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Ne travaille-t-on que pour subvenir à nos besoins ?

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Le travail n'est-il qu'un moyen, un instrument pour parvenir à une fin, et cette fin est-elle de subvenir à ses besoins ? Subvenir à ses besoins, est-ce gagner sa vie ? On va parler de la valeur marchande du travail. Le travail ne permet-il que d'avoir un salaire permettant de subvenir ? Le travail, par définition, a pour but la satisfaction d'un besoin. Pourtant, il n'est pas qu'une valeur marchande, il a une valeur sociale, morale. Et le travail créateur, artistique, ne rentre pas du tout dans le cadre d'une utilité matérielle. C'est également un moyen de prendre conscience de soi (d'acquérir une certaine dignité, puisque ne pas travailler dans notre société conduit à la déchéance). Le travail satisfait-il tous les besoins ?

  • Bien lire le sujet: le travail est présenté par l'intitulé de la question comme simple moyen pour l'homme de subvenir à ses besoins, ce serait la première caractéristique du travail. Il conviendra donc de se demander en quoi le travail permet une telle satisfaction des besoins puis de dépasser cette première détermination. Il faut cependant éviter de présenter le devoir comme un catalogue d'opinions possibles sur le travail qui ne s'articuleraient pas entre elles selon une véritable nécessité (« le travail ne permet pas seulement de subvenir à nos besoins: c'est aussi le moyen d'assurer le pouvoir d'une classe dirigeante, un châtiment divin, l'origine de la propriété, la condition de la création artistique«, etc.).
  • Un point de départ à discuter : il s'agira de se demander en quel sens le travail permet à l'homme de satisfaire ses besoins, et ce qui dans le travail ou les besoins humains rend possible une telle satisfaction.
  • Recherche du problème : on peut se demander ce que signifie pour le travail de satisfaire les besoins de l'homme. L'homme doit avoir des besoins pour avoir à les satisfaire. Quelles sont les conséquences de cette condition de l'homme comme être ayant des besoins? Le travail est ce qui, en délivrant l'homme de ses besoins, lui permet de devenir pleinement homme: il détache l'homme de la nature dont il vient, il le destine à vivre en communauté, avec ses semblables.

« HEGEL, La phénoménologie de l'esprit, tome 1, trad. J. Hyppolite, Aubier.MARX, Manuscrits de 1844, Éditions sociales. Analyse du sujet : Le sujet prend la forme d'une question fermée, à laquelle il s'agira de répondre par « oui » ou « non » enconclusion, au terme d'une argumentation documentée.Le travail peut être défini comme l'activité consistant à transformer la nature (au sens large) en vue de lasatisfaction de besoins . Il est donc avant tout un moyen dont la fin est de subvenir aux besoins. Le sujet nous invite à nous demander s'il n'est que ça : Il pourrait en effet être le moyen d'autres fins, comme le divertissement, par exemple.On pourrait également l'envisager non plus comme simple moyen mais comme une fin en soi . Dans ce cas, il faudrait se demander ce qui en fait une valeur . Il peut encore être un moyen qui ne subviendrait pas à tous nos besoins. Il convient alors d'identifier letype de besoins auxquels il répond, et de les distinguer ce ceux auxquels il ne répond pas.En radicalisant cette dernière perspective, on pourrait même aller jusqu'à nier qu'il fut un moyen. Maisalors à quoi sert-il ? Est-il même justifié ? La question de savoir pour qui il est un moyen recoupe ce que nous venons de dire : l'est-il pour celui qui travaille ou pour quelqu'un d'autre ? Ceci soulève la question de sa légitimité . Problématisation : Si le travail est un moyen de subvenir à nos besoins, et que par ailleurs, nous reconnaissons que nous avons desbesoins et ne pouvons pas y échapper, n'est-il pas alors plutôt une nécessité ? Prétendre qu'il est un moyen laisseen effet entendre qu'il serait un moyen parmi d'autres. Or l'expérience quotidienne tend à montrer le contraire. Maisdira t-on du travail qu'il est encore un moyen s'il est le seul moyen ? Ce qui s'impose à nous n'est plus un moyenmais devient au contraire une nécessité. I – Le travail est-il un moyen ou une nécessité ? S'il n'est que simple nécessité, alors nous aurons répondu à la question de notre sujet. En revanche, s'il est moyenet non nécessité, c'est qu'il est moyen d'autre chose que de nos besoins. D'où cette seconde question : II – De quoi est-il le moyen (s'il l'est) ? Proposition de plan : I – Le travail est-il un moyen ou une nécessité ? Référence : Rousseau, second discours « Je ne vois dans tout animal qu'une machine ingénieuse, à qui la nature adonné des sens pour se remonter elle-même, et pour se garantir, jusqu'à uncertain point, de tout ce qui tend à la détruire, ou à la déranger. J'aperçoisprécisément les mêmes choses dans la machine humaine, avec cettedifférence que la Nature seule fait tout dans les opérations de la bête, au lieuque l'homme concourt aux siennes, en qualité d'agent libre. L'une choisit ou rejette par instinct, et l'autre par un acte de liberté ; ce quifait que la bête ne peut s'écarter de la règle qui lui est prescrite, même quandil lui serait avantageux de le faire, et que l'homme s'en écarte souvent à sonpréjudice. C'est ainsi qu'un pigeon mourrait de faim près d'un bassin rempli desmeilleures viandes, et un chat sur un tas de fruits, ou de grain quoique l'un etl'autre put très bien se nourrir de l'aliment qu'il dédaigne, s'il s'était avisé d'enessayer ; c'est ainsi que les hommes dissolus se livrent à des excès, qui leurcausent la fièvre et la mort ; parce que l'Esprit déprave les sens, et que lavolonté parle encore quand la Nature se tait. [...] La nature commande à tout animal, et la bête obéit. L'homme éprouve lamême impression, mais il se reconnaît libre d'acquiescer, ou de résister; etc'est surtout dans la conscience de cette liberté que se montre la spiritualitéde son âme. » L'homme et l'animal diffèrent en ce que le premier est libre et le second agît par instinct, c'est-à-dire, estcommandé par sa propre nature. En conséquence, pour notre problème, le travail apparaît chez l'homme comme un projet volontaire : l'individu choisitlibrement de s'accomplir lui-même par le travail. Au contraire, chez l'animal, ce que nous appelons à tort travail n'estqu'une activité instinctive visant à sa propre conservation. Le travail n'est donc pas uniquement voué à satisfaire nos besoins, mais il est également la preuve répétée de notre »

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