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Ma liberté s'arrête-t-elle où commence celle d'autrui ?

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" Ma liberté s'arrête là où commence celle d'autrui ": cette affirmation paraît comme une évidence. Pourtant la philosophie nous engage à nous méfier des évidences. Le sujet proposé nous invite précisément à penser cette évidence "allant de soi" pour tenter de la remettre en question. Cette affirmation répond en fait à la problématique suivante: comment les libertés des uns et des autres peuvent-elles coexister ensemble au sein d'une même société ? Ou encore, la liberté des uns n'est-elle pas inconciliable avec celle des autres ? Car si l'une commence là où s'arrête celle de l'autre, les libertés semblent ne pouvoir s'accepter et se reconnaître mutuellement l'une l'autre. Première partie: Coexistence des libertés et tolérance (plan détaillé)"La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui" est-il écrit dans la "Déclaration universelle des droits de l'homme" de 1789.  Ce qui signifie que seule la liberté doit arrêter la liberté.

HTML clipboardLa liberté doit-elle avant tout être définie comme relevant du politique ou du social (définie par des droits et délimitée par des devoirs à l'égard d'autrui), ou au contraire renvoie-t-elle avant tout l'individu à lui-même et à ses propres possibilités ? Peut-on vraiment dire que ma liberté s'arrête là où commence celle d'autrui ? Est-ce qu'elle n'y trouve pas plutôt, à condition de la respecter, l'occasion de toutes sortes de possibilités ? La liberté est-elle l'exercice de la puissance ou le droit du plus fort ? Ma liberté n'est-elle pas dans le pouvoir de nier celle d'autrui ? Mais alors ma liberté n'est pas plus garantie que celle d'autrui (car je peux très bien rencontrer plus fort que moi) ; c'est le point de vue de Rousseau : en niant la liberté d'autrui, c'est la liberté en général que je nie, et par là c'est ma liberté que je me dénie. Le tyran n'est pas plus libre que les esclaves sur lesquels il règne. On n'est pas libre aux dépens des autres. Comment exercer sa liberté seul ? N'est-ce pas autrui qui donne un contenu à ma liberté ?

« II) Seule la loi, universelle et la même pour tous, permet d'arbitrer (Kant) A) L'opposition entre droit et privilège. 1) La revendication de privilèges : réclamer des droits pour un individu ou un groupe au détriment de la liberté desautres. 2) Un droit est le contraire d'un privilège : il suppose l'égalité de tous devantla loi, il vise l'universel et non le particulier. (Kant)• Ex: le suffrage universel par opposition au suffrage censitaire. B) La loi comme garant de l'universel. 1) Le but de toute loi véritable est de rendre possible la coexistence deslibertés individuelles conformément à une loi universelle. 2) Ce n'est qu'à cette condition que l'« arrêt » d'une liberté devant une autrene décrit plus un état de fait (la liberté s'arrêtant parce qu'elle rencontre unobstacle) mais devient ce que prescrit le droit : toute liberté doit s'arrêter làoù elle commencerait à empiéter sur la liberté de l'autre. C) La loi comme fondement de la liberté. 1) La loi garantit à chaque citoyen le respect de ses libertés fondamentales. 2) Le rôle de la loi n'est pas seulement de réguler l'usage des libertés, maisaussi de les établir. III) La dimension collective de la liberté. A) L'instauration de la liberté civile suppose non pas une limitation de la liberté naturelle mais sonabandon pur et simple. (Rousseau) 1) Sur le plan politique, la liberté ne peut être que collective. C'est un peupletout entier qui est libre ou qui ne l'est pas.• Ex.: libération de la France à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale. 2) Dans la sphère privée, c'est une relation qui est libre ou qui ne l'est pas.L'un des membres du couple ne peut être libre si l'autre ne l'est paségalement. La liberté ne peut consister à asservir autrui. B) Les libertés, loin de se combattre, s'appellent et s'éveillentmutuellement. (Lévinas) 1) La liberté ne peut être conçue de façon quantitative.• Elle ne se « partage » pas, comme les parts d'un gâteau ou les parcellesd'un terrain entre les différents héritiers. On ne peut lui appliquer la formule :« plus l'un sera libre, moins l'autre le sera ». 2) Tout au contraire, la liberté est partagée par les différents individus.• Plus l'autre prend de liberté à mon égard, plus il m'ouvre un espace deliberté en retour. 3) Ma liberté et celle de l'autre ne peuvent se soustraire mais plutôt seconjuguer et s'éveiller mutuellement.• Rencontrer un homme libre (Gandhi, Jésus, etc.) n'est pas une menace pour ma liberté mais au contraire commeune invitation à vivre moi-même en homme libre. Conclusion La phrase repose sur une confusion entre liberté d'une part, et possession, pouvoir, ou domination de l'autre. C'estdans le rapport de forces que plus l'un prend d'ascendant, plus l'autre subit sa férule. Le tyran n'est pas libre tantque le peuple ne l'est pas. Sa conduite lui est dictée par sa position de tyran. La liberté ne peut consister à asservirautrui. Celui qui veut dominer autrui est lui-même esclave de son besoin de domination, besoin qui s'ancre lui-mêmesans doute dans une peur de l'autre, qu'on veut dominer pour n'avoir plus à le redouter comme autre. »

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