence de l'autre et du monde ? Existe-t-elle réellement en tant que liberté ? Ou n'est-elle qu'une pure forme morale, politiquement inachevée etimparfaite ? C - QU'EST-CE QUE LA LIBERTE ? La liberté suppose la satisfaction d'une exigence de raison ; elle n'a rien à voir avec le caractère illimité d'un libre-arbitre qui n'assignerait aucune limite à sa volonté de puissance. Aussi le tyran qui vit selon ses désirs ne peut-il à la fois vivre selon la raison. Mais d'un autre côté, la liberté suppose aussi son extériorisation et sa concrétisation dans le champ politique. Et le sage est-il réellement libre qui respecte la raison en lui-même mais s'interdit cependant, par son attitude, de laconsidérer en l'autre ? La loi est ainsi la figure juridique qui définit la limite rationnelle de l'expérience politique de la liberté et permetl'accord des raisons entre elles. Voilà pourquoi s'imposant à tous de la même façon, elle donne à chacun le sentiment concret d'une liberté qui »

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