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l'homme a-t-il besoin d'être dominé ?

Publié le 05/08/2005

Extrait du document

Elles doivent nécessairement engager cette lutte, car elles doivent élever leur certitude d'être pour soi à la vérité, en l'autre et en elles-mêmes. « Il est essentiel de noter que la lutte engagée est le contraire de la violence naturelle. Cette dernière a toujours pour enjeu la survie. Je me bats avec un autre pour assurer les moyens de ma conservation. Mais ici, la violence, le conflit ont précisément pour enjeu le refus d'être assimilé à un simple vivant qui ne serait guidé que par le souci de survivre. Cette lutte n'a pas pour enjeu la survie « biologique «, mais la valeur. Une fois comprise la nécessité de cette lutte à mort par laquelle j'essaie de faire la preuve de mon humanité comme liberté face à la vie, reste à en comprendre l'absurdité. L'enjeu est la reconnaissance par l'autre, qui seule peut faire la preuve que je suis bien ce que je prétends être. Or il est certain tout d'abord que cette lutte ne sert à rien si les deux meurent, ou refusent la lutte, ou qu'un seul survit. La seule configuration où la reconnaissance est possible est que l'un abdique par peur de la mort, souci de la survie, et l'autre non.
Dans son Discours de la servitude volontaire, Etienne de La Boétie s'étonnait de ce que la plupart des hommes obéissent à un seul, non seulement lui obéissent, sans y être contraints ni forcés, mais le servent, mais veulent le servir ; aussi en concluait-il que «la seule liberté les hommes ne la désirent point, non pour autre raison, ce semble, sinon que s'ils la désiraient ils l'auraient.. Dès lors l'on peut se demander pourquoi l'homme refuse ainsi la liberté, s'il n'a pas un besoin d'être dominé.

« commandant/commandé...

comme s'il n'y avait pas d'autre façon de commander que celle que supposel'esclavage ! Cela montre à quel point l'organisation esclavagiste de la société va de soi pour Aristote.Son caractère naturel est toujours au fond présupposé.La deuxième partie du texte enrichit l'idée d'un esclavage « naturel ».

La différence entre hommes libreset esclaves est naturelle si elle est marquée dans le corps et dans l'âme des individus.

Car la nature,pour Aristote, est finalisée : les phénomènes s'expliquent par ce pour quoi ils sont faits.

On doit doncpouvoir repérer une prédisposition naturelle à l'esclavage ou à la maîtrise.

Un corps robuste, fait pour lestravaux manuels, indiquera la « nature » esclave, comme un corps droit une « nature » faite pour laréflexion et la vie politique.

(Athènes était, à l'époque d'Aristote, une démocratie.

Si les citoyenspouvaient siéger à l'assemblée, c'est que les esclaves travaillaient à leur place.)Mais l'esclavage ou la liberté ne manifestent pas seulement leur prédisposition dans les corps.

Une âmebelle et supérieure est aussi nécessaire au citoyen propriétaire d'esclave.

Or il arrive que la naturebrouille les cartes : des esclaves peuvent avoir des corps d'hommes libres, mais ils n'en ont pas l'âme(c'est le sens de la phrase : « tels ont des corps d'hommes libres, tels en ont l'âme »).

Et, en ajoutantque la supériorité morale est plus difficile à apercevoir que la beauté des corps, Aristote suggère quecertains maîtres ne possèdent pas la vertu qui devrait être au fondement de leur statut.

La référence àune nature de l'esclave et du maître pourrait ainsi paradoxalement se comprendre comme une critique àl'égard de certaines pratiques sociales où les maîtres réels ne sont pas toujours ceux que la natureprescrit.

La justification que fait Aristote de l'esclavage n'est donc pas inconditionnelle. On se soumet par peur de mourirPour Hegel, la soumission d'un homme à un autre s'explique par la crainte de la mort.

Deux individuss'affrontent.

Le premier, par peur de mourir, refuse le combat et se soumet.

Il devient l'esclave.

Le secondaccepte de risquer sa vie pour être libre.

Il devient le maître. Hegel fait du conflit la relation fondamentale par laquelle chaqueconscience désire se faire reconnaître par l'autre.

Dans cette luttepour la domination, la conscience qui surmonte la crainte naturellede la mort l'emporte et affirme sa spiritualité, puisqu'elle a montréque sa vie n'est pas ce qu'il y a de plus essentiel pour elle.

Celuien qui l'esprit a dominé la nature devient donc le maître. 2.

Identité et dialectiqueL'esclave travaille pour le maître.

Le maître dépend donc del'esclave pour sa subsistance.

Tandis que l'esclave acquiert denouvelles compétences, le maître, qui dépend de l'esclave et serepose sur lui, finit par transformer sa maîtrise en servitude.

Lesrapports de pouvoir ne sont donc pas définitifs et peuvent fairel'objet d'un renversement dialectique, où le maître devient esclaveet l'esclave le maître.Hegel montre ainsi que l'identité réelle n'est pas l'identité naturelleou immédiate.

L'identité n'est pas donnée par l'origine ou lanaissance.

Elle n'est pas au commencement mais au terme d'unprocessus, et suppose un travail, une activité de l'esprit. « Pour se faire valoir et être reconnue comme libre, il faut que la conscience de soi se représente pour une autre comme libérée de laréalité naturelle présente.

Ce moment n'est pas moins nécessaire que celui qui correspond à la liberté de laconscience de soi en elle-même.

L'égalité absolue du Je par rapport à lui-même n'est pas une égalitéessentiellement immédiate, mais une égalité qui se constitue en supprimant l'immédiateté sensible et qui, de lasorte, s'impose aussi à un autre Je comme libre et indépendante du sensible.

Ainsi la conscience de soi serévèle conforme à son concept et, puisqu'elle donne réalité au Je, il est impossible qu'elle ne soit pasreconnue. Mais l'autonomie est moins la liberté qui sort de la présence sensible immédiate et qui se détache d'elle que, bien plutôt, la liberté au sein de cette présence.

Ce moment est aussi nécessaire que l'autre, mais ils nesont pas d'égale valeur.

Par suite de l'inégalité qui tient à ce que, pour l'une des deux consciences de soi, laliberté a plus de valeur que la réalité sensible présente, tandis que, pour l'autre, cette présence assume, auregard de la liberté, valeur de réalité essentielle, c'est alors que s'établit entre elles, avec l'obligationréciproque d'être reconnues dans la réalité effective et déterminée, la relation maîtrise-servitude, ou,absolument parlant, servitude-obéissance dans la mesure où cette différence d'autonomie est donnée par lerapport naturel immédiat. Puisqu'il est nécessaire que chacune des deux consciences de soi, qui s'opposent l'une à l'autre, s'efforce de se manifester et de s'affirmer, devant l'autre et pour l'autre, comme un être-pour-soi absolu, parlà même celle qui a préféré la vie à la liberté, et qui se révèle impuissante à faire, par elle-même et pourassurer son indépendance, abstraction de sa réalité sensible présente, entre ainsi dans le rapport deservitude.

» Hegel , « Propédeutique philosophique ».. »

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