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N'y a-t-il que le présent qui soit digne d'estime ?

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I. L'irréversibilité du temps II. L'homme dans le temps III. L'existence et le temps

Le présent est déjà mort à l’instant où on le dit. S’il persiste pour la conscience, c’est parce qu’il est toujours gros d’un passé et d’un futur, d’une mémoire (individuelle et collective) et de projets. L’estime ne revient au présent qu’en en tant qu’il est pensé par une conscience lucide des modalités existentielles qui la déterminent. Et c’est sur ce point que se terminera ce sujet, quand l’authenticité (qui peut rejoindre d’ailleurs des conceptions spirituelles orientales, indiennes) est le critère d’une présence à soi digne et sensée. 

« permanent, qu'il a toujours en lui de l'inconnaissable, et qu'il se révèle à chaque fois différent. b. Le Dasein (l'homme) est le plus souvent sur le mode de l'absence à soi. Heidegger identifie cet oubli de soi à une déchéance . Cette déchéance est donc le fait d'une fuite du Dasein devant sa temporalité finie, ou sa mortalité. Ouvert à ce qu'il est, le Dasein setrouve exposé au caractère inéluctable de sa propre mort. Cette déchéanceentrave forcément la quête de l'être, l'ouverture du Dasein à son originarité.La fuite face à la question qu'est tout Dasein pour soi-même confirme ainsi laprimauté de la question de l'être. De fait, il y va en chaque être humain, entout Dasein, de son être même, c'est-à-dire de son être possible, qui est enattente de décision (et l'absence de décision en est déjà une, à savoir une décision en faveur de l'inauthenticité). Heidegger part donc du Dasein commed'un être qui est hanté par le souci de son être. Et c'est la mort qui délimiteessentiellement l'être. L'ouverture à soi du Dasein est donc une ouverture àsa propre mortalité. C'est même la « certitude » la plus intime du Dasein.L'homme est là, certes, mais pour un temps seulement (idée qui résume letitre Être et temps ). Le Dasein est donc bien un être vers la mort, modalité qui lui insuffle une angoisse mortelle, mais dont la prise en charge peut ouvrirle Dasein à son être-possible ou à des possibilités d'être qu'il étouffe tant qu'ils'en tient à des déterminations inauthentiques. Toute la compréhension del'être du Dasein tient au souci. Heidegger en débusquera l'indice le pluséloquent dans la tendance du Dasein à comprendre l'être de manière « a-temporelle », c'est-à-dire comme présence permanente. Ainsi, pour le Dasein(par lequel passe toute compréhension d'être), l'être véritable est celui quiperdure, qui se maintient dans la présence (cf. Parménide, les Idées de Platon, l'être substantiel d'Aristote, le Dieu médiéval, et le sujet érigé en fondement absolu par les modernes).Heidegger se demande alors sur quoi repose cet insigne privilège de la permanence, sinon sur un refoulement de latemporalité du Dasein ? C'est ainsi que la compréhension de l'être à partir du temps trouve sa source dans le Daseinlui-même. Et c'est la relation du Dasein à lui-même (à sa temporalité) qui dictera la compréhension de l'être engénéral et la question du sens de l'être. Heidegger veut montrer que l'intelligence de l'être à partir de la présencepermanente repose sur un rapport inauthentique du Dasein à sa temporalité et à son être, c'est-à-dire sur unedéchéance et un refoulement dans sa temporalité la plus intime. Etre et temps s'occupera donc d'entreprendre une Analytique ontologique du Dasein à partir de sa temporalité, qui devait être suivie d'une Destruction de l'histoire del'ontologie. Le § 5 présente l'intention d'interpréter le Dasein selon la temporalité, savoir montrer en quoi toutes lesstructures du Dasein peuvent être comprises comme des modes de sa temporalité. La thèse de Etre et temps estque la compréhension de l'être s'effectue toujours dans l'horizon du temps : « il faut montrer que ce à partir de quoile Dasein en général comprend et explicite silencieusement quelque chose comme l'être est le temps » (§ 5).Heidegger esquissera deux temps : le temps originaire et le temps vulgaire (conception courante, comme d'une sériecontinue de maintenants qui se répètent et se perpétuent à l'infini). L'assise philosophique de cette conception dutemps « vulgaire » se trouverait, selon Heidegger, dans la Physique d'Aristote. Ainsi la conception aristotélicienne dutemps comme « mesure » du mouvement ponctué d'instants présents aurait dominé toute l'histoire de l'ontologie. Laconception par contre « originaire » du temps que Heidegger veut opposer à la temporalité vulgaire reste unetemporalité certes vague, mais qui prendrait plus au sérieux la finitude du Dasein. Le temps ne serait plus àcomprendre comme une succession infinie du présent, mais à partir du futur mortel du Dasein. On comprend alorspourquoi le temps vulgaire est dit dérivé : c'est pour échapper à sa finitude que le Dasein se rabat sur un tempsobjectivé qui se perpétue sans cesse, c'est-à-dire, finalement, sur un temps qui n'en est pas un. Le temps vulgaireveut en effet comptabiliser le temps et en disposer. Or le temps est très justement ce avec quoi on ne peut jamaiscompter, ce dont on ne dispose jamais. »

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