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L'imagination est-elle le refuge de la liberté ?

Publié le 01/03/2004

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La capacité d'imaginer permet de se soustraire à une réalité ou de mieux la comprendre pour mieux préparer l'avenir. Mais elle peut aussi être le refuge névrotique de celui qui ne peut pas affronter une réalité qu'il ressent comme insupportable.

  • [L'imagination est une pure création de l'esprit. Elle n'obéit qu'à ses propres règles. Elle n'est soumise à aucune contrainte extérieure. L'homme n'est jamais autant libre que lorsqu'il imagine.]

L'imagination est une libre combinaison d'idées L'imagination est source de satisfactions Imaginer, c'est être libre Imagination et création

  • [L'imagination appartient autant à l'homme libre qu'à celui qui est emprisonné. Elle n'est donc pas un refuge, mais une illusion. Être libre, c'est pouvoir parler, se mouvoir, agir sur le monde.]

L'imagination ne remplace pas la liberté concrète Celui qui vit dans l'illusion n'est pas libre L'imagination déforme la réalité L'imagination corrompt nos perceptions L'imagination est la «folle du logis« L'imagination est un produit des passions

« apporte des bornes à sa puissance et à son exercice.L'argumentation se développe en deux grandes parties :1.

Du début à « hors ce qui implique absolument contradiction » : la pensée humaine semble pouvoir couvrir unchamp indéfini ; rien ne paraît lui échapper.2.

« Mais [...] matériaux » : en réalité, la pensée se meut dans une sphère limitée par les frontières de la sensibilité. A.

PREMIÈRE GRANDE PARTIE : « Rien [...] contradiction » La première grande partie semble affirmer l'idée d'une puissance illimitée de l'esprit humain.

Tandis que la premièresous-partie (« Rien [...] réalité ») énonce le thème de cet élan de la pensée de l'homme vers un champ dénué debornes, la seconde sous-partie (« Il [...] contradiction ») met, d'une part, l'accent sur la fonction de l'imaginationattachée à l' illimité et, d'autre part, formule un bilan sur la toute-puissance de la pensée. a) Première sous-partie : « Rien [...] réalité »La pensée de l'homme, à savoir l'activité mentale de l'esprit du sujet, se trouve d'emblée analysée et mise en cause.Car l'organisation et la liaison des sensations impliquent l'idée d'une pensée, force mentale agissant sur un ensemblede représentations et les combinant.Or, en première apparence, nous dit Hume, cette activité de combinaison et d'organisation mentale semble dénuéede toute limite.

Le limité, c'est ce qui désigne la réalité marquée par des bornes, tandis que l'illimité correspond à cequi échappe aux bornes et s'étend selon une progression indéfinie.

Il y a là une fondamentale distinction entre lelimité et l'illimité.

Pourquoi la pensée humaine paraît-elle illimitée ? Hume fournit ici deux arguments : d'une part, lapensée humaine est une activité de défi, témoignant d'une mise en question radicale de toute-puissance — ici,pouvoir — et de toute autorité humaine — ici, la force inspirant le sentiment du respect, le droit de commander,l'ascendant du maître, etc.

—et, d'autre part, la pensée transcende les bornes, les limites de la nature — l'ensemblede tout ce qui est donné, de ce qui existe — et de la réalité, de ce qui s'impose à nous par les sens.

Il y a là undouble argument qui paraît important.

Cette faculté qu'est la pensée ne s'affranchit-elle pas de tout ? Elle défie,c'est-à-dire refuse de s'incliner devant quoi que ce soit, autorité, pouvoir, etc.

D'autre part, la pensée n'est jamaislimitée par le réel.

La seconde sous-partie fournit des exemples afin de soutenir l'argumentation. b) Seconde sous-partie : « Il n'en [...] contradiction »Hume donne d'abord un exemple tiré de l'imagination.

Cette faculté humaine de former des représentations sensibles(tel est bien le sens du terme imagination chez Hume), cette puissance d'invention et d'artifice (second senscoextensif au premier chez Hume) crée, sans difficulté, des monstres, des êtres fantastiques et invente égalementdes formes, des organisations d'images discordantes, sans nul accord et harmonie.

Donc l'imagination est bel et biencapable de franchir les limites de ce qui est donné, de créer d'étranges artifices sans nul rapport avec la réalité.Inventer l'irréel singulier, telle est la caractéristique de cette imagination qui s'élance, jamais enchaînée au réel,jamais limitée, apparemment capable de tout créer.Enfin, la dernière phrase de cette sous-partie (« Ce [...] contradiction ») souligne que la pensée peut toutconcevoir et maîtriser, hormis ce qui implique contradiction, c'est-à-dire une opposition radicale entre deux termesou deux propositions dont l'un(e) nie ce que l'autre affirme.

En dehors des affirmations contradictoires, la penséepeut s'élancer dans tous les champs et s'emparer de tout.

Donc elle semble illimitée.

Rien ne borne la penséehumaine.

Pourtant, la seconde partie va démontrer le contraire. B.

SECONDE GRANDE PARTIE : « Mais [...] matériaux » La seconde partie développe l'idée que la pensée est en réalité bornée par la sensibilité.

Après avoir, dans unepremière sous-partie (« Mais [...] expérience ») souligné la limitation de la pensée, Hume, dans la seconde (« Quand[...] familières ») s'appuie sur un exemple pour renforcer son raisonnement.

Enfin, dans la troisième sous-partie («En un mot [...] matériaux »), il aboutit à la conclusion générale du texte : toute connaissance procède de lasensibilité, du fait de recevoir des excitations internes ou externes. a) Première sous-partie : « Mais [...] expérience »Les termes de sens et d'expérience jouent un rôle important.

Le premier renvoie à cette fonction nous permettantd'éprouver des sensations diverses (visions, etc.).

Le second désigne la totalité (potentielle) de l'émergence desphénomènes, en quelque sorte l'a posteriori de notre pensée : en bref tout ce qui est de l'ordre du fait ou del'intuition sensible acquise.Il ne faut pas s'illusionner sur les capacités de notre pensée.

La liberté de notre pensée est en fait resserrée dansdes limites fort étroites, bornée de manière précise.

Le « pouvoir créateur de l'esprit », c'est-à-dire la puissanced'invention, ex nihilo, à partir de rien, qui caractérise l'esprit — la pensée et la réflexion humaines — se ramène, enréalité, à tout autre chose : à une activité de combinaison de données que nous fournissent les fonctions sensiblesdiverses (les sens) et, d'autre part, les phénomènes globaux, les faits (l'expérience).

Ainsi, la seule possibilité quinous est laissée est de combiner, d'accroître ou de diminuer les données des sens.

Notre capacité de création àpartir de rien se trouve alors fort réduite. b) Seconde sous-partie : « Quand [...] familières »Hume démontre l'argument précédent par l'exemple de la montagne d'or.

Ici, une étrange association entre deuxfaits naturels, qui semblent bizarrement accouplés, le matériau précieux, propice à faire des bijoux, et l'élévation deforte altitude, avec élévation de terrain, cela semble une idée étrangère au réel ! Erreur, répond Hume.

Que faisons-nous ? Quand nous pensons une montagne d'or, c'est-à-dire exerçons une activité psychique comportant ces deux. »

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