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L'introspection est-elle un moyen infaillible de se connaître soi-même ?

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     L'introspection peut être entendue comme un moyen interne de se connaître soi-même. Or se connaître soi-même c'est se comprendre, se saisir de l'intérieur, reconnaître ce qui fait que je suis moi, unique et individuel. Mais surtout, se connaître, c'est être lucide envers soi-même. Très simplement cela peut se décliner aussi comme savoir d'où l'on vient (une histoire personnelle, des racines, un arbre généalogique). Mais ici, le point essentiel est de prendre le verbe « se connaître » dans toute sa radicalité. Se connaître consiste en une recherche intime avec soi-même : une introspection devant mettre à jour notre être profond et intime ; d'une certaine manière le mettre à nue. Il s'agit de se rendre intelligible à soi-même. Mais si l'introspection semble bien être un moyen de se connaître soi-même, cette méthode est-elle véritablement infaillible ? C'est-à-dire est-elle toujours une méthode sûre ? Permet-elle une certitude ? C'est bien la question à laquelle nous devrons répondre. Mais si l'introspection n'a pas un tel pouvoir, voire pas du tout, comment se connaître soi-même ? Mais surtout ne faut-il pas interroger le présupposé théorique de la question à savoir l'existence d'une substance analysable par l'introspection, c'est-à-dire d'un moi ou d'une âme ?             C'est donc suivant ces trois moments que nous entendons répondre à la question : « l'introspection est-elle un moyen infaillible de se connaître soi-même ? » c'est-à-dire étudier la valeur et la limite de la méthode d'introspection en vue de se connaître soi-même (1ère partie), dès lors rechercher une méthode capable de nous apporter une connaissance certaine sur nous (2nd partie) et enfin nous interroger sur la croyance substantialiste qui est le présupposé théorique même du sujet lui-même (3ème partie).  

« II – Connaissance de soi & action a) Je ne suis que ce que je fais de moi, c'est-à-dire que je détermine par rapport à mes choix. Dès lors, c'est moi,ma personnalité qui transparaît à travers mes choix qui sont autant d'états de conscience particuliers révélant qui jesuis, c'est-à-dire mettant un exergue alors un moi profond. Le moi n'est pas une insularité fixe qui ne change pas etc'est pourquoi l'introspection n'est non seulement pas infaillible mais surtout stérile cognitivement etgnoséologiquement. Comme le montre Bergson dans la Pensée et mouvant : tout est changement ; le moi y compris. La réflexion hors de l'action ne peut donc pas comprendre qui je suis puisque le moi ne se manifeste pas.Ce que je suis évolue en fonction de mes actions c'est-à-dire que le moi est pris dans la vie même, dans ma viemême. Le moi est fonction de l'évolution de mon action : « Essayez, en effet, de vous représenter aujourd'huil'action que vous accomplirez demain, même si vous savez ce que vous allez faire. Votre imagination évoque peut-être le mouvement à exécuter ; mais de ce vous penserez et éprouverez en l'exécutant vous ne pouvez rien savoiraujourd'hui, parce que votre état d'âme comprendra demain toute la vie que vous aurez vécue jusque-là avec, enoutre, ce qu'y ajoutera ce moment particulier […] Donc, à supposer que vous sachiez ce que vous ferez demain,vous ne prévoyez de votre action que sa configuration extérieure ; tout effort pour en imaginer d'avance l'intérieuroccupera une durée qui, d'allongement en allongement, vous conduira jusqu'au moment où l'acte s'accomplit et où ilne plus être question de la prévoir ».b) Mais si l'introspection marque bien son incapacité à produire une connaissance de soi-même positive ou fécondec'est aussi essentiellement parce qu'elle se fonde sur une idée d'un Etre, c'est-à-dire d'une substance alors quenous ne sommes pas : nous existons. Et c'est bien ce que l'on peut avoir avec l'introduction de Sartre dans l'Etre et le Néant . En effet, pour qu'il puisse y avoir une introspection légitime il faudrait qu'existe un noyau d'être, c'est- à-dire une chose qui ne bouge pas, qui nous définirait une fois pour toute et qu'il s'agirait d'atteindre pour savoir quije suis. Et pour ces raisons aussi que Sartre refuse la thèse de l'inconscient qui fonctionne sur le même principe.Ainsi, l'introspection rechercherait à pénétrer dans un moi, certes imaginaire, tout au moins aussi fantasmé que laglande pinéal cartésienne. En d'autres termes, si se connaître soi-même est seulement possible dans l'action c'estprincipalement parce qu'il faut mettre fin à la distinction entre Etre et paraître qui permettrait alors de se connaîtrepar la réflexion puisqu'il y aurait un être fixe à découvrir. Or rien de tel n'existe dans l'homme. Plus radicalement,l'homme n'a pas d'essence comme il clamera notamment dans l'Existentialisme est-il un humaniste ? , l'être-en-soi de la table est d'occuper la fonction de table, celle de l'homme n'est pas d'être garçon de café. N'ayant pas d'être ausein substantialiste du terme : l'introspection est alors une méthode fallacieuse.c) Et c'est pour cela que la mauvaise foi joue un rôle si important chez l'homme : c'est parce qu'elle lui permet decroire qu'il n'est pas ce que sont ses actions. Et c'est bien ce que l'on peut voir avec le cas du collaborateur lors deSecond Guerre mondiale, exemple pris par Sartre dans l' Existentialisme est-il un humanisme ? , qui ne veut pas se reconnaître comme collaborateur mais s'excuse par les circonstances de son action reprenant alors à son compte ladistinction illusoire entre être et paraître. Mais dès lors, s'il essaye d'échapper à son action c'est ici parce qu'ilessaye d'échapper à la honte donc au regard d'autrui. C'est bien l'action et non l'introspection qui nous donne accèsà nous-mêmes, c'est-à-dire peut produire une connaissance de soi. Transition : Ainsi l'introspection n'est pas possible du seul fait que je n'ai pas d'être ou d'essence comme une table a uneessence. Ce n'est qu'à travers l'action, à travers l'image que j'ai dans l'action de moi-même. L'action joue le rôled'un révélateur de moi-même. Mais dès lors pourquoi croit-on, notamment le sens commun, que la méthodeintrospective peut nous apprendre quelque chose sur nous-même III – Connaissance de soi & illusion substantialiste du moi a) Et c'est bien toute la question que pose et tente de résoudre Hume dans la section VI, partie IV du livre I du Traité de la nature humaine . En effet, nous avons une tendance naturelle à croire en l'existence d'un moi. L'esprit ne saisit jamais rien d'une chose comme le moi en tant que réalité simple et indivisible et ne peut tomber uneperception particulière de cette sorte. Mais ce qui est intéressant de remarqué dans la formulation même de cettepremière phrase c'est bien le point de vue qui est adopté par Hume ici. En effet, il parle de pénétrer au plus intimedu moi, or cette référence au moi est sans cesse redoublée sans doute pour en manifester l'absence mais l'on nepeut s'empêcher de considérer la méthode employée comme étant très proche de l'introspection voire de la postureméditative que prend Descartes dans les Méditations. Or ce recentrement sur l'esprit ne produit pas même lacertitude du moi. En effet, il s'agit toujours d'une perception particulière, mais il ne s'agit d'une seule et mêmeperception qui serait toujours la même sinon l'idée de moi pourrait alors être le pendant de cette perception.b) Or les paragraphes 4 & 5 de section VI, partie IV du livre I du Traité de la nature humaine de Hume nous montrer en deux moments essentiels que nous n'avons pas d'intuition du moi vu qu'il n'y en a pas d'impression toutd'abord : que donc l'esprit ne saisit le moi comme une réalité simple et indivisible, et lorsqu'il se cherche, il ne peutjamais tomber sur une perception particulière et dans un second il en viendra alors la conséquence que notre espritest un théâtre, c'est-à-dire que les hommes ne sont que des paquets de perceptions successives où défilent despersonnages sans auteur, sans pièces et sans metteur en scène. L'identité personnelle est purement fictive.Pourtant si elle est fictive n'est pas au même titre qu'une chimère, il y a donc aussi des rang dans les fictions etc'est bien cet ensemble qui marque l'originalité du texte dans l'économie même du premier livre du Traité de lanature humaine.c) En ce sens, Hume dans la section VI, partie IV du livre I du Traité de la nature humaine nous dit bien que le moi est une idée fictive, donc que toute introspection est donc vouée à l'échec, pourtant, nous avons une tendancenaturelle à croire en l'existence du moi. L'esprit est un théâtre : il est sans cesse en mouvement. L'usage de la »

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