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NIETZSCHE: L'activité du génie

Publié le 27/02/2008

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nietzsche
L'activité du génie ne paraît pas le moins du monde quelque chose de foncièrement différent de l'activité de l'inventeur en mécanique, du savant astronome ou historien, du maître en tactique. Toutes ces activités s'expliquent si l'on se représente des hommes dont la pensée est active dans une direction unique, qui utilisent tout comme matière première, qui ne cessent d'observer diligemment leur vie intérieure et celle d'autrui, qui ne se lassent pas de combiner leurs moyens. Le génie ne fait rien que d'apprendre d'abord à poser des pierres [...]. D'où vient donc cette croyance qu'il n'y a de génie que chez l'artiste, l'orateur ou le philosophe ? qu'eux seuls ont une « intuition » ? (mot par lequel on leur attribue une sorte de lorgnette merveilleuse avec laquelle ils voient directement dans l'« être » !). Les hommes ne parlent intentionnellement de génie que là où les effets de la grande intelligence leur sont le plus agréables et où ils ne veulent pas d'autre part éprouver d'envie. Nommer quelqu'un « divin » c'est dire : « ici nous n'avons pas à rivaliser ». En outre : tout ce qui est fini, parfait, excite l'étonnement, tout ce qui est en train de se faire est dépréciée Or personne ne veut voir dans l'oeuvre de l'artiste comment elle s'est faite ; c'est son avantage, car partout où l'on peut assister à la formation, on est un peu refroidi. L'art achevé de l'expression écarte toute idée de devenir ; il s'impose tyranniquement comme une perfection actuelle. Voilà pourquoi ce sont surtout les artistes de l'expression qui passent pour géniaux, et non les hommes de science. En réalité cette appréciation et cette dépréciation ne sont qu'un enfantillage de la raison.NIETZSCHE

A. Première partie : « L'activité de génie [...] miracle. «  Le génie, proche de l'activité artisanale, représente un long travail.  B. Deuxième partie : « D'où vient donc [...] rivaliser. « C'est pour éviter l'envie que l'on emploie le terme de génie.  C. Troisième partie : « En outre [...] refroidi. «  

nietzsche

« On postule généralement qu'il existe une opposition radicale entre le génie (naturel, inspiré, etc.) et les autresactions de l'homme.

D'un côté, le don, l'inspiration et le mystère impénétrable et de l'autre, le labeur.La question est de savoir si l'activité du génie est favorisée par la nature ou les dieux ou bien si l'active intelligencerend compte de l'oeuvre d'art.

Inspiration divine, nature ou labeur ? D'où le problème : suffit-il d'être doué pour êtreartiste ? A) Opposition tranchée entre l'activité du génie et les autres activités (thèse) C'est ce que juge Platon : mais en quoi consiste la création de cette oeuvre d'art que nous définissons commeessence spirituelle des choses ? Ici surgit le fameux problème de l'inspiration artistique.

Créer, n'est-ce pas d'abordêtre inspiré par les dieux ou les Muses ?Pour Platon, le poète crée grâce à un don divin, un délire, un enthousiasme.L'artiste détient un mystérieux privilège : la suggestion divine le pousse à composer ou peindre, lui qui ne connaîtrien à tout ce qu'il fait.

Ce n'est point de sang-froid que l'artiste travaille, il est, au contraire, relié à la chaîne desMuses.

« C'est chose légère que le poète, ailée, sacrée ; il n'est pas en état de créer avant d'être inspiré par undieu, hors de lui, et de n'avoir plus sa raison; tant qu'il garde cette faculté, tout être humain est incapable de faireoeuvre poétique.

» (Platon, Ion, Belles Lettres). B) Le génie est labeur et il n'y a pas d'opposition (antithèse) Et si le poète ou l'écrivain dissimulaient leurs laborieux efforts, leur travail mille fois répété, leurs manuscrits raturés? Et si le génie était un dur labeur ? Telle est bien la thèse de Nietzsche.

La croyance au « miracle » poétique prendnaissance dans le goût de l'homme pour ce qui est fini et parfait. C) Unité des deux conceptions (synthèse) Il n'y a pas de miracle propre au génie et donc pas de dualité tranchée.

Toutefois, le don naturel (musical, etc.)joue un rôle.

La facilité d'expression de l'écrivain n'est pas un mythe.

Mais sans un labeur acharné, le don resteraitpure puissance non actualisée.

Donc il y a un mystère de l'activité artistique, qui n'est pas un simple effet dutravail.

Tout chef-d'œuvre est le fruit d'une activité inspirée soutenue par un effort constant. Conclusion Suffit-il d'être doué pour être artiste ? Certes pas.

L'oeuvre parfaite est un acte sans cesse réitéré. NIETZSCHE (Friedrich-Wilhelm). Né à Rocken en 1844, mort à Weimar en 1900. Il fit ses études à l'école de Pforta, puis, renonçant à la carrière ecclésiastique, il les termina aux Universités deBonn et de Leipzig.

La lecture de Schopenhauer et la rencontre avec Wagner sont les événements capitaux decette période.

En 1868, Nietzsche est nommé professeur de philologie grecque à l'Université de Bâle ; il conserva ceposte jusqu'en 1878, date à laquelle il fut mis en congé définitif pour raisons de santé.

Commence alors la série desvoyages de Nietzsche en Italie : Gênes, l'Engadine, Rapollo, Nice, la Sicile, Rome, Venise, lisant Empédocle, jouantChopin et Rossini.

Il découvrit Stendhal et Bizet.

Il passe les mois d'été à Sils-Maria, dans une petite chambre, faceà la montagne.

C'est à Turin, en janvier 1889, qu'il fut terrassé dans la rue par une crise de démence, probablementd'origine syphilitique, et qui se termina par la paralysie générale.

Ramené à Bâle, Nietzsche dut être interné quelquetemps dans une maison de santé ; puis, sa soeur l'accueillit auprès d'elle, à Weimar, où il mourut le 25 août 1900.

Laphilosophie de Nietzsche se caractérise par un amour passionné de la vie.

Ses premiers écrits concernent l'Art ;reprenant la terminologie de Schopenhauer, volonté et représentation, 'Nietzsche distingue l'art dionysien (musique): c'est l'exaltation tragique de la vie, l'état où l'homme a tendance à se confondre dans le monde ; et l'art apollinien(arts plastiques) : le principe apollinien est le principe contemplatif.

Le rêve apollinien s'oppose à l'ivressedionysiaque.

C'est dans le drame wagnérien que Nietzsche voit la réconciliation de ces deux principes.

Nietzsche faitla critique de la Connaissance et de l'Histoire.

Si la durée du monde n'a pas de terme, la nature cosmique ethumaine, cependant, ne varie pas, et les combinaisons qui constituent le monde sont limitées.

La vie que nousvivons, nous devons la revivre plusieurs fois.

La doctrine nietzschéenne de l'éternité est un éternel retour del'identique, qui surmonte la temporalité du temps.

Midi est l'instant éternel où le temps, arrêté, devient éternité.Nietzsche a toujours eu la nostalgie du soleil, de la Méditerranée, de la Grèce.

Après sa brouille avec Wagner, c'estBizet qui lui semble le plus grand musicien.

Les pages cruelles qu'il a écrites contre les Allemands, les pagesenthousiastes sur la civilisation juive, peuvent expliquer que Nietzsche n'ait pas exercé une grande influence, ni. »

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