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Le travail n'est-il pour l'homme qu'un moyen de subvenir à ses besoins ?

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travail

On voit donc comment l'esclavage antique, surtout en Grèce, est 

une pratique sociale dont le sens théorique pourrait être : là où le travail 

humain ne vise qu'à subvenir aux besoins des hommes, il est lui-même 

une nécessité, et l'homme qui accomplit un tel travail ne peut pas être 

libre. On peut même aller plus loin : là où le travail ne vise qu'à subvenir 

aux besoins, il n'est pas humain ; il n'est pas digne de l'homme. Les 

théories grecques de l'esclavage pourraient le confirmer, comme celle que 

l'on trouve chez Aristote, dans La Politique : l'esclave n'est pas un homme à part entière : il n'en a que l'aspect, et encore, souvent son corps robuste, 

prédisposé à la peine et aux corvées les plus rudes, le désigne-t-il comme 

esclave. On ne reconnaît pas en lui une personne, mais un instrument 

vivant qui, lui-même, peut manier des outils, une sorte d'instrument au 

second degré.

« certains pris onniers. On faisait accomplir les tâches les plus rudes à cette main -d’œuvre gratuite dont le travail contraint n'était pas sans rappeler celui de l'esclave. Même le travailleur libre d'aujourd'hui, qui travaille de son propre consentement, ne voit souvent en son travail qu'une contrainte à laquelle il se plie pour pouvoir vivre, et d'abord subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Cela est d'autant plus vrai quand son travail est pénible, répétitif et sans attrait. On ne voit pas ce qui pourrait moti ver une caissière de grande surface ou une secrétaire «dactylo » à sacrifier huit heures de sa vie par jour, sinon la nécessité où elles sont de percevoir un salaire qui leur permettra de payer logement, nourriture et achats divers. L'institution ancienne de l'esclavage était une pratique qui correspondait à cette conception négative du travail. Ainsi que l'écrit Hannah Arendt (1906 -1975), dans Condition de l'homme moderne : « Dire que le travail et l'artisanat étaient méprisés dans l'Antiquité parce qu'ils étaient réservés aux esclaves. C’est un préjugé des historiens modernes. Les Anciens faisaient le raisonnement inverse : ils jugeaient qu'il fallait avoir des esclaves à cause de la nature servile de toutes les occupations qui pourvoyaient aux besoins de la vie. » Selon cette analyse, ce serait donc la nature servile du travail destiné à la satisfaction des besoins vitaux qui justifierait qu'on l'eût réservé à une catégorie sociale elle -même servile, pour laquelle le travail se présentait comme une pure co ntrainte. De la nécessité vitale de satisfaire ses besoins par le travail, aux travaux forcés de l'esclave, il y aurait une sorte de cohérence. Arendt ajoute, toujours à propos des Anciens : « Travailler, c'était l'asservissement à la nécessité, et cet ass ervissement était inhérent aux conditions de la vie humaine. Les hommes étant soumis aux nécessités de la vie ne pouvaient se libérer qu'en dominant ceux qu'ils soumettaient de force à la nécessité... L'institution de l'esclavage dans l'Antiquité , au début du moins, ne fut ni un moyen de se procurer de la main -d’œuvre à bon marché ni un instrument d'exploitation en vue de faire des bénéfices ; ce fut plutôt une tentative pour éliminer des conditions de la vie le travail. » On voit donc comment l'esclavage a ntique, surtout en Grèce, est une pratique sociale dont le sens théorique pourrait être : là où le travail humain ne vise qu'à subvenir aux besoins des hommes, il est lui -même une nécessité, et l'homme qui accomplit un tel travail ne peut pas être libre. O n peut même aller plus loin : là où le travail ne vise qu'à subvenir aux besoins, il n'est pas humain ; il n'est pas digne de l'homme. Les théories grecques de l'esclavage pourraient le confirmer, comme celle que l'on trouve chez Aristote, dans La Politiqu e : l'esclave n'est pas un homme »

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