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Mort, Souffrance, Injustice : est-ce le dernier mot de la condition humaine ?

Publié le 25/06/2005

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La mauvaise conscience provient du fait que mon vol et mon crime auraient pu ne pas avoir lieu. En effet, je me sentirais certainement moins coupable de ces actes en ayant la certitude qu'il m'était impossible d'éviter de les commettre - si je n'avais effectivement fait rien d'autre qu'agir selon ma nature et non selon ma volonté, ou pour le dire autrement, si mes actions pouvaient me paraître nécessaire. C'est donc en tant que ma volonté était libre que le mal que j'ai commis est tel : ma conscience m'indique bien que ma volonté ne portait pas la marque de ma finitude, que je n'ai pas agi par nécessité, c'est-à-dire conformément à ma nature. b)      il faut distinguer en l'homme ce qui est fini de ce qui est infini Descartes, dans les Méditations métaphysiques, montre que l'homme, être crée, possède donc certaines limites (seul Dieu est parfait). il y a en l'homme une chose qui le rapproche de Dieu : la liberté de vouloir. En effet, celle-ci « me fait connaître que je porte l'image et la ressemblance de Dieu « en ce qu'elle est, parmi mes facultés, la seule qui soit infinie : elle ne se limite pas à ce que l'entendement (ou faculté des représentations abstraites) me présente. L'usage de la volonté est donc entièrement en son pouvoir lorsqu'il est question d'agir. Dans Les passions de l'âme,  Descartes insiste sur l'idée que le corps dispose ou encourage l'âme à agir sans pour autant que l'âme soit impuissante face à ces pressions physiques : l'âme n'est aucunement contrainte à vouloir l'action que le corps lui propose (exemple : fuite face au danger ; ma lâcheté est le fait de la peur } le fait que je me suis laissé emporté par elle).   Transition : §         Si l'homme était rigoureusement fini, il serait vain de vouloir remédier à la souffrance, la mort et l'injustice. Celles-ci auraient bien sûr le « dernier mot «.

  • Analyse du sujet :

·        Il s'agit de s'interroger sur l'imperfection humaine.

·        « Mort, souffrance, injustice « sont des maux :

Ø      le 1er désigne le mal métaphysique, la finitude : la mort est la marque de notre inscription dans le temps (en tant qu'êtres mortels, nous sommes engendrés et corruptibles).

Ø      le 2nd désigne le mal physique, la douleur : la souffrance est la marque de notre nature sensible, de notre corporéité.

Ø      le 3ème renvoie au mal commis, à la faute. Injustice est un mal, participe de notre imperfection en ce qu'elle introduit un désordre : des méchants ne sont pas punis et des innocents souffrent. C'est sur ce dernier terme que se concentre l'expression « dernier mot « dans la mesure où on peut rapporter le 1er et le 2nd à celui-ci.

·        Savoir si ces maux, qui appartiennent à la condition humaine en sont « le dernier mot «, consiste à se demander si l'humanité n'est finalement que cela : sommes-nous condamnés à l'imperfection ?

·        Mais plus précisément, il s'agit d'évaluer quelle attitude adopter face à ces maux : sont-ils le « dernier mot « de notre condition = doit-on nous résigner à l'imperfection ? Si l'imperfection est le dernier mot de notre condition, quel sens y a-t-il à chercher à vouloir nous améliorer ? Se révolter contre la mort, la souffrance, l'injustice, n'est-il pas vain ?

  • Enjeux : 1) La possibilité du bonheur. Sommes-nous voués au malheur ? Le bonheur est-il un idéal impossible ? 2) La responsabilité face au mal (en particulier le mal moral). L'homme ne peut-il pas éviter certains maux ? Auquel cas, la mort et la souffrance sont-elles forcément injustes ?

  • Problématique : La mort, la souffrance, l'injustice nous scandalisent : elles nous sont insupportables car elles introduisent du désordre et heurtent notre sensibilité ou notre sens moral. Néanmoins, on admet aussi que l'imperfection caractérise notre condition et de ce fait, on peut être tentés par la résignation ou l'indifférence. Dans ce cas, la mort, la souffrance et l'injustice sont posées comme dernier mot de la condition humaine : elles se trouvent justifiées, voire banalisées, par un certain fatalisme. Comment expliquer ces deux attitudes si éloignées ? L'imperfection est-elle le dernier mot de notre condition de sorte qu'il ne sert à rien de s'indigner, voire de se révolter, contre elle, ou bien, une telle conception est-elle au contraire une solution facile nous dispensant de tout progrès ?

 

« Nous avons vu que le mal n'était tel que d'un certain point de vue : en admettant qu'il est inscrit irrémédiablement dans la nature humaine, son caractère nécessaire révèle la faiblesse de celui qui ne peut serésoudre à le voir comme allant de soi (la mort, la souffrance, l'injustice sont les conséquences nécessaires decauses nécessaires).

L'imperfection n'est telle que si elle est évaluée selon un idéal plus ou moins avoué deperfection.

Mais plus précisément, l'imperfection est un mal parce qu'on présuppose aussi qu'elle pourrait ne pas être. Mais comment pourrions-nous éviter les maux qui lui sont liés si nous sommes bien, par nature, des êtres finis ? La mauvaise conscience est l'expérience qui tend à nous montrer que le mal est contingent. Mettons que je commette un vol et que je ressente cet acte comme un mal, comme une injustice.

Admettons aussi que, pourpréserver mon acte de tout témoin, je sois amenée à tuer quelqu'un.

Cette mort dépend de moi et je m'en senscoupable.

D'où vient alors mon sentiment de culpabilité ? N'ai-je pas fait que déployer ma force pour satisfaire mondésir ? Pourquoi me sentir responsable si la mort, la souffrance et l'injustice sont liées à la condition humaine ? La mauvaise conscience provient du fait que mon vol et mon crime auraient pu ne pas avoir lieu.

En effet, je me sentirais certainement moins coupable de ces actes en ayant la certitude qu'il m'était impossible d'éviter de lescommettre – si je n'avais effectivement fait rien d'autre qu'agir selon ma nature et non selon ma volonté, ou pour le dire autrement, si mes actions pouvaient me paraître nécessaire.

C'est donc en tant que ma volonté était libre quele mal que j'ai commis est tel : ma conscience m'indique bien que ma volonté ne portait pas la marque de ma finitude, que je n'ai pas agi par nécessité , c'est-à-dire conformément à ma nature. b) il faut distinguer en l'homme ce qui est fini de ce qui est infini Descartes, dans les Méditations métaphysiques , montre que l'homme, être crée, possède donc certaines limites (seul Dieu est parfait).

il y a en l'homme une chose qui le rapproche de Dieu : la liberté de vouloir.

En effet,celle-ci « me fait connaître que je porte l'image et la ressemblance de Dieu » en ce qu'elle est, parmi mes facultés, la seule qui soit infinie : elle ne se limite pas à ce que l'entendement (ou faculté des représentations abstraites) meprésente.

L'usage de la volonté est donc entièrement en son pouvoir lorsqu'il est question d'agir.

Dans Les passions de l'âme , Descartes insiste sur l'idée que le corps dispose ou encourage l'âme à agir sans pour autant que l'âme soit impuissante face à ces pressions physiques : l'âme n'est aucunement contrainte à vouloir l'action que le corps luipropose (exemple : fuite face au danger ; ma lâcheté est le fait de la peur } le fait que je me suis laissé emportépar elle).

Transition :§ Si l'homme était rigoureusement fini, il serait vain de vouloir remédier à la souffrance, la mort et l'injustice. Celles-ci auraient bien sûr le « dernier mot ».

Toutefois, cette mise en échec de notre aspiration au bonheur, ne vaut que si l'on oublie que l'homme a toujours le choix.§ Cependant, il n'en reste pas moins que le corps reste fini, prisonnier de l'imperfection (c'est lui qui meurt, nous fait souffrir, et peut, lorsque la volonté ne s'efforce pas de le maîtriser, nous rendre injustes) : commentpenser cette division de l'homme ?§ N'est-ce pas une solution de rabais que de poser que l'homme est tantôt innocent et tantôt coupable de l'imperfection ? La question initiale demande de déterminer ce que peut être le « dernier mot » de la conditionhumaine : autrement dit, il faut trancher.

3- LA CONDITION HUMAINE COMPREND À LA FOIS LE MAL COMME LE BIEN Comme le note Augustin, pour être corrompu, il faut d'abord être .

Telle est l'idée qui peut résoudre notre problème : la mort, la souffrance, l'injustice sont des valeurs négatives, qui n'ont donc qu'une valeur relative : elles ne sont pensables que par rapport à ce qu'elles ne sont pas. Augustin en ce sens compare le négatif, l'imperfection à l'obscurité et au silence qui ne sont qu'absence de lumière et de bruit ; leur essence n'est donc que négative.

Aussi la mort, la souffrance et l'injustice n'ont de réalitéque si elles viennent porter atteinte à notre vie.Augustin en vient donc à poser que tout ce qui est est bon, y compris les choses qui se corrompent.

Pourquoi ? « la corruption nuit, et si elle ne portait atteinte à ce qui est bon, elle ne nuirait pas » ; or, la corruption ne peut être privation totale du bien : « qu'une chose viennent à être privée de tout bien, ce sera le néant » (être = bien donc on ne peut être totalement privé de tout bien sans être privé de tout être).

Donc, « aussi longtemps que les chosessont, elles sont bonnes ». Si je suis mortel, c'est d'abord que je suis vivant (vivre = un bien) ; si je souffre, je pâtis, c'est que je suis car pour souffrir, il faut d'abord être (existence = un bien) ; pour penser l'injustice, il faut d'abord savoir c qu'est lajustice, le bien.

Finalement, donner le dernier mot à l'imperfection = avoir une vision partielle concentrée sur le négatif.. »

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