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l'homme est-il par nature un animal politique ?

Publié le 01/01/2004

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Aristote définit la nature humaine en la qualifiant de «politique». Une référence hâtive à l'étymologie peut nous inciter à assimiler « politique » et « social » ; mais, à la réflexion, cette équivalence semble réductrice. En outre, définir la nature de l'homme par son caractère «politique» paraît exclure bon nombre d'individus, qui ne jouissent pas de droits civiques. L'exposé portera donc sur le sens à donner à l'adjectif «politique ». Nous commencerons par cerner la conception du politique chez Aristote, par opposition à celle de son maître Platon ; ensuite, nous définirons notre propre approche du politique en la référant à la notion de citoyenneté.

Tout homme est lié, plus ou moins étroitement, à la société de ses semblables. Doit-on en conclure qu'il est « par nature un animal politique «, selon l'expression d'Aristote ?

Aristote définit la nature humaine en la qualifiant de «politique«. Une référence hâtive à l'étymologie peut nous inciter à assimiler « politique « et « social « ; mais, à la réflexion, cette équivalence semble réductrice. En outre, définir la nature de l'homme par son caractère «politique« paraît exclure bon nombre d'individus, qui ne jouissent pas de droits civiques. L'exposé portera donc sur le sens à donner à l'adjectif «politique «. Nous commencerons par cerner la conception du politique chez Aristote, par opposition à celle de son maître Platon ; ensuite, nous définirons notre propre approche du politique en la référant à la notion de citoyenneté.

« (qui ne sont pas politiques, mais grégaires) se limite à l'expression des passions, le langage permet la formulation dejugements objectifs sur le juste et l'injuste, règles de la vie commune. B.

Les cités justes Mais, qu'est-ce qu'une cité juste ? C'est une cité où le pouvoir est exercé au profit de tous, et non au profitexclusif des gouvernants ou d'une frange de la population.

Dans ces derniers cas, le pouvoir ne mérite pas le nom de« politique », mais de despotique.

Une fois réglée la question première de la justice ou de l'injustice fondamentale du pouvoir (en vue de quigouverne-t-on ?), il faut se poser la question de son exercice (qui gouverne ?).

Interviennent alors les différentstypes d'organisation des pouvoirs, ou régimes.

« Il est nécessaire que le souverain soit un seul individu (monarchie), soit un petit nombre (aristocratie), soit ungrand nombre de gens (démocratie républicaine) » (Politique).

Chacun de ces régimes est bon, à condition que lepouvoir y soit exercé en vue du bien commun.

Sinon, l'on a affaire à des despotismes : respectivement, la tyrannie(monarchie pervertie), l'oligarchie, et la démocratie populiste (pouvoir exercé par une majorité pauvre à son seulbénéfice). 2.

Le meilleur régime A.

Le critère du meilleur régime La question du choix du meilleur régime n'est pas une question de légitimité, ni de justice, c'est un problèmepragmatique : quelle est la distribution des pouvoirs la plus apte, dans une situation donnée, à réaliser au mieux lafin même de la politique : le bien commun ? On ne se demande pas qui a le droit de gouverner, mais qui le fera lemieux pour le bien de tous.

Aristote refuse donc le principe selon lequel le pouvoir devrait être distribué proportionnellement à un quelconquefacteur individuel.

La cité n'est pas une association d'intérêts particuliers, où chacun devrait recevoir du pouvoir enfonction de son « investissement ». B.

Pourquoi la république ? Si nul régime n'est dénué d'avantages, la république apparaît cependant comme la constitution par excellence.D'abord, l'argument platonicien de l'incompétence du peuple n'est pas recevable : comme l'architecture ou la cuisine,la politique doit être jugée d'abord par l'utilisateur.

On connaît les excès de ceux qui veulent faire le bon-heur desgens malgré eux.

De plus, la politique est affaire d'expérience ; or, une somme d'hommes ordinaires en a plus que n'importe quel«philosophe-roi» bercé de théories abstraites.

Cette multiplicité des points de vue est fertile, elle enrichit ladélibération commune.

Enfin, une assemblée est moins rapidement corruptible qu'un seul homme, et moins sujette àla passion.

On évitera ainsi le risque de tyrannie qui menace toujours la monarchie.

Aristote précise cependant, retenons-le, que la république exige, sous peine de sombrer dans la démagogie et lepopulisme, une éducation populaire de haute qualité, capable d'éclairer le citoyen.

La vraie république est unearistocratie démocratisée, offrant à tous la possibilité de devenir le meilleur. « Toute cité est un fait de nature, [...] et l'homme est par nature un animal politique.

» Aristote, La Politique, Ive s.

av.

J.-C. « La science souveraine et au plus haut point organisatrice [...], c'est la science politique.

» Aristote, Éthique à Nicomaque, Ive s.

av.

J.-C. « J'avais vu que tout tenait radicalement à la politique, et que, de quelque façon qu'on s'y prît, aucun peuple neserait jamais que ce que la nature de son gouvernement le ferait être.

» Rousseau, Confessions, 1782 (posth.). »

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