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Peut-il exister une pensée inconsciente ?

Publié le 05/03/2004

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Etre moral, c'est comprendre que je suis l'auteur de mes actes, mais une vision sommaire de l'inconscient façonne les mentalités modernes, tend à nous faire idolâtrer notre passé, notre enfance, nos forces instinctuelles, notre libido. Ce contre quoi Alain réhabilité la maîtrise de soi, la volonté libre et réfléchie. En soulignant que l'homme est l'auteur de ses actes et de ses choix, l'auteur des « Propos sur le bonheur « nous invite à une reconquête de nous-mêmes et de nos choix. Sartre dans « L'Être et le Néant « a prolongé remarquablement ces analyses en dénonçant l'abdication de nos responsabilités sous le concept de « mauvaise foi « qui ne peut se comprendre qu'à partir des postulats de la translucidité de la conscience, de son autonomie et de sa liberté. Ce mode d'être inauthentique qualifie l'attitude du « salaud « qui se donne bonne conscience à bon prix, le fait de la conscience qui se masque à elle-même sa propre vérité. Néanmoins, pour intéressante qu'elle soit, la thèse d'Alain présente certaines difficultés. Le mérite de Freud était d'apporter du sens à toutes nos représentations: le rêve, les actes manqués, la libre association devenaient intelligibles, cohérents dans et par la biographie de l'individu. Selon les vues d'Alain, à l'inverse, parole, geste et acte qui échappent à ma conscience, ne possèdent pas de signifiance et ne relèvent que de mécanismes naturels, de processus physiologie. Alain dépouille une certaine partie de notre existence et de notre vécu du sens fondateur qui l'informe pour la rattacher à l' «en-soi« dépourvu de toute signification. Cette opacité, cette massivité semblent dérober un fondamental sens à l'exister et à la praxis humaines.

La pensée consciente est semblable à la partie visible d'un iceberg. Elle n'est que ce qui émerge des profondeurs de l'inconscient. Quelquefois "ça" pense en moi, sans "moi". 

MAIS...

La tradition philosophique ne nie pas l'existence d'un inconscient, elle affirme l'identité de la conscience et de la pensée, car toute pensée est toujours en meme temps, pensée d'elle-même. Parler de pensée inconsciente est une absurdité (Alain).

 

  • I) On peut parler de pensée inconsciente.

 

a) Certaines pensées sont étrangères à ma volonté. b) La pensée consciente n'est pas toute la pensée. c) Notre manière de penser s'inscrit dans une pensée déjà faite.

 

  • II) La conscience est essentielle à la pensée.

 

a) Nul ne peut penser sans avoir conscience de penser. b) Une pensée réelle, achevée et déterminée, doit être une pensée consciente. c) La pensée est étrangère à l'inconscient.

.../...

« « Mais ne devrions-nous pas aujourd'hui sentir enfin la nécessité deprocéder à un bouleversement radical des valeurs grâce à un nouveauretour sur nous-mêmes, à un approfondissement nouveau de l'homme?Ne sommes-nous pas arrivés au seuil d'une nouvelle période que l'onpourrait, négativement d'abord, qualifier d'extra-morale, puisque cheznous au mois, immoralistes, on commence à soupçonner que la valeurdécisive d'un acte réside justement dans ce qu'il a de non-intentionnel,et que tout ce qu'il a d'intentionnel, tout ce qui peut être vu pu su,tout ce qu'il a de conscient, fait encore partie de sa surface et de sonépiderme, lequel, comme tout épiderme, trahit quelque chose, maisdissimule plus encore.

Bref, nous voyons que l'intention n'est qu'unsigne et un symptôme qui a besoin d'être interprété, un signe qui estchargé de trop de significations pour en avoir une à lui seul.

Nouscroyons que la morale, telle qu'on l'a jusqu'à présent conçue, la moraledes intentions, a été un préjugé, un jugement hâtif et provisoire àmettre peut-être au rang de l'astrologie et de l'alchimie, une chose entout cas qui devra être dépassée.

» Nietzsche. Ce texte est extrait de « Par-delà le bien & le mal », Deuxième partie, $32. Introduction. La « morale de l'intention » est dépassée. 1) Il faut opérer un bouleversement des valeurs pour faire de l'homme le fondement de la morale.2) Le temps est arrivé de comprendre que la valeur d'un acte réside dans le « non-intentionnel ».3) Aussi la morale des intentions doit être dépassée. 1) Sous une forme interro-négative, Nietzsche pose la question en terme d'urgence : « ne devrions-nous pasaujourd'hui », et de rupture : « un bouleversement radical des valeurs »Le domaine d'investigation est celui de la morale (« les valeurs »).

Est radical ce qui va à la racine deschoses.

Et Nietzsche d'affirmer que la racine des valeurs c'est l'homme.

Autrement dit pour assurer unrenouveau de la morale, il faut lui trouver une nouvelle base, différente de celle qu'on avait l'habituded'indiquer (Dieu, la religion, la culture, etc.) C'est l'homme lui-même qui doit être à la base, à la racine de lamorale.Cette croyance, qui fait de l'homme le fondateur des valeurs, a été perdue.

D'où l'idée d'un « retour » etmême d'un « nouveau retour », qui marque que ce retour s'est déjà produit autrefois.

Mais d'un retour qui nesaurait être une simple reprise.

D'un retour dont il faut profiter pour mieux connaître l'homme, aller plus aufond, dans la perspective d'un « approfondissement ». 2) Mais pourquoi aujourd'hui ? C'est l'effet d'une mise en question de la morale traditionnelle par des hommesporteurs de la rupture, race nouvelle des « immoralistes », parmi lesquels Nietzsche se range (« chez nous »).Cet aujourd'hui sert de borne, de point de passage, entre l'ancien & le nouveau.

Partout dans le texte,Nietzsche parle du nouveau et le valorise : le nouveau retour, un approfondissement nouveau, une nouvellepériode. Aux temps anciens correspond l'ancienne morale.

Aux temps futurs correspondra sans doute une nouvellemorale quil convient d'annoncer.

A l'aujourd'hui, sorte de seuil, correspond ce que Nietzsche appelle une «extra-morale », qui prépare la morale de demain.L'immoraliste se situe dans ce moment (et dans ce lieu) de passage entre l'ancien et le futur.

L'immoralisten'est pas contre toute morale (puisqu'il prépare la morale du futur), il est contre la morale du passé.

C'estpour la nier qu'il se situe en dehors d'elle : d'où l'expression d' « extra-morale ».

Mais le temps qui s'ouvre nepeut encore s'écrire au positif.

Avant d'affirmer, il faut dire non (aux valeurs anciennes), parler «négativement ».

Faire passer les notions les mieux établies au crible de la critique –et donc introduire ledoute.

Alors seulement, il est possible de pressentir le vrai, ce qui prend chez Nietzsche la forme del'expression habituelle du soupçon.L'immoraliste, parce qu'il est à l'extérieur, n'est pas à la pression des préjugés, liés à l'ancienne morale.Il a la capacité de formuler des jugements nouveaux, d'approcher, grâce au soupçon, du vrai.

Qu'en est-il,dans ces conditions, d'un acte ?Deux approches sont possibles.

D'abord celle qui, comme on le ferait à l ‘égard d'un être vivant, reste ensurface et se fie à l'apparence.

Dans cette démarche, de l'acte on sait ce qu'on en voit.

On sait, eninterrogeant le sujet, ce qu'il en déclare, cad ses intentions.

Le sujet dira pourquoi il a fait ceci ou cela.L'autre approche est celle qui s'efforce d'aller au-delà de la surface des choses (ou des gens), et du mêmecoup s'efforce d'atteindre la réalité.

Dans cette démarche, on ne s'intéresse pas à ce que l'on saitspontanément, à ce qu'on voit.

ON cherche à aller au-delà des déclarations, vers ce qui est non-intentionnel.. »

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