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L'expérience est-elle la seule source de nos connaissances ?

Publié le 18/01/2004

Extrait du document

  • De quelle expérience est-il question ?
  • Ne pas oublier que l'expérience scientifique elle-même est intégrée dans un raisonnement expérimental (C. Bernard).
  • L'expérience quotidienne nous donne-t-elle directement accès au quantitatif ?
  • POUR DÉMARRER

 Voici un sujet classique qui fait appel à vos connaissances sur l'empirisme (Locke, Hume) et sur Kant. Il pose une question fondamentale, qui hante depuis toujours la philosophie : quel est le fondement de la connaissance ? Ici, on vous demande si les données sensibles avec lesquelles l'esprit est en rapport représentent l'unique origine des actes par lesquels nous saisissons un aspect du monde, avec une représentation généralement adéquate.  

  • CONSEILS PRATIQUES

   Expliquez très précisément tous les termes du sujet, et en particulier la notion d'expérience, terme ambigu et équivoque, ainsi que celle de connaissance. vous pourrez dès lors vous interroger sur la façon dont se forment ces connaissances, pour conclure que la subjectivité humaine joue un rôle majeur, bien plus important  que celui de l'expérience.  

  • BIBLIOGRAPHIE

   G. BACHELARD, Le rationalisme appliqué, PUF.  R. DESCARTES, Méditations métaphysiques, Éditions de poche diverses. David HUME, Enquête sur l'entendement humain, Aubier-Montaigne.  E. KANT, Critique de la raison pure, Quadrige-PUF. Tout particulièrement : Préface à la 2e édition, Esthétique transcendantale.  Karl POPPER, La logique de la découverte scientifique, Pavot.

« être n'existait pas alors il contredirait son concept, ce qui est impossible.

Par conséquent Dieu doit exister afin dene pas contredire son concept.

Nous reproduisons ici le raisonnement qui permet la preuve ontologique, c'est à direla preuve de l'existence de Dieu que Descartes, par exemple, développe dans les Méditations métaphysiques.

Cettepreuve vise à prouver que Dieu existe même si nous ne faisons pas l'expérience de son existence. Par conséquent, la preuve ontologique, et plus généralement la métaphysique classique, semble montrer que laconnaissance n'est pas simplement inductive, c'est à dire qu'elle n'est pas obtenue uniquement par la réception del'expérience, mais qu'elle est aussi déductive et a priori.

Il semble que nous puissions déduire des connaissances denos concepts. 3.

Une connaissance a priori au sens classique est impossible même s'il doit y avoir une connaissance apriori afin que nous puissions avoir une connaissance certaine. La connaissance mathématique, a priori, montre que de fait l'expérience n'est pas la seule source de notreconnaissance.

Pourtant, dans le cas de la métaphysique et notamment de la preuve ontologique, obtenons nousvraiment une connaissance ? L'expérience nous met en contact avec le réel alors que la preuve ontologique ne lefait pas, par conséquent, nous ne connaissons pas l'existence de Dieu, nous savons simplement qu'il doit exister,mais pas qu'il existe puisque nous ne faisons pas l'expérience de son existence.

La preuve ontologique ne faitqu'analyser le concept d'être nécessaire.

A la fin du raisonnement nous ne savons donc rien de plus que pour êtrenécessaire l'être nécessaire doit être nécessaire, c'est à dire exister.

Nous nous rapprochons ainsi de l'introduction àla Critique de la raison pure où Kant montre qu'un jugement analytique n'apporte pas de connaissance puisqu'il nefait que montrer ce que le concept analysé contient déjà. Par conséquent, l'expérience, si elle n'est pas la source de toute notre connaissance puisque les mathématiquesmontrent qu'il existe une connaissance a priori, est nécessaire ne serait-ce que pour déterminer l'existence d'unobjet.

Pour autant, la connaissance que nous fournie l'expérience, par induction n'est que contingente comme lemontre David Hume dans le Traité de la nature humaine.

A force de voir le feu et la fumée ensemble nous estimonsque le feu provoque la fumée.

Pourtant, cette règle (« la fumée suit le feu ») n'a aucune nécessité, il n'y a pasd'autre raison que l'habitude de tenir cette règle pour vraie. Par conséquent, l'expérience seule ne suffit pas à nous fournir une connaissance certaine, il s'agit de lui adjoindreun élément a priori.

Avant l'expérimentation le scientifique fixe a priori l'hypothèse qu'il va tester et c'est l'existencede cet élément a priori qui permet la certitude de la connaissance puisque l'expérimentation peut être reproduite etvérifiée.

En d'autres termes, il faut un élément a priori à l'expérience pour qu'elle ne soit pas contingente.

Pourtantn'importe quel élément a priori ne peut nous fournir une connaissance comme le montre l'expérience malheureuse dela preuve ontologique.

L'hypothèse permet une connaissance parce qu'elle peut être appliquée à l'expérience.

Dèslors, il y a bien une source a priori de notre connaissance mais elle n'existe que parce qu'elle est susceptibled'application à l'expérience.

Nous nous rapprochons ainsi des thèses que défend E.

Kant dans la Critique de la raisonpure.

Kant montre dans cette oeuvre que la connaissance, si elle est tirée uniquement de l'expérience n'est quecontingente et qu'il faut donc avoir recours à un élément a priori pour assurer la certitude de notre connaissance.S'il limite la connaissance à ce qui peut faire l'objet d'une expérience, Kant montre ainsi que nous avons uneconnaissance a priori , fondée sur la condition de notre pensée et de notre sensation, puisque ces conditions peuvent être appliquées à l'expérience.

Kant invalide la métaphysique classique en montrant qu'elle ne peut fournirune connaissance puisqu'elle cherche à atteindre des objets qui sont complètement hors de notre portée puisquenous ne pouvons avoir d'expérience que dans le temps et l'espace alors que la métaphysique veut atteindre desobjets qui n'y sont pas. Conclusion Dès lors, si les promesses de la métaphysique classique sont vaines parce qu'elle cherche à atteindre uneconnaissance qui est complètement hors de notre portée, il faut tout de même reconnaître qu'il existe uneconnaissance a priori puisque les mathématiques prouvent son existence.

L'expérience n'est donc pas la seulesource de notre connaissance.

Pour autant, nous ne pouvons avoir de connaissance a priori qu'en tant qu'elle peuts'appliquer à l'expérience.

Nous pouvons ainsi tirer une connaissance a priori des mathématiques ou de notreconstitution car nous pouvons appliquer ces deux éléments à l'expérience.. »

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