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N'y a-t-il que le présent qui soit digne d'estime ?

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     Le présent est déjà mort à l’instant où on le dit. S’il persiste pour la conscience, c’est parce qu’il est toujours gros d’un passé et d’un futur, d’une mémoire (individuelle et collective) et de projets. L’estime ne revient au présent qu’en en tant qu’il est pensé par une conscience lucide des modalités existentielles qui la déterminent. Et c’est sur ce point que se terminera ce sujet, quand l’authenticité (qui peut rejoindre d’ailleurs des conceptions spirituelles orientales, indiennes) est le critère d’une présence à soi digne et sensée. 

« temps est à la fois continu et hétérogène. Bergson a insisté sur la continuité, évidente « quand notre moi se laisse vivre ». Il réserve le nom de durée à cette continuité. A la différence du tempsordinaire, physique, qui n'est qu'une représentation symbolique tirée de l'étendue(cf. Bergson, Matière et mémoire ). c. L'homme est ainsi voué au temps. Son identification n'est possible qu'au regard d'une temporalité intégrative, c'est-à-dire qui prend en compte les modespassé, présent et avenir. Sans « la présence du passé », l'homme ne sauraits'orienter dans le présent. Aussi, la mémoire (consciente ou inconsciente)permet ce retour en soi d'événements passés. Le passé, dans la penséepsychanalytique, est toujours là à demeurer dans l'ombre du présent. Enfin, laconscience historique, capable de récit, permet quant à elle de restaurer à laconscience collective l'intelligibilité de l'histoire passé. III. L'existence et le temps a. Montaigne montre dans ses Essais que vouloir saisir l'être, c'est comme vouloir empoigner de l'eau. La raison n'est pas un honorable refuge, d'où unedéconstruction de l'homme et de ses prétendues facultés, c'est ce qu'appelleMontaigne « la vanité et dénéantise de l'homme ». Il y a une vacuité ontologiquede l'homme, alors que ce dernier croit le plus souvent fermement à sa raison, ouà son être. Avec Montaigne on peut douter sur tout, sauf sur la vanité del'homme. Ainsi le stoïcien est vaniteux puisqu'il pense être maître de lui-même. Le doute exclut qu'on ne fasse jamaissienne une certaine présentation du moi, et c'est toute la présentation des Essais : « Je ne peins pas l'être, je peins le passage » (III, 2). Ainsi il n'y a pas avec Montaigne de résultat, que ce soit l'ataraxie sceptique, ou une certitudeinébranlable ; de fait, pour cet humaniste, la vie humaine n'a pas de but, mais seulement « un bout » ( Essai , III, 12). Ainsi le titre de cette œuvre montre bien que l'homme est un essai permanent, qu'il a toujours en lui del'inconnaissable, et qu'il se révèle à chaque fois différent. b. Le Dasein (l'homme) est le plus souvent sur le mode de l'absence à soi. Heidegger identifie cet oubli de soi à une déchéance . Cette déchéance est donc le fait d'une fuite du Dasein devant sa temporalité finie, ou sa mortalité. Ouvert à ce qu'il est, le Dasein setrouve exposé au caractère inéluctable de sa propre mort. Cette déchéanceentrave forcément la quête de l'être, l'ouverture du Dasein à son originarité.La fuite face à la question qu'est tout Dasein pour soi-même confirme ainsi laprimauté de la question de l'être. De fait, il y va en chaque être humain, entout Dasein, de son être même, c'est-à-dire de son être possible, qui est enattente de décision (et l'absence de décision en est déjà une, à savoir une décision en faveur de l'inauthenticité). Heidegger part donc du Dasein commed'un être qui est hanté par le souci de son être. Et c'est la mort qui délimiteessentiellement l'être. L'ouverture à soi du Dasein est donc une ouverture àsa propre mortalité. C'est même la « certitude » la plus intime du Dasein.L'homme est là, certes, mais pour un temps seulement (idée qui résume letitre Être et temps ). Le Dasein est donc bien un être vers la mort, modalité qui lui insuffle une angoisse mortelle, mais dont la prise en charge peut ouvrirle Dasein à son être-possible ou à des possibilités d'être qu'il étouffe tant qu'ils'en tient à des déterminations inauthentiques. Toute la compréhension del'être du Dasein tient au souci. Heidegger en débusquera l'indice le pluséloquent dans la tendance du Dasein à comprendre l'être de manière « a-temporelle », c'est-à-dire comme présence permanente. Ainsi, pour le Dasein(par lequel passe toute compréhension d'être), l'être véritable est celui quiperdure, qui se maintient dans la présence (cf. Parménide, les Idées de Platon, l'être substantiel d'Aristote, le Dieu médiéval, et le sujet érigé en fondement absolu par les modernes).Heidegger se demande alors sur quoi repose cet insigne privilège de la permanence, sinon sur un refoulement de latemporalité du Dasein ? C'est ainsi que la compréhension de l'être à partir du temps trouve sa source dans le Daseinlui-même. Et c'est la relation du Dasein à lui-même (à sa temporalité) qui dictera la compréhension de l'être engénéral et la question du sens de l'être. Heidegger veut montrer que l'intelligence de l'être à partir de la présencepermanente repose sur un rapport inauthentique du Dasein à sa temporalité et à son être, c'est-à-dire sur unedéchéance et un refoulement dans sa temporalité la plus intime. Etre et temps s'occupera donc d'entreprendre une Analytique ontologique du Dasein à partir de sa temporalité, qui devait être suivie d'une Destruction de l'histoire del'ontologie. Le § 5 présente l'intention d'interpréter le Dasein selon la temporalité, savoir montrer en quoi toutes lesstructures du Dasein peuvent être comprises comme des modes de sa temporalité. La thèse de Etre et temps estque la compréhension de l'être s'effectue toujours dans l'horizon du temps : « il faut montrer que ce à partir de quoile Dasein en général comprend et explicite silencieusement quelque chose comme l'être est le temps » (§ 5).Heidegger esquissera deux temps : le temps originaire et le temps vulgaire (conception courante, comme d'une sériecontinue de maintenants qui se répètent et se perpétuent à l'infini). L'assise philosophique de cette conception dutemps « vulgaire » se trouverait, selon Heidegger, dans la Physique d'Aristote. Ainsi la conception aristotélicienne dutemps comme « mesure » du mouvement ponctué d'instants présents aurait dominé toute l'histoire de l'ontologie. Laconception par contre « originaire » du temps que Heidegger veut opposer à la temporalité vulgaire reste une »

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