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L'objet technique prend-il la place de l'oeuvre d'art ?

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technique Le rôle et la nature de l'art ne sont pas fixés une fois pour toutes. Ils varient selon ce que les civilisations demandent à l'art. Dans un monde soumis au développement des techniques, l'art doit-il s'associer à elles au point de s'en rendre dépendant ? Doit-il s'exercer sous forme de divertissement de masse, ou doit-il en être le témoin critique et l'antidote ? Doit-il viser le beau ou se détourner de cette recherche au profit d'autres ambitions ? Le plus important en la matière est peut-être de n'avoir pas d'idées préconçues sur ce que l'art devrait être, puisque l'une de ses caractéristiques est précisément de modifier notre façon de voir et de percevoir le monde que nous produisons et dans lequel nous vivons. Introduction      Le lien entre la technique et l'art ne va pas de soi, c'est pourquoi il a été souvent contesté dans l'histoire. En effet, le pur produit issu d'une construction perspectiviste et voulent se rapprocher au maximum de la réalité diffère de celui qui provient d'une source créatrice telle que l'imagination. Toutefois (et on ne saurait le nier) bon nombre d'oeuvre d'art, ainsi que l'histoire de l'art, est fondé sur ce mariage entre la technique et l'art ; ainsi on ne doit pas négliger la part technique qui réside dans des travaux artistiques comme l'architecture, la sculpture et aussi la peinture. Mais en dehors de cette ancillaire précieuse, n'y a-t-il pas une influence néfaste de l'objet technique sur l'oeuvre d'art, en tant qu'il s'approprie un domaine et le dénature ?

 

     Le lien entre la technique et l’art ne va pas de soi, c’est pourquoi il a été souvent contesté dans l’histoire. En effet, le pur produit issu d’une construction perspectiviste et voulent se rapprocher au maximum de la réalité diffère de celui qui provient d’une source créatrice telle que l’imagination. Toutefois (et on ne saurait le nier) bon nombre d’œuvre d’art, ainsi que l’histoire de l’art, est fondé sur ce mariage entre la technique et l’art ; ainsi on ne doit pas négliger la part technique qui réside dans des travaux artistiques comme l’architecture, la sculpture et aussi la peinture. Mais en dehors de cette ancillaire précieuse, n’y a-t-il pas une influence néfaste de l’objet technique sur l’œuvre d’art, en tant qu’il s’approprie un domaine et le dénature ?        

« a. Les occurrences du terme « art » sont multiples. Dès lors, parler de l'art culinaire ou de l'art d'être père ne se rapporte pas à l'art compris à travers les Beaux-Arts. Aussi, toute production qui n'est pas issue directement de lanature, mais qui dépend de l'habileté humaine est en un sens de l'art (surtout si cette habileté est réfléchie). Oncomprend alors que pour qu'un objet entre dans la catégorie « art », il faut qu'il soit produit suivant une méthode.Mais le terme « art » reste encore bien large, puisque l'on peut fabriquer, par une méthode précise, des horloges,des outils, ou encore un discours ou un poème. On doit remonter aux sources grecques de notre culture pourpousser un peu plus l'analyse du mot. Le mot grec ancien « technè » (que l'on retrouve dans « technique » par exemple), signifie métier, art, habileté de faire quelque chose, mais aussi méthode, et même ruse. Le terme latincorrespondant est « ars ». Ainsi notre langue utilise ces deux racines : art, artiste, artistique d'une part (relatif à « ars »), et technique, technicien d'autre part (« tehnè »). C'est grâce à ces deux origines terminologiques que l'ondivisera deux domaines de l'art : on distingua d'abord les arts libéraux (dignes d'occuper les loisirs d'un homme libre), appelés plus tard les Beaux-Arts (principalement l'architecture, l'art décoratif, la gravure, la musique, la peinture etla sculpture), et d'autre part les arts mécaniques (toutes les techniques fondées sur le travail manuel). Ainsi intervient le terme « technique » au 18 e siècle, pour désigner les procédés matériels qui interviennent dans un art. Ce même mot désigne aujourd'hui tous les procédés d'action et de fabrication, mais surtout ceux qui appliquent unsavoir scientifique, et pour lesquels l'enseignement théorique se joint à l'apprentissage pratique. b. C'est dans sa Critique de la faculté du juger (§ 43, 1790) que Kant (1724-1804) fait la distinction entre l'art et la science : l'art est aussi considéré par Kant comme « habileté de l'homme ». Il le distingue de la science, comme il distingue en ce sens la faculté pratique (habileté technique, savoir-faire, comme celle de l'arpentage)de la faculté théorique, juste liée au savoir (science, géométrie). L'art estainsi du côté du pouvoir, et non du savoir. Pouvoir fabriquer des chaussuresest un art, mais pas le savoir théorique pour les concevoir. II. Vers une union technique/art a. Mais définir la technique par son but utilitaire (utilité des chaussures, d'avoir l'heure, d'écrire un poème rapidement pour une conquête, etc.), et sesprocédés rationnels, et lui opposer l'art, c'est limiter le domaine de ce dernier,car on ne dit pas encore ce qu'il est. En effet, si l'on tente d'énumérerquelques exemples types d'œuvre d'art, on en vient à être frappé par leurvariété. Il y a donc lieu de chercher ce qu'il y a de commun à une œuvremusicale, une chorégraphie, un poème, une sculpture. Peut-on ouvrir le cerclefermé des arts reconnus et consacrés, pour intégrer des formes récentes decréation comme la chanson, la bande dessinée, la publicité, le design ? Le cinéma a-t-il lui aussi son mot à dire ? Mais encore, en considérant uneextension de l'art, comment peut-on distinguer sans hésitation le chefd'œuvre ou l'œuvre tout court, du banal produit commercial ? b. Si comme on l'a vu plus haut, l'art se différencie de la technique, on peut penser que l'apparition du 7 e art, le cinéma, est capable d'œuvres exceptionnelles. En effet, le cinéma peut permettre de mettre en scène« l'inconscient instinctif », comme le souligne si bien W. Benjamin , dans « L'œuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée » (in Essais , 1935). Les procédés mis en œuvre (gros plan, ralentissement des actions, balayage du champ, plongée, coupures et isolements, etc.) transforment aussi bien la vie concrète (tel lieu, telrecoin d'un objet) que notre appréhension de l'expérience humaine (manière de prendre une tasse de café selonl'humeur). Le ralenti d'une personne en train de marcher nous ouvre sur le plan inexploré des aléas du mouvement,et le gros plan d'un visage nous informe de la dynamique des traits du personnage : « Il est bien clair, parconséquent, que la nature qui parle à la caméra est tout autre que celle qui s'adresse aux yeux. Autre surtout parceque, à l'espace où l'homme agit avec conscience, elle substitue un espace où son action est inconsciente ». Il suffitde regarder certains films de grands cinéastes (A. Hitchcock, O. Wells, M. Scorsese, Polanski, et bien d'autres) pourapprécier les effets de l'art cinématographique. L'art est ainsi une production technique comme les autresnotamment en architecture où ce sont les ingénieurs qui sont véritablement artistes. Ainsi les constructions en fer,l'assemblage de poutrelles métallique peut permettre de réaliser de véritable œuvre d'art comme la Tour Eiffel. Lesinnovations techniques elles-mêmes peuvent être l'origine d'œuvre d'art nouvelle. Le passage de l'art roman à l'artgothique, comme l'introduction du fer dans la construction a permis la naissance de nouveaux styles artistiques. III. L'objet technique comme occasion (conceptuelle ou destructrice) d'une œuvre d'art a. Si l'intention définit l'œuvre, avec Kant par exemple, elle peut se dissimuler derrière un acte subversif et ironique. Mais l'intention ne se donne pas facilement à voir. Ainsi pour M. Duchamp , l'œuvre présente un concept, une proposition sur l'art. Le concept doit s'incarner dans un objet physique par exemple (urinoir, porte-bouteille). Le« ready made » de Duchamp peut être dit œuvre conceptuelle, puisque l'objet ne suffit pas à définir le concept. Le« ready made » sera défini comme étant un « objet usuel promu à la dignité d'objet d'art par le simple choix del'artiste » ( Dictionnaire abrégé du surréalisme ). La description pour Duchamp prime sur la perception (il n'y a rien à voir dans l'urinoir). L'œuvre ne consiste pas dans l'objet, mais dans l'acte même. L'objet n'est que l'occasion duconcept, et seul le geste de l'artiste (décision d'exposer un objet banal) rend compte du sens de l'œuvre. La beautés'infiltre dès lors plus dans l'idée que dans l'objet. »

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