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Nature de la causalité en histoire

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Introduction. — Bien que la notion de cause nous vienne de l'expérience interne, nous nous représentons la causalité en recourant à des expériences empruntées au monde matériel : par exemple au jeu de billard. Mais à s'en tenir à ce genre d'exemples on ne comprendrait guère l'histoire : sans doute, dans son déroulement interviennent bien des faits analogues à la rencontre de deux billes, mais ces faits n'agissent qu'intégrés dans un contexte autrement complexe et il en est d'ordres bien différents.
Nous tâcherons d'abord de prendre conscience de la variété des causes dans ce domaine ; puis de déterminer les caractères spécifiques de la causalité historique.

I. — VARIÉTÉ DES CAUSES EN HISTOIRE

Par histoire on entend soit l'étude du passé des sociétés humaines, soit ce passé lui-même. Le rôle de l'historien est de faire revivre et de faire comprendre ce passé, ce qui suppose qu'il connaît des causes des événements qui le constituent. S'agissant des sociétés humaines, ces causes appartiennent d'abord à l'ordre humain et sont de nature psychologique. Mais, l'homme étant corps en même temps qu'esprit et vivant dans un monde matériel, son comportement ainsi que son psychisme sont grandement influencés par ce milieu ; de là des causes physiques dont nous parlerons en premier lieu.

« Cette prévalence du spirituel nous suggère que la causalité historique diffère notablement de la causalité physique. II. - NATURE DE LA CAUSALITÉ EN HISTOIRE A. Remontée aux principes. — Le principe de raison suffisante qui régit le réel vaut du monde historique comme dumonde matériel : s'il n'en était pas convaincu, l'historien ne chercherait pas à expliquer le passé. Mais il estclassique de distinguer deux applications de ce principe : la causalité et la finalité.D'après le principe de causalité, tout ce qui commence a une cause efficiente, c'est-à-dire un antécédent qui le faitcommencer. D'après le principe de finalité tel que le conçoivent les métaphysiciens, c'est tout le réel qui tend vers une fin ou unbut. Mais la fin vers laquelle tend un caillou qui tombe sans rien connaître et sans rien désirer n'offre qu'une analogielointaine avec la fin du tailleur qui confectionne un habit. Or la finalité dont nous avons l'expérience et qui, par suite,donne sa signification propre au mot « fin », est celle que nous observons dans le comportement humain et dont letailleur nous fournit un exemple. Par suite, prenant les mots dans leur acception usuelle, nous pouvons formuler ainsile principe de finalité : la finalité, c'est-à-dire l'adaptation des moyens à une fin, suppose une intelligence ;réciproquement, un être intelligent adapte les moyens à la fin qu'il envisage.La première de ces formules intervient en biologie où il est difficile de ne pas attribuer une fin à des organes commel'oeil ou la main ; la difficulté est qu'on ne voit pas l'être intelligent qui adapte les moyens à la fin ; de là l'oppositionde certains savants à l'explication finaliste en biologie. Au contraire, elle s'impose universellement en anthropologie ;aussi lorsque, fouillant un habitat préhistorique, les chercheurs tombent sur des silex taillés de manière à servir dehache ou de racloir, attribuent-ils ce travail à un être intelligent.La seconde formule, « un être intelligent adapte les moyens à la fin qu'il envisage » est impliquée dans lesnombreuses questions suscitées par ce que nous voyons de la conduite des autres : pourquoi cette démarche,cette parole ou ce silence ?En bref, la finalité, qui n'apparaît pas dans la matière brute et qui reste mystérieuse dans la vie purementvégétative, est manifeste dans l'activité humaine. Or c'est d'activité humaine qu'est faite l'histoire. B. Causalité efficiente et causalité finale en histoire. —Causes et fins contribuent donc au déroulement des faitshistoriques. Mais si les causes proprement dites ou causes efficientes fournissent l'explication éloignée ou parfoisprochaine que cherche l'historien, l'antécédent immédiat appartient à l'ordre de la finalité. L'intervention de laconscience et de la pensée font que, au lieu de subir purement et simplement, comme la matière brute, l'action descauses, l'agent vise la réalisation d'une fin. Aussi ne dit-on pas que l'homme est déterminé par des causes : il estdéterminé par des mobiles et il se détermine pour des motifs ou des raisons. Il n'en est pas autrement de l'histoire. Conclusion. — Aussi, en histoire, l'explication est-elle autrement complexe qu'en physique. L'environnement physique agit sur la vie des sociétés humaines, mais non pas comme la chaleur et le froid agissent sur la pierre :entre l'action subie et la réaction humaine qui en résulte se situent une conscience et une pensée, individuelles etcollectives, qui donnent à lréalité physique un sens qu'elle n'a pas par elle-même. Mais c'est précisément le caractère humain des réactions dessociétés aux conditions matérielles qui permet leur compréhension et l'histoire compréhensive. »

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