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Peut-on dire d'une civilisation qu'elle est supérieure à une autre ?

Publié le 09/06/2013

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Introduction

On a longtemps pensé et on pense encore la différence des  civilisations dans les termes de l'inégalité ; certaines seraient supérieures  à d'autres. Cette idée est implicite dans bien des comportements et se  devine dans nombre de propos : la langue de l'étranger nous semble  moins harmonieuse que la nôtre, ses mœurs plus rustres, ses techniques  dépassées (« Là-bas. C’est le Moyen Age ! «); On est tout prêt enfin à voir  de la superstition dans sa croyance.

Plan :

I. L'attitude ethnocentrique.

II. Les civilisations sont relatives les unes aux autres.

« mais c'est le jugement même que nous portons sur les civilisations différentes de la nôtre qui nous les fait voir inférieures, ou en retard.

L'étab lissement d'une hiérarchie se fait à l'aide d'une définition de la culture qui est elle -même un produit de la culture.

Il n'y a donc d'infériorité qu'aux yeux d'une civilisation qui mesure toutes les autres par rapport à elle et qui les juge en fonction de ses propres critères : ce peut être les valeurs spirituelles et religieuses, les modes de vie, mais aussi la puissance technique et industrielle, le bien -être, l'abondance de biens et le confort matériel. Ces dernières valeurs, propres aux sociétés occide ntales, sont aujourd'hui dominantes ; elles se trouvent érigées parfois inconsciemment en valeurs universelles, comme les normes d'un standard de vie de toutes les nations du monde qui se veulent modernes.

On peut prendre pour exemple d'un tel phénomène l' « américanisation » des modes de vie dans certains pays européens ou asiatiques.

Une telle standardisation des sociétés au niveau mondial a bien sûr pour effet une uniformisation où risque de se perdre la riche variété des civilisations.

Elle entraîne en e ffet de nombreux phénomènes de déculturation : c'est ainsi que, sur le continent américain, les cultures indiennes ont été anéanties ou sont en voie d'extinction. Les différences sont donc souvent évaluées du point de vue d'une civilisation, qui s'érige en modèle de référence pour toutes les autres.

C'est en grande partie cette idée qui a servi à légitimer la vaste entreprise de colonisation du monde entier à laquelle se sont livrées les puissances européennes à partir du XVIe siècle.

Dès lors qu'une civili sation se pense elle -même comme la pointe du développement historique, il devient difficile de penser les civilisations au pluriel.

On parlera alors, comme les anthropologues du XIXe siècle, de La Civilisation, que l'on opposera à la sauvagerie ou à la bar barie des autres cultures.

C'est ainsi que l'homme blanc prétendait apporter La Civilisation aux indigènes, saccageant, sans même toujours le soupçonner, celles qu'il trouvait sur place, en Amérique ou en Afrique. Cela dit, le jugement de valeur porté sur les autres civilisations ne se borne pas au verdict de sous -développement technique; il n'est pas non plus la simple expression de la domination du monde, politique et économique, par les sociétés occidentales, même si c'est là un fait majeur de l'histoire contemporaine.

Il est au contraire propre à toute civilisation, et attaché au processus par lequel un individu assimile les données et les comportements de sa propre culture, s'intègre socialement (ce qu'on appelle encore l'enculturation). Le jugement de valeur qui porte chacun à se persuader de la supériorité de sa propre civilisation est typique de l'attitude que l'on désigne sous le nom d'ethnocentrisme.

C'est la tendance à privilégier le groupe social auquel on appartient, «la position de ceux qui esti ment leur. »

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