L'histoire.
Publié le 30/06/2012
Extrait du document
On a parlé des sciences humaines ; on a parlé de ces grandes régions que délimitent à peu près la psychologie, la sociologie. ~'analyse des littératures et des mythologies. On n'a pas parlé de l'Histoire, bien qu'elle soit la première et comme la mére de toutes les sciences de l'homme, bien qu'elle soit aussi vieille peut-être que la mémoire humaine. Ou plutôt. c'est pour cette raison méme qu'on l'a passée jusqu'à présent sous silence. Peut-être. en effet, n'a-t-elle pas place parmi les sciences humaines ni à côté d'elles: il est probable qu'elle entretient avec elles toutes un rapport étrange. indéfini. ineffaçable. et plus fondamental que ne le serait un rapport de voisinage dans un espace commun.
«
réduire à la marche générale de l'humanité ; de même, le langage ne se modifie pas tellement avec les migrations.
le commerce et les
guerres.
au gré de ce qui arrive à l'homme ou à la fantaisie de ce qu'il
peut inventer.
mais sous des conditions qui appartiennent en propre
aux formes phonétiques et grammaticales dont il est constitué ; et si on a pu dire que les divers langages naissent.
vivent.
perdent de leur
force en vieillissant et finissent par mourir.
cette métaphore
biologique n'est pas faite pour dissoudre leur histoire dans un temps
qui serait celui
de la vie, mais plutôt pour souligner qu'ils ont eux
aussi des lois internes de fonctionnement et que leur chronologie se développe selon un temps qui relève d'abord de leur cohérence
singulière.
On incline d'ordinaire à croire que le XIX• siècle.
pour des raisons
en majeure partie politiques et sociales a porté une attention plus aiguë
à l'histoire humaine.
qu'on a abandonné
l'idée d'un ordre ou d'un plan
continu du temps.
celle également d'un progrès ininterrompu, et
qu'en voulant raconter sa propre ascension, la bourgeoisie a
rencontré, dans le calendrier de sa victoire.
l'épaisseur historique des institutions.
la pesanteur des habitudes et des croyances, la violence des luttes.
l'alternance des succès et des échecs.
Et on suppose qu'à
partir de là on a étendu l'historicité découvert d'abord en l'homme.
C'est en réalité le contraire qui s'est passé.
Les choses ont reçu d'abord
une historicité propre qui les a libérées de cet espace continu qui leur
imposait la même chronologie qu'aux hommes.
Si bien que l'homme
s'est trouvé comme dépossédé de ce qui constituait les contenus les
plus manifestes de son Histoire; la nature ne lui parle plus de ·ta création ou de la fin du monde.
de sa dépendance ou de son prochain
jugement ; elle ne parle plus que d'un temps naturel : se~ richcs..
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